Le DG de JPMorgan prévient que la guerre en Iran pourrait entraîner une hausse de l’inflation et des taux
par Saeed Azhar
NEW YORK, 6 avril (Reuters) – Jamie Dimon, directeur général de JP Morgan Chase, a averti lundi que la guerre en Iran risquait de provoquer des chocs sur les prix du pétrole et des matières premières, susceptibles de maintenir une inflation persistante et de pousser les taux d’intérêt plus haut que prévu actuellement par les marchés.
Cet avertissement a été formulé dans une lettre annuelle adressée aux actionnaires, au lendemain d’une intensification de la pression exercée par le président américain Donald Trump sur l’Iran, le locataire de la Maison blanche menaçant de prendre pour cible ses centrales électriques et ses ponts mardi si Téhéran ne rouvrait pas le détroit d’Ormuz.
Jamie Dimon, à la tête de la plus importante banque américaine depuis deux décennies, a également déclaré que le secteur du crédit privé ne présentait « probablement » pas de risque systémique, malgré les récentes décisions des investisseurs de se retirer de ces fonds, craignant que les avancées en intelligence artificielle (IA) ne nuisent aux emprunteurs sous-jacents.
« Les défis auxquels nous sommes tous confrontés sont considérables », a ajouté Jamie Dimon, citant les risques géopolitiques tels que la guerre en Ukraine, l’intensification des hostilités au Moyen-Orient et les tensions avec la Chine.
« À présent, en raison de la guerre en Iran, nous sommes en outre confrontés à la possibilité de chocs importants et persistants sur les prix du pétrole et des matières premières, ainsi qu’à une restructuration des chaînes d’approvisionnement mondiales, ce qui pourrait entraîner une inflation plus tenace et, en fin de compte, des taux d’intérêt plus élevés que ce que les marchés anticipent actuellement », a-t-il déclaré.
Le temps dira si la guerre en Iran permettra d’atteindre les objectifs des États-Unis, selon Jamie Dimon, ajoutant que la prolifération nucléaire restait le plus grand danger émanant de l’Iran.
Les craintes d’inflation liées à la guerre ont conduit les marchés à écarter largement toute baisse des taux d’intérêt cette année, après que l’assouplissement monétaire a alimenté des records boursiers l’année dernière.
La semaine dernière, l’indice de référence S&P 500 a enregistré son pire trimestre depuis 2022, plombé depuis fin février par la guerre et la flambée des prix de l’énergie qui en a résulté.
Jamie Dimon a déclaré que l’économie américaine continuait de faire preuve de résilience, les consommateurs continuant de percevoir de l’argent et de dépenser, malgré un certain affaiblissement récent, et les entreprises restant en bonne santé.
Il a toutefois averti que l’économie avait été alimentée par d’importantes dépenses publiques déficitaires et par les mesures de relance passées, tandis que l’augmentation des dépenses d’infrastructure restait un besoin croissant.
Les mesures de relance budgétaire issues de la « grande et belle » loi (« Big, Beautiful Bill ») du président Donald Trump, les politiques de déréglementation et les dépenses d’investissement liées à l’IA constituent d’autres facteurs positifs pour l’économie, a déclaré Jamie Dimon.
LE CRÉDIT PRIVÉ NE CONSTITUE PAS FORCÉMENT UN RISQUE SYSTÉMIQUE
Jamie Dimon a déclaré que le marché du crédit privé, d’une valeur de 1.800 milliards de dollars (1.560 milliards d’euros), était relativement modeste. Mais une fois que le cycle du crédit s’affaiblira, a-t-il averti, les pertes sur tous les prêts à effet de levier seront plus importantes que prévu, car les normes de crédit se sont légèrement relâchées à tous les niveaux.
Le crédit privé n’est généralement pas caractérisé par une grande transparence ni par des « repères » de valorisation rigoureux, ce qui augmente le risque que les investisseurs vendent s’ils pensent que la situation va se détériorer, a-t-il ajouté.
Jamie Dimon a également profité de cette lettre pour critiquer vivement les règles de fonds propres révisées proposées le mois dernier par les régulateurs bancaires américains, dénonçant certains aspects comme étant toujours « absurdes ».
(Rédigé par Saeed Azhar; version française Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)
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