La BNS maintiendra ses taux inchangés plus longtemps que la BCE, selon les prévisions des économistes
par Indradip Ghosh
BANGALORE (Reuters) – La Banque nationale suisse (BNS) maintiendra son principal taux directeur à son niveau actuel au moins jusqu’au troisième trimestre 2024, une durée plus longue que celle estimée pour la Banque centrale européenne (BCE), malgré l’atténuation des pressions inflationnistes, selon les prévisions d’une majorité d’économistes interrogés par Reuters.
Même si l’inflation en Suisse est restée en novembre dans la cible de 0-2% de la BNS pour le sixième mois consécutif, le président de la banque centrale helvétique, Thomas Jordan, a récemment déclaré que l’institution n’hésiterait pas à resserrer davantage sa politique monétaire si cela s’avérait nécessaire.
Les marchés font cependant fi de ces déclarations et tablent sur une première baisse des taux de la BNS dès le mois de mars, soit la même date que ce qu’ils prévoient pour la BCE.
A la différence des marchés, la plupart des économistes interrogés par Reuters du 5 au 11 décembre estiment que les taux d’intérêt en Suisse resteront durablement plus élevés qu’en zone euro.
Ils sont près de 70%, soit 21 sur 31, à indiquer que la BNS maintiendra inchangé, à 1,75%, son principal taux directeur au moins jusqu’au troisième trimestre de l’an prochain après la pause attendue par l’intégralité d’entre eux jeudi prochain lors de la réunion de la banque centrale.
Une importante minorité d’économistes (45%), soit 13 sur 29, prédisent que la première baisse de taux de la BNS interviendra en décembre 2024, voire plus tard.
Dans une enquête Reuters distincte réalisée la semaine dernière, à titre de comparaison, environ 57% des économistes sondés prévoient que la BCE procéderait à au moins une baisse de taux d’ici fin juin.
« La BNS va probablement effectuer une pause plus longue que la BCE », a prédit Evelyn Herrmann, économiste pour l’Europe chez Bank of America. « L’économie réelle (suisse) étant plus robuste que celle de la zone euro (…) Nous doutons que la BNS soit désireuse de se précipiter dans des baisses (de taux) dès à présent ».
L’inflation en Suisse a reflué à 1,4% et se situe actuellement à l’un des niveaux les plus bas au sein des principaux pays développés. Elle devrait s’établir en moyenne à 1,5% et 1,3%, respectivement en 2024 et 2025, contre 2,2% attendue cette année.
UN FRANC SUISSE FORT
Si la médiane des réponses des économistes sondés est confirmée, la BNS maintiendra non seulement ses taux à leur niveau actuel plus longtemps que la BCE, mais commencera également à les réduire après la Réserve fédérale américaine (Fed), dont le cycle de baisse n’est pas prévu avant juillet 2024, selon une majorité d’économistes interrogés dans une enquête Reuters distincte.
En outre, la baisse attendue des taux de 50 points de base par la BNS pour l’an prochain est moindre que celle prévue pour la Fed et de la BCE.
Des taux plus élevés pendant une plus longue durée pourraient soutenir la politique de la BNS en faveur d’une monnaie forte, en particulier par rapport à l’euro, l’Union européenne étant son principal partenaire commercial.
Le franc suisse a gagné près de 5% face à l’euro depuis le début de l’année et a atteint le 7 décembre son niveau le plus élevé, à 0,9401 pour un euro, depuis que la BNS a mis fin à sa politique de « taux plancher » en janvier 2015, un mécanisme instauré en 2011 qui empêchait la monnaie helvète de tomber sous 1,20 franc suisse pour un euro.
La banque centrale suisse a indiqué en septembre qu’elle était « disposée à être active sur le marché des changes si nécessaire ». Toutefois, compte tenu de la baisse de l’inflation, certains analystes s’attendent à un changement de point de positionnement de la BNS en ce qui concerne ses interventions sur le marché des changes.
« En raison de la poursuite de l’appréciation du franc suisse et de la baisse de l’inflation, nous pensons qu’un assouplissement de ce message est probable. Peut-être la BNS suggérera-t-elle que les cessions de devises ne sont plus nécessaires ou qu’elles se feront à un rythme réduit », avance George Moran, économiste pour l’Europe chez Nomura.
Le produit intérieur brut (PIB) de la Suisse, qui a progressé de 0,3% au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent, devrait croître respectivement de 1,2% et 1,4% en 2024 et 2025 après une expansion attendue de 0,7% en 2023.
(Rédigé par Indradip Ghosh; enquêtes de Sujith Pai et Maneesh Kumar; version française Claude Chendjou, édité par Kate Entringer)
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