La Banque centrale européenne accélère la normalisation de sa politique malgré l’Ukraine
La Banque centrale européenne a annoncé jeudi son intention de mettre fin au troisième trimestre à ses achats d’obligations, donnant un coup d’accélérateur inattendu au retrait de ses soutiens exceptionnels à l’économie face à l’envolée des prix dans la zone euro, qui l’emporte pour elle sur les risques liés à la guerre en Ukraine.
L’inflation dans la zone euro ayant atteint un niveau record avant même le déclenchement du conflit le 24 février, les membres les plus orthodoxes du Conseil des gouverneurs de la BCE militaient pour un arrêt anticipé des mesures non-conventionnelles, avant une première hausse de taux d’intérêt avant la fin de l’année.
Si les « colombes » du Conseil plaidaient au contraire pour prendre en compte l’impact de la situation en Ukraine, l’annonce d’un taux d’inflation de 5,8% en février – près de trois fois l’objectif de la BCE – et la perspective d’une poursuite de la hausse des prix ont accru la pression sur l’institution, dont la maîtrise des prix est la mission première.
« La guerre Russie-Ukraine aura un impact important sur l’activité économique et l’inflation par le biais des prix de l’énergie et des matières premières, des perturbations dans le commerce international et de la dégradation de la confiance », a dit sa présidente, Christine Lagarde, lors d’une conférence de presse, en parlant du conflit comme d’un « tournant » pour l’Europe.
« Les risques entourant les perspectives économiques ont nettement augmenté avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie et sont orientés à la baisse », a-t-elle ajouté tout en reconnaissant que les opinions divergeaient au sein du Conseil sur les implications de cette évolution.
Elle a cependant expliqué que l’impact économique de plus en plus faible de la pandémie de COVID-19, le redressement du marché du travail et la perspective d’une diminution des tensions affectant les chaînes d’approvisionnement montraient que la zone euro était globalement en bonne santé.
La BCE a revu en légère baisse ses prévisions de croissance pour cette année et l’an prochain mais elle a relevé ses prévisions d’inflation, à 5,1% pour cette année contre 3,2% prévu en décembre et à 2,1% contre 1,8% pour 2023.
La hausse des prix devrait néanmoins revenir à 1,9% en 2024, ce qui correspondrait à l’objectif de la banque centrale.
UNE HAUSSE DE TAUX RESTE POSSIBLE AVANT FIN 2022
Le Conseil des gouverneurs a confirmé son intention d’arrêter définitivement fin mars les achats réalisés dans le cadre du Programme d’achats d’urgence face à la pandémie (PEPP), lancé en mars 2020 et doté de 1.850 milliards d’euros.
Mais surtout, les achats du programme APP, plus ancien et aux conditions moins souples, seront réduits plus vite que prévu: de 40 milliards d’euros en avril, ils reviendront à 30 milliards en mai et 20 milliards en juin.
La BCE prévoyait auparavant des achats mensuels de 40 milliards d’euros au deuxième trimestre, 30 milliards au troisième et 20 milliards au quatrième.
Elle précise toutefois que les montants du troisième trimestre seront « dépendants des données » (data-dependent, en anglais), c’est-à-dire de l’évolution des indicateurs économiques et financiers.
« En cas de modification des perspectives d’inflation à moyen terme et si les conditions de financement ne permettent plus de nouvelles avancées vers l’objectif de 2%, le Conseil des gouverneurs est prêt à réviser tant le volume que la durée de ses achats nets d’actifs », explique-t-elle dans un communiqué.
Elle a précisé que toute modification des taux d’intérêt n’aurait lieu que « quelque temps après » la fin des achats et qu’elle serait « progressive ».
« Évidemment, ‘quelque temps après’ constitue un horizon temporel ouvert qui dépend des données », a dit Christine Lagarde, ajoutant que cet intervalle pourrait aller d’une semaine à plusieurs mois.
L’euro a brièvement gagné du terrain face au dollar après la publication du communiqué de la BCE, montant à 1,1120 contre 1,1042 quelques minutes avant, mais il est ensuite reparti à la baisse et s’échangeait autour de 1,1010 dollar vers 14h45 GMT.
Sur le marché des emprunts d’Etat, le rendement du Bund allemand à dix ans, référence pour la zone euro, restait alors orienté en nette hausse, à 0,253% contre moins de 0,2% avant le communiqué alors qu’en Bourse, l’indice EuroStoxx 50 creusait ses pertes, portant son recul à 2,97%.
« Au final, les décisions d’aujourd’hui constituent un bon compromis, en assurant une flexibilité maximale à un processus de normalisation très progressive de la politique monétaire », a commenté Carsten Brzeski, économiste d’ING. « Une première hausse de taux avant la fin de l’année reste possible. »
(Reportage Balazs Koranyi et Francesco Canepa, version française Marc Angrand, édité par Blandine Hénault et Sophie Louet)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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