Japon: Le gouvernement nomme deux partisans des mesures de relance au conseil de la BoJ
TOKYO, 25 février (Reuters) – Le gouvernement japonais a annoncé mercredi la nomination de deux universitaires considérés par les marchés comme de fervents défenseurs des mesures de relance économique pour intégrer le conseil de gouverneurs de la Banque du Japon (BoJ), une décision qui reflète les préférences de la Première ministre Sanae Takaichi en matière de politique monétaire.
Le premier est Toichiro Asada, professeur émérite à l’université Chuo, connu pour son soutien à une politique budgétaire expansive. Il remplacera l’économiste Asahi Noguchi, dont le mandat expire le 31 mars.
La seconde, Ayano Sato, est professeure à l’université Aoyama Gakuin et remplacera Junko Nakagawa, dont le mandat expire à la fin du mois de juin.
Ces nominations, qui figurent dans un document présenté au Parlement et qui doivent être approuvées par les deux chambres, ont brièvement fait chuter le yen sous la barre des 156 yens pour un dollar et porté l’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo à un niveau record, les investisseurs ayant revu à la baisse leurs attentes concernant le rythme des hausses de taux d’intérêt.
Elles font suite à d’autres nominations similaires par la Première ministre de personnes considérées comme des « reflationnistes » en matière économique, qui prônent une politique monétaire et budgétaire accommodante pour soutenir la croissance, même si cela implique une augmentation de l’inflation et de la dette.
« On s’attendait à ce que l’administration Takaichi choisisse des candidats attentifs aux marchés des devises et des obligations, mais les deux candidats se sont avérés être de fervents reflationnistes », note Eiji Douke, stratège chez SBI Securities.
LE RETOUR DES FIDÈLES D’ABE
Depuis son arrivée au pouvoir l’année dernière, les appels de Sanae Takaichi en faveur d’une augmentation des dépenses et d’un assouplissement de la politique budgétaire ont secoué les marchés financiers, les investisseurs s’inquiétant notamment de la dépréciation du yen et de l’augmentation du déficit public.
Dans un discours prononcé en février 2023, Ayano Sato a déclaré qu’un yen plus faible « serait certainement bénéfique pour l’économie japonaise » et que le Japon devrait poursuivre dans la même voie que les politiques de relance de l’ancien Premier ministre Shinzo Abe, connues sous le nom d' »Abenomics ».
Elle a également coécrit des ouvrages avec l’ancien membre du conseil de gouverneurs de la BoJ, Yutaka Harada, également connu pour ses positions reflationnistes.
Dans une interview accordée à Reuters en 2015, l’autre candidat, Toichiro Asada, avait déclaré que le Japon devrait reporter la hausse du taux de la taxe à la consommation à 10%, arguant que cette augmentation freinerait les prix et la croissance.
Ces nominations sont susceptibles d’influencer les débats de la BoJ sur le rythme et le calendrier des futures hausses de taux, alors que le conseil de la banque centrale, composé de neuf membres, penchait de plus en plus en faveur d’une augmentation durable des coûts d’emprunt.
« Compte tenu des dernières nominations, la probabilité d’une nouvelle hausse des taux lors de la prochaine réunion de mars ou avril a diminué », a dit Shotaro Mori, économiste chez SBI Shinsei Bank.
Les rendements des obligations d’État japonaises (JGB) à 40 ans ont pour leur part augmenté à leur rythme le plus soutenu depuis un mois, alors que ces nominations ravivent également les inquiétudes concernant la santé financière du pays.
Le quotidien Mainichi a par ailleurs rapporté mardi que Sanae Takaichi avait exprimé des réserves quant à de nouvelles hausses des taux d’intérêt lors de sa réunion avec le gouverneur de la BOJ, Kazuo Ueda, la semaine dernière.
Un sondage Reuters réalisé ce mois-ci a montré que la majorité des économistes s’attendent à ce que la BoJ relève son taux directeur à 1% d’ici la fin juin, certains anticipant une hausse dès avril en raison des inquiétudes croissantes concernant les pressions inflationnistes et la faiblesse du yen.
(Rédigé par Makiko Yamazaki et le bureau de Tokyo ; version française Diana Mandia, édité par Blandine Hénault)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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