France: Le résultat des élections est « négatif » pour la note de crédit, estime Moody’s
LONDRES (Reuters) – Le résultat des élections législatives en France est négatif pour la note de crédit du pays, a averti mardi l’agence de notation Moody’s, alors que l’absence de majorité absolue dans la nouvelle Assemblée nationale pourrait rendre plus difficile la prise de décision et la maîtrise de la dette publique.
L’incertitude pèse sur la formation du prochain gouvernement de la France après la victoire sans majorité absolue de l’alliance de gauche du Nouveau Front populaire (NFP) aux élections législatives anticipées, ce qui a conduit à une Assemblée divisée en trois grands blocs.
L’alliance de gauche promet de désigner un candidat dans les prochains jours mais l’incertitude subsiste sur la méthode et le rapport de forces interne au groupe, tandis que le camp présidentiel se dit prêt à discuter avec tous les membres de « l’arc républicain », hors Rassemblement national (RN) et LFI.
« Au vu des contraintes auxquelles tout futur gouvernement sera confronté, il est peu probable que l’on assiste à un assainissement budgétaire basé sur les dépenses en 2025 », prévient Moody’s dans une note.
Cet avertissement fait écho aux inquiétudes exprimées lundi par S&P Global, qui a averti que la note de crédit de la France pourrait être « sous pression » en cas de faiblesse persistante de l’économie ou de déficits publics prolongés.
Selon Moody’s, il est peu probable que la France soit en mesure d’imposer de nouvelles hausses d’impôts, étant donné que son ratio impôts/PIB est déjà le plus élevé de l’OCDE, a ajouté Moody’s.
« Par conséquent, les implications budgétaires du résultat des élections sont négatives », dit l’agence de notation, dont la note actuelle pour la France, de « Aa2 » avec une perspective stable, est un cran au-dessus de celles de S&P et de Fitch.
« Les circonstances actuelles sans précédent mettront à l’épreuve les institutions françaises et l’efficacité des politiques », a déclaré Moody’s.
(Reportage Marc Jones ; version française Diana Mandiá, édité par Blandine Hénault)
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