États-Unis: La Fed maintient le rythme soutenu de la hausse des taux
par Howard Schneider et Ann Saphir
WASHINGTON (Reuters) – La Réserve fédérale américaine a annoncé mercredi une troisième hausse de taux d’intérêt de trois quarts de point de pourcentage consécutive et laissé entendre qu’elle devrait en décider une quatrième d’ici la fin de l’année afin de faire refluer l’inflation.
L’objectif de taux des fonds fédéraux est ainsi porté à 3,00%-3,25%, son plus haut niveau depuis 2008, et les nouvelles projections de la banque centrale montre qu’il devrait augmenter de 1,25 point de pourcentage supplémentaire d’ici fin décembre, puis culminer à 4,60% en 2023.
Le président de la Fed, Jerome Powell, a insisté lors d’une conférence de presse sur la détermination des responsables de la politique monétaire à faire reculer l’inflation, actuellement au plus haut depuis 40 ans, et il a promis qu’ils continueraient d’agir « jusqu’à ce que le travail soit fait ».
« Nous devons laisser l’inflation derrière nous », a-t-il dit. « J’aimerais qu’il y ait une méthode indolore pour y parvenir. Il n’y en a pas. »
Il a notamment expliqué que le marché immobilier américain subirait probablement une « correction » après une période de prix déraisonnablement élevés.
Les nouvelles prévisions économiques de la banque centrale Unis montrent que la croissance américaine devrait tomber à 0,2% seulement cette année avant de remonter à 1,2% en 2023, un niveau encore bien inférieur à son potentiel.
Le taux de chômage, actuellement à 3,7%, devrait parallèlement remonter à 3,8% en fin d’année et à 4,4% l’an prochain.
Quant à l’inflation mesurée par l’indice privilégié par la Fed, celui des dépenses personnelles de consommation (PCE), elle ne devrait revenir qu’en 2025 à l’objectif de 2% que s’est fixé la Fed, contre 5,4% prévu pour cette année.
Le FOMC (Federal Open Market Committee), le comité de politique monétaire de la banque centrale, ne prévoit en outre aucune baisse de taux avant 2024.
PROBABLEMENT ENCORE UNE HAUSSE DE TROIS QUARTS DE POINT
Les projections de ses membres suggèrent une remontée supplémentaire des taux de 1,25 point de pourcentage au total au cours des deux réunions restantes avant la fin de l’année, donc probablement une quatrième hausse de trois quarts de point.
« Le Comité est fermement déterminé à ramener l’inflation à son objectif de 2% », a-t-il déclaré dans un communiqué, ajoutant prévoir que « de nouvelles hausses de l’objectif de taux seront appropriées », une expression qui figurait déjà dans le communiqué de juillet.
Le FOMC explique que « des indicateurs récents signalent une croissance modeste des dépenses et de la production » mais que l’économie continue de ralentir.
Pour Greg McBride, responsable de l’analyse financière de Bankrate, « la Fed a tardé à prendre la mesure de l’inflation, elle a tardé à commencer à relever les taux d’intérêt et elle a tardé à commencer à déboucler ses achats d’obligations. Depuis, elle s’efforce de rattraper son retard. Et elle n’a pas encore fini de le faire ».
La hausse du taux de chômage à 4,4% fin 2023 prévue par le FOMC, contre 3,8% fin 2022, serait supérieure à celle d’un demi-point de pourcentage associée par le passé à des phases de récession aux Etats-Unis.
À Wall Street, les annonces de la banque centrale et les déclarations de son président ont été accueillies par une nette augmentation de la volatilité: l’indice Standard & Poor’s 500, après plusieurs retournements de tendance en moins de deux heures, reculait de 1,47% à moins d’un quart d’heure de la clôture.
Au même moment, le rendement des bons du Trésor américain à deux ans, particulièrement sensible aux anticipations d’évolution des taux d’intérêt, affichait un bond de près de neuf points de base à 4,0506%, au plus haut depuis 2007, et le dix ans prenait plus de quatre points à 3,5299%.
Sur le marché des changes, le dollar était lui aussi orienté à la hausse face aux autres grandes devises (+0,85%) et l’euro reculait à 0,9848 (-1,22%), au plus bas depuis 20 ans.
(Reportage Howard Schneider et Ann Saphir, version française Marc Angrand)
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