EDF veut payer moins cher les turbines de General Electric en raison de la Russie, selon une source
PARIS (Reuters) – EDF veut réviser à la baisse le prix prévu pour l’acquisition des turbines Arabelle auprès de General Electric en raison du risque de désistement de grands clients ayant signé des contrats avec le russe Rosatom pour la construction de centrales nucléaires, a indiqué jeudi une source au fait du dossier, confirmant des informations du journal Les Echos.
Selon le quotidien, les deux tiers du carnet de commandes de GE Steam Power (Geast) – le fabricant des turbines Arabelle dont une partie des activités doivent être rachetées par EDF – sont constitués par les commandes de Rosatom.
La source interrogée par Reuters a confirmé que le groupe français comptait rediscuter de la valorisation de la société.
« C’est compréhensible et logique, car le carnet de commandes est amputé par la sortie de Rosatom », a indiqué cette source, précisant que le géant russe représentait effectivement l’essentiel des commandes des turbines Arabelle à court terme.
Ces informations interviennent alors que le consortium finlandais Fennovoima a annoncé début mai l’annulation d’un contrat avec Rosatom pour la construction d’une centrale nucléaire en Finlande en invoquant des retards et des risques accrus dus à la guerre en Ukraine.
EDF avait indiqué en février que le rachat envisagé d’une partie de Geast serait basé sur une valorisation de l’ordre de 1,1 milliard de dollars, dont 900 millions de trésorerie laissée dans l’entreprise.
Toujours selon Les Echos, EDF et Bercy font valoir qu’il n’y a pas de négociations ouvertes avec GE mais le groupe français a obtenu un délai supplémentaire pour boucler l’opération, alors que le contrat d’achat devait être signé avant l’été pour une finalisation envisagée au premier semestre 2023.
EDF et le ministère de l’Economie – qui a incité le groupe au rachat d’une partie des activités de Geast – n’ont pas souhaité commenter ces informations, tandis que GE n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire.
La transaction annoncée en février porte notamment sur l’activité de production des turbines à vapeur Arabelle pour centrales nucléaires à Belfort, sur un ancien site d’Alstom racheté par GE en 2015, quand Emmanuel Macron était ministre de l’Economie de François Hollande.
Le rachat de ces activités par EDF revêt un caractère stratégique car ces turbines, les plus puissantes sur le marché, équipent une partie du parc nucléaire français ainsi que les EPR de Taishan, en Chine, et les réacteurs du même type en construction à Flamanville (Manche) et à Hinkley Point, en Angleterre.
(Reportage Benjamin Mallet, avec Tassilo Hummel et Silvia Aloisi ; édité par Bertrand Boucey)
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