Crédit Agricole a discuté avec Rome des conditions d’un éventuel accord sur BPM, selon des sources
par Giuseppe Fonte et Valentina Za
ROME (Reuters) – Des représentants de Crédit Agricole ont discuté ces dernières semaines avec des représentants du gouvernement italien des conditions d’un éventuel rapprochement entre l’unité italienne de la banque française et Banco BPM, ont déclaré à Reuters deux sources proches du dossier.
Ces discussions interviennent après que Crédit Agricole a demandé en juillet l’autorisation de détenir jusqu’à 29,9% de Banco BPM et a utilisé des contrats dérivés pour augmenter sa participation à un peu plus de 20%.
La banque française a assuré le gouvernement italien qu’elle serait prêt à fournir les garanties jugées nécessaires par Rome pour permettre un rapprochement entre Crédit Agricole Italie et Banco BPM, a déclaré une des sources.
Contacté, un représentant du Crédit Agricole s’est refusé à tout commentaire.
Après avoir échappé en juillet à une tentative de rachat par UniCredit, Banco BPM a déclaré que ses options de fusion comprenaient un rapprochement avec la branche italienne de Crédit Agricole, son principal actionnaire, ou une fusion avec Monte dei Paschi di Siena, dans laquelle BPM détient une petite participation.
Monte dei Paschi est actuellement pris par l’acquisition de Mediobanca, conclue ce mois-ci, ce qui donne un potentiel avantage à Crédit Agricole.
L’Italie dispose de pouvoirs spéciaux qu’elle peut utiliser pour contrôler les transactions portant sur des actifs considérés comme d’importance stratégique nationale, y compris les banques.
Le gouvernement italien a indiqué à la banque française qu’afin d’approuver une fusion avec Banco BPM, il exigerait des garanties pour que les petites entreprises, les principaux clients du prêteur italien, continuent de bénéficier de crédits, ont déclaré les deux sources.
Rome demanderait également des garanties concernant Anima Holding, un gestionnaire de fonds que Banco BPM a racheté au début de l’année, afin de protéger l’épargne nationale, a ajouté l’une des deux sources proches du dossier.
Le ministre italien de l’Economie, Giancarlo Giorgetti, a déclaré la semaine dernière qu’il n’avait aucune « objection politique » à un accord entre Banco BPM et Crédit Agricole, mais que son ministère appliquerait la législation conçue pour protéger les actifs clés si l’accord était conclu.
(Reportage Giuseppe Fonte à Rome et Valentina Za à Milan ; version française Coralie Lamarque, édité par Kate Entringer)
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