BNP Paribas promet davantage de baisses de coûts avec l’IA, 4e trimestre meilleur que prévu
par Mathieu Rosemain
PARIS, 5 février (Reuters) – BNP Paribas a promis jeudi de nouvelles réductions de coûts, après avoir annoncé un bénéfice meilleur que prévu au quatrième trimestre et un relèvement de son objectif clef de rentabilité, rassurant les investisseurs en dépit de la performance médiocre de sa banque d’investissement.
Le directeur général Jean-Laurent Bonnafé a déclaré que l’intelligence artificielle (IA) permettrait des économies en simplifiant les procédures et en réduisant les coûts de fonctionnement, tout en soulignant que cette technologie serait déployée de manière sélective.
La banque française « investit à bon escient », précisé Jean-Laurent Bonnafé aux journalistes. « Ça coûte très cher », a ajouté le dirigeant, comparant l’IA à « une pointe de diamant » qui serait utilisé de façon ciblée.
BNP Paribas a publié un résultat net part du groupe record pour les trois mois à fin décembre, à 2,97 milliards d’euros, en hausse de 28% sur un an et dépassant les 2,84 milliards attendus en moyenne par 16 analystes dans un consensus compilé par BNP Paribas.
Les analystes ont salué des résultats « rassurants », RBC soulignant qu’ils « sont en partie liés à la bonne dynamique des revenus dans plusieurs divisions qui avaient déçu ».
À la Bourse de Paris vers 11h45 GMT, l’action BNP Paribas gagne 4,3% à 94,9 euros, le CAC 40 progressant de 0,16% au même moment.
Le groupe vise une rentabilité des fonds propres tangibles (ROTE), un indicateur clé de rentabilité, supérieure à 13% d’ici 2028, contre 13% précédemment, un objectif qui reste inférieur à celui de nombreux concurrents européens.
BNP Paribas a encore de la marge de manœuvre en matière de réduction des coûts, selon son directeur général. Le groupe prévoit en 2026 des mesures d’efficacité opérationnelles supplémentaires pour environ 600 millions d’euros, portant le total des économies de coûts récurrentes pour la période 2022-2026 à 3,5 milliards d’euros, au-dessus des 2,9 milliards d’euros initialement prévus.
BNP Paribas vise une croissance annuelle moyenne du résultat net part du groupe au-dessus de 10% sur 2025-2028.
« DES GENS NORMAUX »
Lors du quatrième trimestre, les revenus des activités de la Banque de financement et d’investissement (BFI), moteur de la stratégie d’expansion du directeur général Jean-Laurent Bonnafé, ont augmenté de 1% sur un an pour atteindre 4,58 milliards d’euros, un record trimestriel.
Cependant, les activités de titres à revenu fixe, devises et matières premières (FICC) n’ont augmenté que de 0,8%, soit en-deçà de ses concurrents tels que Crédit Agricole , Deutsche Bank et les géants de Wall Street.
Le revenu d’intérêt de la banque commerciale a quant à lui augmenté de 6,3% en France et de 17% en Belgique.
Ces nouveaux objectifs donnent un aperçu du prochain plan stratégique triennal de BNP Paribas, qui sera présenté début 2027. Il comprendra une « revue de bout en bout des processus », d’après la banque, l’IA devant générer environ la moitié des gains d’efficacité supplémentaires à venir.
BNP Paribas cherche par ailleurs à rassurer sur les retombées d’un jugement portant sur un litige lié à son rôle dans le conflit soudanais, dans le cadre duquel le groupe a été condamné en octobre par un tribunal américain à verser un total de 20,5 millions de dollars de dommages et intérêts à trois plaignants. Le groupe a indiqué qu’il ferait appel avant le 9 février.
« Nous sommes des gens normaux. On n’a pas l’intention de payer des sommes anormales pour des faits qui n’ont rien à voir avec l’activité de la banque », a déclaré jeudi Jean-Laurent Bonnafé au sujet du litige.
BNP Paribas a proposé le versement d’un dividende de 5,16 euros par action au titre de 2025.
(Mathieu Rosemain, version française Augustin Turpin, édité par Blandine Hénault et Kate Entringer)
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