Bercy promet le soutien de l’Etat aux filiales françaises de Liberty Steel
L’Etat protégera les salariés des sites du métallurgiste Liberty en France en cas de difficultés liées à la faillite de l’entreprise financière britannique Greensill Capital, a déclaré mardi le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire.
Liberty est une branche de GFG Alliance, conglomérat dirigé par l’homme d’affaires Sanjeev Gupta qui est l’un des principaux clients de Greensill. La société possède des sites à Hayange (Moselle) et à Saint-Saulve (Nord), où se trouve l’aciérie Ascoval, tous deux repris avec le soutien de l’Etat, ainsi qu’à Dunkerque.
Greensill, dont l’activité consiste à avancer des financements pour les entreprises en récupérant et plaçant leurs dettes, s’est déclaré en faillite lundi après avoir perdu la couverture de son principal assureur crédit. Sa chute fait craindre des faillites en chaîne parmi ses clients, en premier lieu GFG Alliance.
« Je n’ai pas de crainte là-dessus et tous les salariés d’Hayange, d’Ascoval, de Dunkerque doivent savoir que l’Etat sera derrière eux, qu’il sera là pour les protéger », a dit Bruno Le Maire sur France 2.
« Dans tous les cas de figure, l’Etat sera derrière ces sites industriels et derrière les salariés », a insisté le ministre de l’Economie. « S’il y a des difficultés financières, l’Etat saura faire le pont, trouver des solutions alternatives. »
Sanjeev Gupta a par la suite assuré lors d’une rencontre avec des représentants de syndicats britanniques que Liberty Steel disposait des financements nécessaires pour tenir ses engagements actuels et qu’il recherchait des solutions alternatives à plus long terme.
Liberty Steel est le troisième producteur d’acier du Royaume-Uni, où il emploie environ 3.000 personnes.
« Nous avons les financements appropriés pour nos besoins actuels le temps d’attendre le refinancement de l’entreprise », a dit Sanjeev Gupta selon une source proche des discussions.
« La recherche de financements à long terme alternatifs avance bien mais organiser cela prendra du temps », a-t-il ajouté.
Dans des documents joints à son dépôt de bilan lundi, Greensill Capital affirme que faute de garanties, il est dans l’incapacité de revendre les dettes titrisées comme de financer des clients tels que GFG.
« GFG s’est retrouvé face à des difficultés financières graves », précise le document remis à la justice. « GFG a commencé à faire défaut sur ses obligations. »
Dans un communiqué publié mardi, GFG déclare que le groupe dans son ensemble reste solide et qu’il bénéficie de l’évolution des prix de l’acier, actuellement au plus haut depuis 13 ans, tout en reconnaissant que certaines activités britanniques sont sous pression, parmi lesquelles les aciers de spécialité.
Dans sa déclaration aux représentants syndicaux, Sanjeev Gupta a évoqué la situation déficitaire de certaines activités dans l’acier au Royaume-Uni.
Les syndicats expliquent dans un communiqué lui avoir demandé d’étudier « toutes les options » pour garantir la pérennité des activités britanniques, en appelant le gouvernement de Boris Johnson a « jouer un rôle actif » pour sauvegarder l’emploi.
(Sudip Kar-Gupta, Bertrand Boucey et Marc Angrand, avec Eric Onstad à Londres, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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