Amundi ouvert à de meilleures conditions pour son accord de distribution avec UniCredit, selon une source
par Mathieu Rosemain et Valentina Za
PARIS/MILAN (Reuters) – Amundi envisage d’offrir de meilleures conditions à UniCredit pour étendre leur accord de distribution au-delà de 2027, a déclaré une source proche du dossier.
La société de gestion française pourrait notamment proposer à UniCredit de recevoir une part plus importante des frais perçus sur la vente de produits, a déclaré cette source sous couvert d’anonymat.
Le renouvellement de l’accord protégerait la position du principal gestionnaire européen de fonds sur un marché qui représente près d’un cinquième de ses actifs sous gestion (AUM) en dehors de la France.
Les analystes se sont montrés inquiets de l’impact sur la collecte d’une éventuelle perte du contrat qu’Amundi a conclu avec son principal distributeur en Italie, où ses actifs sous gestion s’élèvent à 197 milliards d’euros, soit 10% du total.
Amundi n’a pas souhaité faire de commentaires.
Le groupe français a signé en 2017 un accord de distribution sur dix ans avec UniCredit lors du rachat de la société Pioneer Investments.
Le mois dernier, le PDG d’UniCredit Andrea Orcel a dit vouloir « rééquilibrer » l’accord passé avec Amundi, estimant que le groupe français « se taille la part du lion ».
Autre complication, le principal actionnaire d’Amundi, Crédit Agricole, est devenu l’année dernière le plus gros investisseur de Banco BPM, une banque italienne de taille moyenne sur laquelle UniCredit envisageait de lancer une offre publique d’achat.
Philippe Brassac, directeur général de Crédit Agricole, a déclaré aux journalistes ce mois-ci que ce n’était un secret pour personne qu’UniCredit cherchait des moyens « d’optimiser » l’accord avec Amundi.
Selon des sources, Andrea Orcel ne serait pas satisfait du montant des fonds d’Amundi qu’UniCredit doit placer auprès de ses clients en vertu de l’accord.
Les fonds d’Amundi doivent représenter 80% de l’ensemble des actifs sous gestion d’UniCredit en Italie, mais les pénalités prévues par le contrat en cas de non-respect de cette proportion ne deviennent punitives qu’en dessous d’un seuil de 65% à 70%, ont déclaré séparément deux sources proches du dossier.
Pour augmenter les revenus de commissions d’UniCredit, Andrea Orcel a mis en place une équipe interne qui reconditionne les fonds fournis par des acteurs mondiaux sous le propre label « onemarkets » de la banque.
Parallèlement, le gestionnaire d’actifs italien Azimut met en place une activité irlandaise qui produira et vendra des fonds aux clients d’UniCredit et intégrera à terme la banque.
Au 30 septembre, UniCredit avait 134 milliards d’euros d’actifs sous gestion provenant de la gestion de fonds et de portefeuille.
Andrea Orcel n’a pas exclu de mettre fin au contrat avec Amundi, mais une personne au fait du dossier a déclaré à Reuters qu’il serait ravi de conserver un partenaire figurant parmi les 10 principaux gestionnaires d’actifs au niveau mondial et qui promeut le réseau de vente de la banque.
Si le contrat devait être prolongé, Andrea Orcel souhaiterait convenir d’une amélioration des conditions dans le courant de l’année 2024, a ajouté la source.
(Reportage Valentina Za à Milan et Mathieu Rosemain à Paris, avec la contribution de Silvia Aloisi à Paris; Blandine Hénault et Kate Entringer pour la version française)
Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.
Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.
Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.
Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.
Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.
Je soutiens le Journal Chrétien !
Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.
La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?
Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.



