Altice renonce à vendre ses activités au Portugal
LONDRES (Reuters) – Le groupe Altice Europe, fondé et dirigé par l’homme d’affaires Patrick Drahi, a renoncé à son projet de vente de ses activités au Portugal faute d’avoir reçu des propositions jugées suffisamment élevées de la part de fonds d’investissement, ont indiqué trois sources à Reuters.
Altice n’a pas pu s’entendre en décembre sur la valorisation de ces activités avec les fonds EQT et CVC Capital Partners, dont les offres non contraignantes ont été nettement inférieures au seuil des 7 milliards d’euros fixé par Patrick Drahi pour engager des négociations, ont dit les sources.
L’offre indicative la plus élevée a à peine dépassé les 6 milliards d’euros et incluait une prime basée sur la prédominance d’Altice Portugal sur son marché, a dit l’une des sources.
L’absence de véritable concurrence entre prétendants a pesé sur les discussions, la plupart des acteurs industriels comme Telefonica s’étant retirés tandis que les fonds de capital-investissement ont refusé de s’engager dans une surenchère pour un actif qui, au cours des années, a partiellement cédé son réseau de fibre et d’autres infrastructures essentielles, ont dit les sources.
EQT et CVC ont refusé de s’exprimer sur le sujet.
Un porte-parole d’Altice a dit que les actifs portugais du groupe « n’étaient pas à vendre et ne sont pas à vendre ». Altice avait déjà par le passé démenti toute discussion sur un tel projet.
Altice avait mandaté Lazard l’an dernier pour tester l’appétit du marché pour ses activités au Portugal mais le groupe, dont l’essentiel des opérations est en France, n’a jamais lancé de processus officiel de vente, ses attentes en matière de prix s’étant immédiatement révélées difficiles à combler pour la plupart des prétendants.
Les discussions ont été closes entre fin décembre et début janvier lorsque les acquéreurs potentiels ont été informés que le projet de vente était annulé « de la même manière informelle qu’il avait été lancé », a déclaré la première source.
Via un nouveau véhicule d’investissement établi en Grande-Bretagne, Altice a porté en décembre sa participation dans BT à 18%.
« Altice a besoin de vendre des actifs pour se concentrer davantage sur d’autres marchés comme la Grande-Bretagne », a dit cette même source.
« L’entreprise dispose d’un ensemble d’actifs qui sont constamment en cours d’examen en vue d’une possible cession et l’unité portugaise en faisait et en fait toujours partie. »
(Reportage Pamela Barbaglia à Londres et Sergio Goncalves à Lisbonne, avec la contribution de Mathieu Rosemain à Paris, Bertrand Boucey pour la version française, édité par Nicolas Delame et Blandine Hénault)
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