Pomme de discorde entre nationalisme chrétien et port du masque aux Etats-Unis
Des études américaines révèlent le lien entre nationalisme chrétien et refus des mesures sanitaires. Des questions de racisme sont également soulevées.
Aux États-Unis, les différentes règles de distanciation sociale sont considérées soit comme altruistes, soit comme des atteintes à la liberté de l’individu. La pandémie a créé de nombreux désaccords au sein de la société, souvent imputés à des partis politiques ou à des comportements sociaux (par exemple la masculinité toxique). Or, des universitaires pointent un nouveau groupe hostile au port du masque: les nationalistes chrétiens.
«Plusieurs études ont montré que les nationalistes chrétiens sont plus susceptibles de se méfier des médias et des scientifiques, de croire aux théories du complot et de penser qu’il y a une conspiration derrière tout cela», déclare Samuel Perry, professeur associé de sociologie à l’université d’Oklahoma. Il démontre avec ses collègues que le nationalisme chrétien est le meilleur indicateur pour savoir si une personne sera sceptique à l’égard de la science, fera fi des règles de distanciation, ne trouvera rien de raciste à appeler le Covid-19 le «virus chinois» ou affirmera que les restrictions sociales menacent l’économie et la liberté de l’individu.
«Parmi les différents facteurs qui influencent les comportements, le nationalisme chrétien est en train de surpasser tous les autres», déclare Samuel Perry, co-auteur du livre Taking America Back for God: Christian Nationalism in the United States («Rendre l’Amérique à Dieu: le nationalisme chrétien aux États-Unis»). Selon lui, même l’adhérence à tel ou tel parti politique passe au second plan: «L’idéologie partisane a moins d’importance face au sentiment eu notre pays est menacé.»
L’émergence d’une crise d’autorité
Les conclusions de Samuel Perry et ses collègues s’appuient principalement sur l’enquête Public and Discourses Ethics («Éthique du public et des discours»), dans laquelle les Américains ont été interrogés à trois reprises (août 2019, février, puis mai 2020) sur leur sentiment d’appartenance au nationalisme chrétien. Il leur a notamment été demandé dans quelle mesure ils sont d’accord avec les déclarations telles que «Le gouvernement fédéral devrait déclarer que les États-Unis sont une nation chrétienne» ou encore «Le gouvernement devrait défendre les valeurs chrétiennes». Selon les auteurs de cette étude, le résultat pointe tout un groupe de personnes «qui idéalisent et préconisent une fusion de la vie civique américaine avec une identité et une culture chrétiennes», explique-t-il.
Une autre étude de Samuel Perry conclut que le nationalisme chrétien, idéologie particulièrement répandue en Amérique, pousserait les gens à adopter des «comportements imprudents» tels que manger au restaurant, rendre visite à leur famille et à leurs amis ou se réunir avec des groupes de plus de 10 personnes. Interrogé sur cette tendance, Samuel Perry identifie l’émergence d’une crise d’autorité. Lorsqu’on leur a demandé à qui ils font confiance pour obtenir des informations sur la pandémie, les nationalistes chrétiens choisissent Trump «par une écrasante majorité», puis les différentes organisations religieuses et républicaines – devant les experts médicaux et les centres de contrôle et de prévention des maladies.
Entre nationalisme, racisme et individualisme
Dans une autre étude, Samuel Perry et ses collègues constatent que les opinions nationalistes sont également affiliées à des arguments xénophobes ou racistes. N’ayant pas hésité à qualifier le Covid-19 de «virus chinois», les personnes interrogées étaient plus enclines à soutenir les restrictions à l’immigration comme moyen de contrôler la pandémie, ainsi qu’à blâmer les minorités ethniques pour le taux d’infections élevé au sein de leurs communautés. Les nationalistes expriment également être plus attachés à la protection de la liberté individuelle et déclarent ne pas vouloir la limiter dans le souci des personnes les plus vulnérables.
Selon Samuel Perry, ces impulsions racistes sont le sous-produit d’un exclusivisme inhérent au nationalisme chrétien, la question étant de savoir qui est Américain et qui mérite la protection de l’État. Pour les nationalistes, la réponse est souvent les chrétiens blancs.
Un paradoxe fascinant
Le nationalisme chrétien fonctionne souvent comme une identité sociale, qui n’est pas intrinsèquement liée à la tradition religieuse dont il porte le nom, constate Samuel Perry. En fait, la dévotion religieuse, quelle qu’elle soit, a souvent l’effet inverse du nationalisme chrétien. «Nous avons constaté que les personnes empreintes de piété ou de dévotion étaient plus enclines à se laver les mains, utiliser du désinfectant et éviter de se toucher le visage – en bref toutes les choses recommandées», déclare le sociologue. «Les personnes religieuses sont plus enclines à dire: si nous devons choisir entre la liberté individuelle et la protection des personnes vulnérables, nous allons protéger les personnes vulnérables.»
Samuel Perry ajoute qu’il en est de même pour les questions de xénophobie et de race. La dévotion religieuse indique que les gens sont moins susceptibles de rejeter la responsabilité du virus sur les migrants ou d’accuser les minorités d’être plus susceptibles de contracter la maladie. «C’est un paradoxe fascinant. Il semble que, dans presque toutes les études que nous faisons, l’engagement religieux prend le contrepied du nationalisme chrétien. En d’autres termes, les personnes pieuses semblent être d’assez bons prochains.»
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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