Sébastien Lecornu renonce à la suppression du lundi de Pâques
Le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu a décidé de renoncer à la suppression du lundi de Pâques et du 8-Mai.
François Bayrou avait justifié le projet de suppression du lundi de Pâques et du 8-Mai par le fait qu’il s’agit d’« une période de l’année comportant de nombreux jours fériés ». Il visait un rendement de 4,2 milliards d’euros dès 2026 pour le budget de l’Etat.
Le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé samedi renoncer à la suppression de deux jours fériés, une mesure qui était prévue dans le projet de budget 2026 de son prédécesseur François Bayrou.

Le nouveau Premier ministre français Sébastien Lecornu réagit à la fin de la cérémonie de passation des pouvoirs à l’hôtel Matignon à Paris/Photo prise le 10 septembre 2025/LUDOVIC MARIN/Pool via REUTERS
« J’ai décidé de retirer la suppression de deux jours fériés », a-t-il déclaré dans une interview diffusée par plusieurs titres de la presse régionale, à l’initiative de Ouest-France.
Nommé mardi à Matignon dans la foulée de la chute du gouvernement de François Bayrou, Sébastien Lecornu a entamé des discussions avec les forces politiques et les partenaires sociaux pour négocier un nouveau projet de budget pour l’an prochain.
Le précédent projet porté par François Bayrou, qui prévoyait un effort budgétaire de 44 milliards d’euros, proposait notamment la suppression de deux jours fériés, une mesure très impopulaire qui a contribué à accélérer la chute du leader centriste resté neuf mois à Matignon.
« Retirer la suppression des jours fériés exigera de trouver d’autres sources de financement », a toutefois prévenu Sébastien Lecornu.
A son arrivée à Matignon mercredi, le nouveau Premier ministre a plaidé pour « des ruptures » sur la forme comme sur le fond dans les discussions avec les forces de l’opposition.
« Mon état d’esprit est simple: je ne veux ni instabilité, ni immobilisme », a-t-il indiqué samedi, plaidant pour une « discussion parlementaire moderne et franche, de très bon niveau » avec le Parti socialiste, Les Ecologistes et le Parti communiste.
Sébastien Lecornu, qui a exclu de relancer le conclave sur les retraites, a dit vouloir « travailler sans idéologie » sur l’instauration éventuelle d’une taxe « Zucman » sur les hauts patrimoines, réclamée par la gauche.
« Ces questions doivent faire l’objet d’un échange approfondi », a-t-il affirmé, tout en prévenant: « attention néanmoins au patrimoine professionnel, car c’est ce qui permet de créer des emplois et de la croissance en France ».
« Le futur budget ne correspondra peut-être pas complètement à mes convictions… C’est même quasiment certain ! », a reconnu le nouveau locataire de Matignon.
UN « CADRAGE » À AMÉLIORER
Sur France 2, le ministre démissionnaire de l’Economie Eric Lombard a par la suite abondé en ce sens, évoquant une « proposition de cadrage » faite en juillet par François Bayrou qui « doit évoluer ».
« Cet effort [de 44 milliards] doit être réduit dans une dimension qui va être décidée par le Premier ministre grâce au dialogue », a-t-il dit. « Ce projet doit être discuté, doit être amélioré ».
Estimant que le Premier ministre « a eu raison » de revenir sur la suppression de deux jours fériés, Eric Lombard s’est aussi prononcé en faveur d’un « effort plus important pour les plus favorisés d’entre nous ».
« Simplement nous voulons protéger le patrimoine professionnel (…) Cet effort doit être porté par les plus favorisés mais sur leur épargne, sur leurs actifs qui ne sont pas investis dans leurs entreprises ».
« NOUS PAYONS L’INSTABILITÉ »
Vendredi, l’agence de notation Fitch a abaissé la note de crédit à long terme de la France à A+, contre AA- précédemment, soulignant que l’augmentation de la dette publique limite la capacité du pays à réagir à de nouveaux chocs sans aggraver la situation des finances publiques.
« Nous payons l’instabilité », a réagi samedi Sébastien Lecornu. « Le gouvernement devra proposer au Parlement de tenir une trajectoire saine pour les finances de la France. C’est aussi une question de souveraineté. »
Interrogé sur un éventuel recours à l’article 49-3 de la Constitution qui permettrait de faire adopter le budget sans vote à l’Assemblée nationale, Sébastien Lecornu a répondu: « je ne peux pas dire jamais, ce serait démagogique, mais je ferai tout pour ne pas y être obligé. »
Le Premier ministre a indiqué par ailleurs vouloir présenter un « grand acte de décentralisation, de clarification et de liberté locale au Parlement » pour lequel il ouvrira des consultations dès la semaine prochaine.
(Rédigé par Blandine Hénault)
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