Le Nigéria, pays le plus meurtrier au monde pour les chrétiens
Le président américain Donald Trump a replacé le Nigéria, pays le plus meurtrier au monde pour les chrétiens, sur la liste américaine des « pays particulièrement préoccupants » en matière de liberté de religion.
Une fois de plus, les États-Unis d’Amérique ont désigné le Nigéria comme « pays particulièrement préoccupant » (Countries of Particular Concern, CPC) pour « violations particulièrement graves de la liberté de religion » à la suite des assassinats ciblés de chrétiens, qualifiés de génocide.
Cette décision fait suite à des années de campagne menée par CSI et d’autres organisations chrétiennes, qui ont documenté les attaques systématiques contre les chrétiens au cours des quinze dernières années, notamment les meurtres, les violences sexuelles, les enlèvements, la destruction d’églises et l’extermination de villages chrétiens dans le centre et le nord-est du Nigéria.
Un rapport du groupe parlementaire multipartite sur la liberté religieuse internationale au Parlement britannique en janvier 2020 a également soulevé des inquiétudes concernant le massacre de chrétiens dans le nord du Nigéria. Le rapport était intitulé Nigeria : Unfolding Genocide ?
Au cours de son premier mandat en tant que président des États-Unis, Donald Trump a désigné le Nigéria comme « pays particulièrement préoccupant » en décembre 2020, à la suite d’une recommandation de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF).
L’ancien président américain Joe Biden a toutefois retiré le Nigéria de cette liste en novembre 2021, juste avant la visite du secrétaire d’État Antony Blinken au Nigéria, une décision vivement critiquée comme encourageant les auteurs de violences contre les chrétiens. L’USCIRF elle-même a qualifié cette décision d’« effroyable » et d’« inexplicable ».
Qu’est-ce que cela signifie pour les chrétiens du Nigéria ?
« Nous avons pleuré, prié, jeûné et, dans une agonie silencieuse, essayé de raconter nos histoires, qui ont été ignorées jusqu’à présent. Nous ne pouvons pas assez remercier le gouvernement américain et tous ceux qui ont été notre porte-parole pendant toutes ces années pour cette désignation, qui va désormais continuer à faire écho à tout ce que nous disons depuis plus d’une décennie. Nous remercions Dieu d’avoir exaucé notre prière », a déclaré Tunde Yusuf, un prêtre anglican de Jos qui a échappé de justesse à la mort lors d’une attaque.
Désigner un pays comme « pays particulièrement préoccupant » signifie que ce pays « s’est livré à des violations particulièrement graves de la liberté religieuse ou les a tolérées… notamment des violations telles que la torture, les traitements ou peines dégradants, la détention prolongée sans inculpation, l’enlèvement ou la détention clandestine, ou d’autres dénis flagrants du droit à la vie, à la liberté ou à la sécurité de la personne ».
Selon le département d’État américain, lorsque de telles violations se produisent et qu’un pays est inscrit sur cette liste, et lorsque « les options politiques non économiques visant à mettre fin aux violations particulièrement graves de la liberté religieuse ont été raisonnablement épuisées, une mesure économique doit généralement être imposée », c’est-à-dire des sanctions économiques.
Pour les chrétiens persécutés, cette désignation offre une certaine consolation. Le président Donald Trump a déclaré : « Le christianisme est confronté à une menace existentielle au Nigéria. Des milliers de chrétiens sont tués. Les islamistes radicaux sont responsables de ce massacre massif. »
Cette reconnaissance est ce que les chrétiens nigérians espéraient depuis longtemps que les dirigeants de pays comme le Royaume-Uni et d’autres nations européennes fassent également, et utilisent pour faire pression sur le gouvernement nigérian afin qu’il mette fin à ces tragédies.
Le sénateur américain Ted Cruz a déclaré : « La désignation d’aujourd’hui est une étape cruciale pour demander des comptes et changer le comportement des responsables nigérians qui ont facilité et créé un environnement propice aux atrocités commises au Nigéria. »
Il a également promis de continuer à faire pression sur le Congrès américain pour qu’il adopte un projet de loi visant « ceux qui appliquent les lois sur le blasphème et la charia au Nigéria », qui ont conduit à des meurtres collectifs de chrétiens, comme le meurtre brutal de Deborah Samuel Yakubu le 12 mai 2022 à Sokoto pour lequel personne n’a été tenu responsable.
Les dénégations du Nigéria
Comme on pouvait s’y attendre, le gouvernement nigérian nie les allégations d’attaques contre les chrétiens. Le ministère des Affaires étrangères a déclaré : « Les Nigérians de toutes confessions vivent, travaillent et pratiquent leur culte ensemble en paix depuis longtemps. »
Depuis la proposition de loi au Sénat américain demandant que le Nigéria soit désigné comme « pays particulièrement préoccupant » par le sénateur Ted Cruz, dans la même veine que les préoccupations soulevées par le député canadien Andrew Scheer et la contestation publique du comédien Bill Maher concernant le silence des médias sur les meurtres au Nigéria, l’Assemblée nationale à Abuja a encore minimisé les meurtres ciblés de chrétiens. Elle a affirmé que « l’insécurité dans le pays est complexe, alimentée par l’insurrection, le banditisme, les conflits entre agriculteurs et éleveurs, la violence séparatiste et les disputes communautaires, qui touchent les citoyens de toutes confessions ».
Certes, l’insécurité règne dans tout le Nigéria, et de nombreux civils musulmans ont été tués lors d’attaques menées par des djihadistes et d’autres groupes armés musulmans. Cependant, les groupes djihadistes au Nigéria, comme Boko Haram, ont fait de l’élimination des chrétiens dans le nord du pays l’un de leurs objectifs déclarés. Dans le centre du Nigéria, les milices peules ciblent presque exclusivement les villages chrétiens.
Mettre fin aux attaques génocidaires contre les chrétiens
À la suite de l’annonce de M. Trump, John Eibner, président international de CSI, a déclaré : « Les paroles fortes du président Donald Trump doivent être accompagnées d’actions rapides et énergiques, compte tenu de l’ampleur effroyable de la persécution des chrétiens au Nigéria et ailleurs. » Soulignant l’acceptation par les États-Unis de régimes qui persécutent les chrétiens en Syrie et en Azerbaïdjan, M. Eibner a fait valoir qu’« une réorientation majeure de la politique étrangère est nécessaire si les États-Unis veulent tenir la promesse du président américain de « sauver notre grande population chrétienne à travers le monde ».
« La décision du gouvernement américain d’inscrire le Nigéria sur la liste des pays particulièrement préoccupants n’est qu’une première étape, a déclaré Joel Veldkamp, responsable du plaidoyer politique de CSI. Les pays plus étroitement liés au Nigéria, tels que le Royaume-Uni, doivent également classer le Nigéria dans une catégorie similaire afin d’accroître la pression sur le gouvernement nigérian pour qu’il mette fin à plus de quinze ans de violence sanglante, de déplacements de population et de destruction des croyances, des cultures, du patrimoine et de l’histoire des peuples, qui constituent tous des violations des chartes des droits de l’homme que ces nations se sont engagées à respecter. »
Selon M. Veldkamp, les États-Unis, le Royaume-Uni et d’autres pays devraient en particulier concentrer leur attention sur les milices peules qui mènent une campagne de nettoyage ethnique au ralenti contre les chrétiens dans le centre du Nigéria. Des rapports montrent que les milices islamistes peules ont commis plus d’actes terroristes et tué plus de personnes que Boko Haram.
« Tout porte à croire que ces réseaux de milices bien armées bénéficient au moins du soutien tacite de certains éléments des forces de sécurité nigérianes, a déclaré M. Veldkamp. Les alliés du Nigéria doivent enquêter sur ces liens et exiger que le gouvernement nigérian prenne des mesures efficaces pour traduire les auteurs en justice et protéger les chrétiens du centre du pays. »
Les chrétiens du Nigéria réclament depuis longtemps la reconnaissance des attaques génocidaires qui ont dévasté leurs communautés et détruit leurs familles. Bien que cette reconnaissance ait été longue à venir, la prochaine étape doit être la justice pour les victimes et de réels efforts internationaux pour assurer la sécurité des chrétiens.
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
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Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

