Insultes, images pornographiques et cyber-harcèlement dans les cultes virtuels
Aux États-Unis, de nombreux cas de cyber-harcèlement ont été constatés pendant des réunions religieuses, entre images pornographiques et insultes raciales. Récits et conseils.
Dimanche 29 mars, l’Américain Alex Merritt avait rassemblé les membres de son groupe de jeunes adultes de l’école du dimanche de l’église épiscopale St. David d’Austin, au Texas, sur l’application Zoom. C’est ainsi, à travers la vidéoconférence, qu’ils souhaitaient poursuivre, malgré les mesures de distanciation sociale, leur étude biblique hebdomadaire. Tout se passait bien, jusqu’à ce que leur réunion soit perturbée par une attaque de trolls, soit ces internautes dont le seul but est de semer la zizanie sur la Toile.
Certains ont commencé à partager leurs écrans avec le groupe et à dessiner des images obscènes sur le passage biblique sur lequel le groupe avait discuté. «Vous êtes piratés! Vous êtes piratés!», criait l’un d’entre eux. Un autre a allumé sa caméra et a commencé à dévoiler ses organes génitaux. «C’était complètement chaotique et impossible à arrêter», se souvient Alex Merritt. «Ce fut un énorme électrochoc pour moi, car je suis un enseignant dans une école primaire publique, et je ne veux pas que les enfants de ma classe soient exposés aux images pornographiques que les trolls nous ont envoyées!»
Le passage massif des lieux de culte sur l’application Zoom et d’autres plateformes de vidéoconférence en ligne a rendu les services religieux plus accessibles que jamais. Malheureusement, pour les fidèles numériques, cela signifie aussi qu’ils sont également plus accessibles aux trolls en ligne, qui ont tout leur temps libre pour perturber leurs services par des interruptions obscènes ou haineuses.
Le groupe religieux d’Alex Merritt, qui a dû mettre fin à sa réunion et en organiser une nouvelle, avait à l’origine placé un lien Zoom public sur son site web. Désormais, le groupe n’enverra ce lien qu’aux membres de ses groupes Facebook privés, qui ont tous été approuvés.
Être ou ne pas être accueillant
«Je pense que les lieux de culte doivent être très prudents lorsqu’ils rendent des liens Zoom publics sur leurs sites web, surtout si ces liens renvoient à des réunions où il y aura de jeunes enfants», insiste Alex Merritt. «Les lieux de culte, dans l’idéal, veulent être des endroits où tout le monde peut se rendre. Pour l’instant, ils doivent trouver un équilibre entre ce désir d’ouverture à tous ceux qui sont en recherche d’un tel lieu et la réalité, à savoir qu’il y a des gens qui souhaitent saboter ces espaces numériques.»
L’épidémie de «zoombombing» n’a épargné personne. Les trolls ont trouvé de nombreux liens de réunion qui ont été mis en ligne, puis les ont partagés et se sont joyeusement immiscé dans ces réunions, dessinant des contenus graphiques sur les écrans des participants. Ils ne laissent alors d’autre choix, aux écoles et aux universités, aux églises et aux synagogues, que de fermer brutalement leurs réunions.
Un service de shabbat organisé également via l’application Zoom par une synagogue de la région de San Francisco a été envahie par des extrémistes nazis. Une église unitarienne universaliste du Massachusetts a vu un service en direct sur YouTube rempli de commentaires haineux. Un service religieux en direct à Los Angeles a été piraté et remplacé par du porno. La semaine dernière, un séminaire de Zoom avec le People’s Forum, un espace culturel à vocation militante dirigé par la théologienne Claudia de la Cruz, a été perturbé par un troll qui a posté des insultes raciales dans la fenêtre de chat à plusieurs reprises, jusqu’à ce que les administrateurs le bloquent.
Insultes raciales et homophobes
«Mon cœur s’est enfoncé quand j’ai vu cela se produire», a confié le révérend Jason Wells, qui avait rejoint le Forum du peuple depuis Concord, dans le New Hampshire, et qui a vu déferler tous ces messages racistes. «Il y a beaucoup de grands travailleurs de la justice à ce rendez-vous et je me suis senti sali quand j’ai pensé à l’impact que cela aurait sur tout le monde là-bas.»
Le dimanche matin, la révérende Laura Everett était sur Zoom depuis la First Baptist Church de Boston, prêchant sur la mort, lorsque des usagers extérieurs à la congrégation de l’église ont détourné le service. Après avoir trouvé un lien vers la réunion, que la pasteure avait tweeté pour que ses fidèles puissent écouter son sermon, les trolls ont commencé à forcer les écrans des participants pour diffuser des discours de haine racistes et homophobes.
«La haine ne s’arrête pas en cas de pandémie», a-t-elle tweeté, alors que les dirigeants de son église arrêtaient la réunion et se réunissaient à nouveau dans le cadre d’une conférence web protégée par un mot de passe. «Seigneur, aie pitié», a-t-elle conclu.
Cette perturbation a fait réfléchir Laura Everett sur la «profonde rupture» chez ces hommes qui l’ont harcelée, elle et ses paroissiens. «Franchement, en tant que prédicatrice, j’ai assez de travail maintenant ces jours entre la préparation du prêche et sa diffusion pour les paroissiens. Ce dont je n’ai pas besoin, c’est de plus de travail de la part des trolls qui nous harcèlent, moi et la congrégation.»
Un apprentissage nouveau
De nombreux chefs religieux se démènent aujourd’hui avec cette nouvelle pratique virtuelle et la technologie pour trouver une solution équilibrée, partagés qu’ils sont entre le désir de laisser les portes de leurs églises ouvertes au plus grand nombre et protéger leurs services de telles perturbations. De nombreuses organisations religieuses, dont l’Église méthodiste unie de Nouvelle-Angleterre et la Conférence de la Nouvelle-Angleterre du Sud de l’Église unie du Christ, ont commencé à partager avec leurs membres des conseils pour éviter les cyberattaques. L’application Zoom a d’ailleurs publié sur son propre blog un guide détaillé des dispositifs que les hôtes peuvent utiliser pour protéger leurs réunions.
«Si vous ne faites pas de publicité sur la façon d’accéder à la réunion, il devient beaucoup plus difficile pour les gens de s’y joindre», a écrit David Sim, un pasteur stagiaire de l’Église d’Écosse qui a créé un guide pour prévenir les «zoombombing». «Cela peut être contre-intuitif lorsque nous voulons accueillir tout le monde, donc cela peut ne pas être possible dans tous les cas, comme par exemple pour notre culte dominical où nous voulons que tout le monde se joigne à la réunion. Cependant, si vous avez une réunion d’affaires une petite réunion de prière, vous pouvez partager les détails de la connexion par mail ou par SMS selon vos besoins.»
Alex Merritt a quant à lui commencé à chercher des moyens de protéger ses étudiants lorsqu’il a dû se mettre à l’enseignement à distance. Il a recommandé aux administrateurs de désactiver le partage d’écran et les annotations pendant les réunions. Sinon, tout participant qui se joint à la réunion peut partager le contenu de son propre écran ou dessiner n’importe quoi sur l’écran partagé. Il a également demandé aux lieux de culte d’activer la fonction de salle d’attente de Zoom afin que l’hôte puisse autoriser les gens à se joindre à la réunion et expulser tout utilisateur inconnu de la réunion.
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

