Cacophonie autour du journal chrétien «Réformés»
Ballotée depuis 2020, la rédaction du mensuel protestant «Réformés» ne sera pas fixée sur son avenir de sitôt. Ce mois-ci, un projet de refonte, porté par les Exécutifs des quatre Eglises qui financent le titre (Neuchâtel, Genève, Berne-Jura, Vaud) doit être soumis à l’approbation de leurs Synodes (Législatifs) respectifs.
Mercredi, l’Eglise réformée évangélique du canton de Neuchâtel ouvrait le bal sous de bons auspices et acceptait à une large majorité le projet. Ce dernier prévoit de réduire la diffusion du journal, qui paraît à environ 150’000 exemplaires en passant de onze numéros par an à six. Par ailleurs, «Réformés» serait désormais «auto-porté», c’est-à-dire financé par des abonnements (comme c’est déjà le cas pour le canton de Genève) et non plus distribué gratuitement.
Experts perplexes
Dans le canton de Vaud, le travail d’une Commission d’examen (ComEx) mandatée par le Synode de l’Eglise réformée vaudoise (EREV), qui devra se déterminer le 20 juin, a sérieusement remis en question la viabilité du projet. Le document de trente de pages convie différentes figures de la presse romande à se prononcer.
Pour Jacques Poget, ancien rédacteur en chef de «24 heures» et membre du conseil de rédaction de «Réformés», la nouvelle dotation prévue (1,5 EPT) conviendrait uniquement pour un «journal de relations publiques, de tourisme». Quant à Grégoire Nappey, rédacteur en chef adjoint du journal «Le Temps», il juge la nécessité d’arriver à 20’000 abonnés pour être indépendant financièrement «très, très optimiste avec les ressources à disposition».
En outre, la ComEx dans son ensemble regrette l’absence de certaines informations et précisions nécessaires à une prise de décision éclairée.
Votes reportés
Rendu public en amont du Synode vaudois, ce document a impacté dans la foulée les votes ayant eu lieu à Genève, vendredi dernier, et dans le Jura le lendemain. Alors que le projet se présentait comme porté par les quatre Exécutifs, celui de Genève s’en est pour l’heure désolidarisé. «On se pose beaucoup de questions auxquelles on n’a jamais eu de réponses», a ainsi formulé Bernard Pagella, membre du Conseil du Consistoire (Exécutif). Il a donc été proposé à l’assemblée de reporter le vote, en attente de compléments et de «garanties».
Du côté du Synode jurassien, on s’est aussi étonné de la soudaine décision de l’Exécutif vaudois de reformuler les objets soumis au vote, selon les suggestions faites par la ComEx. Pourtant, relève-t-on, ceux-ci se devaient d’être identiques entre les quatre cantons. «Tous les Exécutifs étaient unanimement pour le projet, et voilà que l’un deux a changé les règles du jeu», s’est indigné Raphaël Schaer, président du Législatif. «Quoi que nous votions, cela ne sera pas applicable.» De fait, l’assemblée jurassienne a également refusé de voter en l’état.
«Une sacrée gabegie»
Interpellé sur les résultats de ces premières prises de position cantonales, Yves Bourquin, président de l’Eglise neuchâteloise et vice-président de la Conférence des Eglises réformées romandes, admet, non sans ironie, une «sacrée gabegie». S’il aurait espéré «davantage de collégialité institutionnelle», il rappelle que «chaque Eglise cantonale est résolument libre de ses décisions».
Vendredi 20 juin, c’est le Législatif vaudois qui fera entendre sa voix sur ce délicat dossier. Si le projet devra d’ores et déjà être remis sur le métier, «les Vaudois doivent absolument aller au bout du processus pour que leur avis soit recueilli formellement», exprime Yves Bourquin. Qui se dit conscient que trouver un consensus intercantonal reste «un défi titanesque».
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