La flambée du pétrole provoque une vague d’aversion au risque
par Blandine Henault
PARIS, 9 mars (Reuters) – Les Bourses européennes ont terminé lundi dans le rouge une séance marquée par une flambée des cours du pétrole liée au conflit au Moyen-Orient dont les potentielles répercussions sur l’économie mondiale ont déclenché une vague d’aversion au risque sur les marchés financiers mondiaux.
À Paris, le CAC 40 a terminé en repli de 0,98% à 7.915,36 points mais loin de son plus bas du jour, à 7.768,11 points.
Le Footsie britannique a reculé de 0,34% et le Dax allemand de 0,83%.
L’indice EuroStoxx 50 a abandonné 0,68%, le FTSEurofirst 300 a perdu 0,6% et le Stoxx 600 s’est replié de 0,67%.
Le baril de Brent s’est envolé de près de 30% dans les premiers échanges lundi en Asie, atteignant un pic à 119,50 dollars et provoquant une chute des Bourses asiatiques. Le Nikkei à Tokyo et le Kospi à Séoul ont plongé de plus de 5%.
L’Europe a entamé la séance sur des replis de plus de 2% mais l’atténuation de la hausse des prix du pétrole au fil de la journée a permis de limiter le repli. A Wall Street, le Nasdaq évolue même désormais dans le vert.
Les craintes inflationnistes liées à la flambée des prix du pétrole ont provoqué parallèlement un bond des rendements obligataires souverains avant que le souffle ne retombe là aussi.
PÉTROLE
Vers 16h55 GMT, le baril de Brent est retombé sous la barre des 100 dollars, à 99,38 dollars (+7,2%) tandis que le brut léger américain (WTI) se négocie à 94,52 dollars (+3,95%) après un plus haut à 119,48 dollars.
Si les perturbations dans l’approvisionnement persistent avec le fermeture du détroit d’Ormuz, la perspective d’une éventuelle libération des stocks stratégiques – une option que les pays du G7 ont dit étudier – a permis d’apaiser les tensions sur les prix du brut.
« Nous sommes prêts à prendre toutes les mesures nécessaires, y compris en puisant dans les réserves de stocks stratégiques de manière à stabiliser les marchés », a déclaré à la presse le ministre français de l’Economie Roland Lescure à l’issue d’une réunion des ministres des Finances du G7 à laquelle a participé l’Agence internationale de l’Energie (AIE), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.
VALEURS
Les compagnies aériennes ont chuté avec l’envolée des prix du pétrole. Air-France KLM a reculé de 3,87% et Lufthansa de 6,38%.
Tous les secteurs du Stoxx ont fini dans le rouge, à l’exception de celui du pétrole et gaz (+1,2%).
A WALL STREET
A l’heure de la clôture en Europe, le Dow Jones perd 0,55% et le Standard & Poor’s 500 abandonne 0,13%. De son côté, le Nasdaq Composite s’est retourné à la hausse pour gagner 0,23%, aidé par l’apaisement des tensions sur le marché obligataire.
TAUX
Le rendement des Treasuries à dix ans est pratiquement stable, à 4,1247% après avoir bondi jusqu’à 4,216% plus tôt dans la journée sous l’effet des craintes inflationnistes.
En Europe, le taux du Bund allemand de même échéance est aussi inchangé à 2,863%, après un pic à 2,9310%.
CHANGES
Le mouvement d’aversion au risque a favorisé le dollar qui a gagné jusqu’à 0,7% face à un panier de devises de référence avant d’effacer une partie de ses gains.
« En fin de compte, le dollar américain joue toujours un rôle de valeur refuge dans un monde chaotique », souligne Juan Perez, directeur des opérations de trading chez Monex USA.
L’euro recule de 0,2% face au billet vert, à 1,1594 dollar.
LES INDICATEURS DU JOUR
L’indice Sentix, qui mesure le moral des investisseurs dans la zone euro, a reculé en mars, montre une enquête publiée lundi, citant l’impact de la guerre au Moyen-Orient, qui touche les infrastructures énergétiques et les routes maritimes mondiales et fait grimper les prix du pétrole.
L’industrie allemande a connu un début d’année étonnamment faible en janvier, la première économie d’Europe affichant une baisse beaucoup plus marquée que prévu pour les commandes et un recul intattendu de la production, selon les données de l’Office fédéral de la statistique publiées lundi.
A SUIVRE LE 10 MARS :
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Blandine Hénault avec les bureaux de Reuters, édité par Benoit Van Overstraeten)
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