Au premier jour de son procès, l’ex-père Bernard Preynat face à son passé pédophile
Bernard Preynat, 74 ans, exclu par ses pairs en juillet dernier, a exprimé dès l’ouverture des débats sa volonté de transparence en assumant les faits qui lui sont reprochés – faits, a-t-il expliqué, dont il a tardé à mesurer la gravité.
« Il m’a fallu du temps pour découvrir que c’était mal et condamné » : Bernard Preynat, l’ancien prêtre du diocèse de Lyon poursuivi pour des atteintes sexuelles sur mineurs, a souligné la gravité de ses actes mardi au premier jour de son procès, ajoutant qu’il n’était pas « évident » de s’avouer pédophile.
Le procès de cette affaire médiatique, qui a eu des retentissements au sein de l’Eglise de France mais aussi au Vatican, s’est ouvert avec un jour de retard en raison de la grève des avocats.
Bernard Preynat, 74 ans, exclu par ses pairs en juillet dernier, a exprimé dès l’ouverture des débats sa volonté de transparence en assumant les faits qui lui sont reprochés – faits, a-t-il expliqué, dont il a tardé à mesurer la gravité.
« A l’époque, je ne me rendais pas compte de la gravité de ces actes. Je savais que c’était interdit et condamnable, mais je ne pensais pas aux conséquences de ces actes sur les victimes », a-t-il déclaré, évoquant les agressions sexuelles sur les jeunes scouts dont il avait la charge, des années 1970 à 1990.
C’est seulement en 1991, lorsque ses agissements ont été connus au sein de la paroisse et que sa hiérarchie l’a écarté, que le père Preynat dit avoir réalisé.
« Après mon départ de la paroisse, j’ai surtout été touché par les réactions des parents. C’est cela qui m’a donné conscience de la gravité de ce que j’avais fait », a-t-il dit à la barre.
Et de poursuivre : « C’était des gestes sans violence, des gestes de tendresse par lesquels je trouvais un certain plaisir. Il m’a fallu du temps pour découvrir que c’était mal et condamné vu l’âge des enfants ».
Bernard Preynat assure ne plus avoir touché d’enfants après 1991.
« Il n’est pas évident de dire qu’on est pédophile, qu’on est attiré par de jeunes garçons. Ce n’est pas un aveu qu’on fait facilement ».
« ÇA M’APPORTAIT DU PLAISIR SEXUEL »
Confronté à deux de ses victimes qui ont raconté les étreintes, les caresses et les baisers qui leurs étaient imposés, Bernard Preynat leur a demandé pardon.
Il a dit comprendre leur souffrance, mais a minimisé le caractère sexuel de ses actes.
« Si je lui ai enlevé son chapeau et ses lunettes, c’était juste pour lui faire des bisous sur les yeux et les sourcils, les yeux, c’était ma manie. Il n’y avait pas de baiser sur la bouche, mais sur les yeux », a-t-il précisé, contredisant le récit des victimes.
Interrogé sur la fréquence de ses actes, il a indiqué qu’il s’en prenait aux enfants quasiment tous les week-ends, et pendant les camps scouts, quatre à cinq fois par semaine.
Pressé par les avocats, il a fini par lâcher : « Oui, c’est vrai, ça m’apportait du plaisir sexuel. Maintenant, je le reconnais. »
L’ancien prêtre a été confronté au total à dix victimes dont les témoignages – pour certains à huis clos ou sous le sceau de l’anonymat – ont mis à mal son exposé des faits.
L’un décrit « des baisers sur la bouche, des caresses sur le sexe, des masturbations ». Bernard Preynat ne reconnaît « que des caresses et des bisous sur les yeux et les sourcils ». Un autre évoque « ses gestes circulaires effectués sur son sexe ». Il réfute encore.
Et quand la même victime évoque « plus d’une cinquantaine d’agressions commises en deux ans », le septuagénaire se fâche presque. « Ce n’est pas possible! Ça s’est passé plusieurs fois, je veux bien aller jusqu’à une dizaine mais pas plus que ça ».
Face au témoignage d’un ancien scout qui a décrit ses problèmes de santé, doublés de difficultés professionnelles et relationnelles – « J’ai une vie pourrie, c’est très très compliqué pour moi, face à un homme qui ne veut pas admettre ce qu’il a fait » -, Bernard Preynat s’est insurgé : « Je ne pense pas être responsable de tout ce mal ».
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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