USA 2020: Trump en visite controversée à Kenosha, dans le Wisconsin
WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump est arrivé mardi à Kenosha pour une visite controversée dans cette ville du Wisconsin où des manifestations ont éclaté après qu'un policier a grièvement blessé le 23 août un homme noir, Jacob Blake, en lui tirant dans le dos à sept reprises.
Le président américain axe sa campagne électorale sur le thème du maintien de l'ordre dans l'espoir d'être réélu le 3 novembre pour un second mandat à la Maison blanche.
"Pour mettre un terme à la violence politique, nous devons affronter l'idéologie raciale. Nous nous devons de condamner la dangereuse réthorique anti-police", a déclaré Donald Trump avant de promettre un million de dollars d'aide fédérale aux autorités de Kenosha.
"Je suis déterminé à aider Kenosha à se reconstruire", a-t-il ajouté, annonçant une aide de quatre millions de dollars aux petites entreprises et de 42 millions de dollars pour la sécurité publique dans l'Etat du Wisconsin.
Les sondages montrent que Donald Trump réduit l'écart sur son rival démocrate Joe Biden face aux manifestations contre le racisme et les brutalités policières, parfois émaillées d'incidents, qui se succèdent aux Etats-Unis depuis la mort de George Floyd, un Afro-Américain, en mai dernier à Minneapolis.
Le maire de Kenosha et le gouverneur du Wisconsin, un Etat clé remporté par Donald Trump en 2016, mais où Joe Biden est pour l'instant donné favori, ont tous deux prié le président américain de ne pas se rendre dans cette ville de 100.000 habitants pour éviter d'enflammer la situation, des conseils dont Donald Trump n'a pas tenu compte.
Le président américain affirme avoir restauré l'ordre à Kenosha en y envoyant des renforts de la garde nationale - prérogative pourtant réservée au gouverneur - et des agents fédéraux. La ville aurait été "réduite en cendres" sans son intervention, a-t-il dit avant de monter à bord de l'avion présidentiel Air Force One.
Donald Trump est accusé par Joe Biden de diviser l'Amérique et d'être "trop effrayé par la haine qu'il a semée pour y mettre un terme".
Le président américain ne compte pas rendre visite à la famille de Jacob Blake car cette dernière souhaitait qu'un avocat soit présent. Joe Biden et sa colistière Kamala Harris se sont tous les deux entretenus avec le père de Jacob Blake.
Donald Trump a par ailleurs pris lundi la défense d'un adolescent âgé de 17 ans qui est accusé d'avoir tué la semaine dernière deux manifestants antiracistes à Kenosha.
Au cours d'une troisième nuit consécutive de manifestations après la fusillade qui a partiellement paralysé Jacob Blake, Kyle Rittenhouse a ouvert le feu contre trois manifestants avec un fusil d'assaut, tuant deux d'entre eux. Il été inculpé d'homicide volontaire. Donald Trump a jugé qu'il avait agi en état de légitime défense.
Le président américain refuse de condamner les actes de violence commis par ses soutiens et s'insurge contre ce qu'il décrit comme des émeutes de manifestants "de gauche". Il a en revanche dénoncé l'exécution d'un de ses partisans, abattu samedi dernier à Portland, dans l'Oregon.
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(Jeff Mason; version française Jean-Stéphane Brosse et Camille Raynaud)
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