Sahel: Il n’y aura pas d’ajustement immédiat de la présence française, dit Macron
PARIS (Reuters) – Il n’y aura pas d’ajustement dans l’immédiat de la présence militaire française au Sahel, a déclaré mardi Emmanuel Macron à l’occasion du sommet G5 Sahel, à N’Djamena.
« Des évolutions sans doute significatives seront apportées à notre dispositif militaire au Sahel en temps voulu, mais elles n’interviendront pas dans l’immédiat », a déclaré le président français.
Il y a une volonté de plus en plus forte de nos partenaires européens de prendre part à la mission de la force Takuba, a ajouté le chef de l’Etat, qui n’a pas fait le déplacement jusqu’à la capitale tchadienne en raison de l’épidémie de coronavirus.
Emmanuel Macron a également dit souhaiter, dans la durée, une évolution de la présence militaire française au Sahel et une sortie d’une logique d’opération extérieure.
Le 19 janvier dernier, lors de ses voeux aux armées, il avait ouvert la porte à une réduction des effectifs militaires français déployés au Sahel, sans toutefois en préciser l’ampleur ni le calendrier.
La force Barkhane qui combat les groupes djihadistes principalement au Mali et au Niger compte actuellement 5.100 soldats, dont 600 ont été envoyés en renfort il y a un an après le sommet de Pau réunissant le président français et ses alliés du « G5 Sahel ».
L’hypothèse d’un retrait d’au moins 600 soldats était évoquée depuis plusieurs semaines de sources militaires, après les « coups sévères » portés ces derniers mois aux groupes liés à Al Qaïda et à l’Etat islamique dans la région dite des « trois frontières » ou Liptako-Gourma, qui couvre une partie du Mali, du Burkina Faso et du Niger.
Outre la poursuite d’opérations militaires de grande ampleur dans cette zone, en dépit du coup d’Etat de l’été dernier au Mali, l’armée française a éliminé plusieurs chefs djihadistes, dont l’émir historique d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) Abdelmalek Droukdel en juin et le chef de la branche militaire du groupe en novembre.
Paris a obtenu l’an dernier la confirmation de la poursuite de l’engagement américain et un soutien accru de ses partenaires européens, avec les débuts de l’opération Takuba rassemblant des forces spéciales de plusieurs pays, et l’élargissement du mandat de l’EUTM, la mission chargée de former les armées africaines, à laquelle l’Allemagne et l’Espagne vont notamment fournir des effectifs supplémentaires.
(Tangi Salaün et Claude Chendjou, édité par Jean-Michel Bélot)
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