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Régionales: Victoire des sortants, pas de région pour le RN, selon les sondages

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par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) – Le second tour des élections régionales dimanche en France a été marqué par une forte abstention et la victoire des présidents sortants, y compris Renaud Muselier en Provence-Alpes-Côte d’Azur et Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France, selon les estimations des instituts de sondage.

Les présidents d’Ile-de-France et d’Auvergne-Rhône-Alpes, Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez, sont également réélus, selon les projections.

« Ce résultat me donne la force d’aller à la rencontre de tous les Français », a déclaré Xavier Bertrand dès l’annonce des résultats, confirmant sa candidature à l’élection présidentielle, dans dix mois.

« Maintenant la présidentielle est un match à trois », a-t-il déclaré par ailleurs dans un entretien aux Echos, se plaçant entre le président Emmanuel Macron et la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, candidate déclarée à l’investiture de 2022 après son échec au second tour en 2017.

Le taux d’abstention au second tour du scrutin régional serait de l’ordre de 65%, contre 66,7% au premier tour dimanche dernier, du jamais vu depuis les premières élections régionales en 1986. Le précédent record de 50,09% datait de 2010.

En Ile-de-France, la région la plus peuplée du pays, la présidente sortante Valérie Pécresse arrive en tête avec 45% des voix selon les estimations de l’Ifop, devant la liste de gauche emmenée par Julien Bayou (EELV), qui s’est allié à Audrey Pulvar (PS) et Clémentine Autain (La France insoumise), à 32%.

« Ce soir, une équipe de France de la droite et du centre a émergé dans les régions. Nous avons une grande responsabilité, j’y prendrai toute ma part », a déclaré Valérie Pécresse.

Objet d’un duel très disputé, Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) reste acquise à Renaud Muselier (Les Républicains), qui a battu la liste du Rassemblement national (RN) emmenée par Thierry Mariani, pourtant arrivé en tête au premier tour.

Le président sortant, qui a bénéficié du soutien de La République en marche et du retrait de la liste écologiste, est crédité d’environ 55,8% des voix contre 44,2% à la liste RN, selon des estimations d’Ifop Fiducial pour TF1 et LCI et OpinionWay.

« LE FRONT NATIONAL A ÉTÉ ARRÊTÉ », DIT BERTRAND

C’est une déception pour le parti de la présidente du RN Marine le Pen, candidate à l’élection présidentielle, qui espérait faire de ce scrutin un tremplin vers l’Elysée.

« La présidentielle apparaît plus que jamais comme l’élection qui permet de changer de politique et de changer les politiques », a-t-elle déclaré au siège de son parti. « Je donne rendez-vous aux Français dès demain pour construire tous ensemble l’alternance dont la France a besoin. »

Dans les Hauts-de-France, Xavier Bertrand (ex-LR) l’a largement emporté avec un score d’environ 52% des voix contre 26% pour le candidat RN Sébastien Chenu.

« Le Front national a été arrêté et nous l’avons fait fortement reculer », a déclaré l’ancien ministre devant ses partisans.

Evoquant « la France que l’on refuse de voir, que l’on refuse d’entendre, et qui s’est abstenue ces deux dimanches », le prétendant à la magistrature suprême s’est adressé aux « silencieux », aux « invisibles » et aux « oubliés ».

En Auvergne-Rhône-Alpes, le président sortant LR Laurent Wauquiez l’a emporté avec un score de l’ordre de 55%, selon les sondages.

« C’est la victoire d’un cap clair, le respect de la parole donnée », a-t-il considéré.

TOUS LES PRÉSIDENTS SORTANTS EN MESURE DE L’EMPORTER

Dans les Pays-de-Loire, la présidente LR sortante Christelle Morançais serait en tête avec 46% des voix selon Ipsos, loin devant la liste « verte » de Matthieu Orphelin qui avait fusionné avec celle du socialiste Guillaume Garot, donnée aux alentours de 34%.

En Nouvelle-Aquitaine, un sondage Ifop accorde un score victorieux de 39,2% au président socialiste sortant Alain Rousset, devant la candidate RN Edwige Diaz, 18,4%, et la secrétaire d’Etat Geneviève Darrieussecq, à 12,8%.

Comme eux, tous les présidents de régions sortants de France métropolitaine semblaient en mesure de l’emporter dimanche soir.

La socialiste Carole Delga a ainsi été réélue en Occitanie, tout comme Jean Rottner dans le Grand-Est, Marie-Guite Dufay en Bourgogne Franche-Comté et Loïg Chesnais-Girard en Bretagne.

Au niveau national selon l’Ifop, la droite (Les Républicains et divers droite) arrive largement en tête avec 38% des voix, contre 34,55% pour la gauche alliée aux écologistes, 20,5% pour le Rassemblement national et 7% pour le parti présidentiel, La République en marche (LaRem).

« Les électeurs ont répondu à une question locale ce soir », a considéré sur BFM TV le délégué général de LaRem, Stanislas Guerini. « Il nous reste beaucoup de pain sur la planche. »

« PAS DE REMANIEMENT » GOUVERNEMENTAL EN VUE

Quinze ministres étaient en lice pour ces élections régionales. Malgré le piètre résultat de la majorité, il n’y a « pas de remaniement » gouvernemental en vue, a déclaré une source au sein de l’exécutif à Reuters. « Des ajustements au cas par cas si besoin », a-t-elle ajouté.

Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a indiqué que les ministres engagés dans ces élections ne seraient pas obligés de démissionner.

« Il y a toujours eu une forme de règle dans la vie politique, c’est que pour les élections nationales, les ministres qui étaient battus devaient quitter le gouvernement. Pour les élections locales, ça n’a jamais été une règle », a-t-il expliqué sur LCI.

Pour nombre d’élus de droite comme de gauche, ce scrutin rebat les cartes pour 2022, cinq ans après le duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2017.

« Il y a un retour du clivage gauche-droite dans cette élection qui est manifeste », a déclaré sur France 2 l’ancienne ministre socialiste Najat Vallaud-Belkacem.

« On est la seule force d’alternance », a considéré sur la même chaîne le président des Républicains, Christian Jacob.

(édité par Blandine Hénault)

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