« On creuse les tranchées », les réanimateurs se préparent à la déferlante coronavirus Covid-19
PARIS/NANTES (Reuters) – Depuis le début du mois, Emmanuelle Dubourg Davy a observé depuis son hôpital d’Angers (Maine-et-Loire) la vague de cas de coronavirus déferler sur l’est de la France, s’abattre sur la région parisienne et atteindre toutes les autres régions françaises.
Comme tous ses collègues, l’infirmière de 32 ans sait que l’épidémie, qui a fait au moins 860 morts jusqu’à présent en France, ne fait que débuter et que les services de réanimation comme le sien seront bientôt submergés.
« On est sur le pied de guerre, comme si on creusait les tranchées. On sait que notre service va être en première ligne », a-t-elle confié à Reuters.
La France compte environ 5.000 lits de réanimation, avec 4.000 médecins réanimateurs dans les hôpitaux publics et 6.000 dans le secteur privé pour les faire fonctionner.
Compte tenu de la progression fulgurante de l’épidémie dans les régions les plus touchées, l’enjeu pour les professionnels de santé être d’être prêt avant que la vague ne les atteigne.
L’exemple de l’Alsace, et particulièrement de Mulhouse (Haut-Rhin), qui a vu ses capacités hospitalières débordées en quelques jours, est dans toutes les têtes.
Sandrine, une infirmière de 24 ans qui travaille dans un hôpital de la région, décrit un « déferlement sans fin » de malades alors qu’il n’y a plus de chambres pour les accueillir et que le personnel soignant manque désespérément de masques et d’autres équipements destinés à se protéger.
« C’est comme si la mort n’était jamais loin », souffle-t-elle.
Le gouvernement a réagi en envoyant à Mulhouse un hôpital de campagne de l’armée avec 30 lits de réanimation. Trois vols militaires ont aussi été organisés pour transférer des malades vers des hôpitaux de villes encore relativement préservées, comme Marseille, Bordeaux et Brest. D’autres malades ont été transportés en Suisse, en Allemagne et au Luxembourg.
LIMITER LES DÉGÂTS
« On a été pris de vitesse par l’épidémie. Il a fallu s’adapter très vite, au jour le jour, en mobilisant le secteur public, le secteur privé et même l’armée », souligne Laurent Dal Mas, directeur de la cellule de crise de l’Agence régionale de santé (ARS) Grand Est.
Tous les acteurs savent que les capacités ne sont pas illimitées et qu’une fois la vague arrivée dans toute la France, chacun devra faire face avec ses propres ressources.
« Depuis 10 jours on est dans des préparatifs. On sait qu’on va cogner le mur, on espère juste que l’airbag qu’on est en train de préparer va permettre de limiter les dégâts », souligne Jérôme Larché, médecin interniste réanimateur dans un groupe de cliniques privées à Montpellier (Hérault).
« Ce qu’on nous demande de faire, c’est de la médecine de catastrophe, de la médecine militaire, où il faut trier les patients dès leur arrivée. »
Pour libérer de la place et des moyens humains, hôpitaux et cliniques ont été vidés de tous les malades ne présentant pas des pathologies lourdes et les programmes opératoires réduits au minimum pour pouvoir affecter les respirateurs des blocs aux soins des malades du coronavirus.
« Mon service de 30 lits est entièrement vide depuis vendredi pour pouvoir recevoir des patients Covid », témoigne Olivier Caubet, médecin interniste à Libourne (Gironde).
Mais autant que le matériel disponible, dont les masques commandés en grand nombre par les autorités mais dont les stocks se vident à un rythme encore plus effréné, c’est la capacité du personnel hospitalier à tenir sur la durée qui pose question.
Plusieurs médecins généralistes et personnels soignants ont déjà succombé à l’épidémie et dans certains établissements hospitaliers, une partie non négligeable du personnel est contaminée ou va l’être.
TENIR PHYSIQUEMENT ET MENTALEMENT
Selon Anne Geffroy-Wernet, anesthésiste-réanimateur au centre hospitalier de Perpignan et présidente du syndicat de la profession, le taux de contamination du personnel soignant devrait atteindre entre 20 et 40%.
Or, les services de réanimation nécessitent d’importants moyens humains – un médecin pour six patients, deux infirmières et une aide-soignante pour cinq patients – et un personnel disposant d’une formation technique spécifique qui n’est pas aisément substituable.
Dans ce contexte, les soignants décrivent la peur de contaminer leurs familles, mais aussi celle de « laisser tomber » leurs collègues.
Confiné chez lui depuis dimanche après avoir été testé positif au Covid-19, Olivier Caubet attend ainsi avec impatience de pouvoir repartir au front. Il dit avoir accueilli presque avec soulagement l’annonce de sa contamination.
« Comme une grande partie de la population va être infectée, je voulais l’attraper le plus vite possible pour pouvoir retourner travailler à l’hôpital quand on aura le plus besoin de moi », dit-il.
Alors que la durée légale du travail dans les hôpitaux publics est fixée à 24 heures consécutives, personne ne s’attend à ce qu’elle puisse être respectée dans les régions où la situation sera la plus tendue.
« C’est extrêmement dur mais a un moment donné, c’est une question de vie ou de mort. On ne va pas rentrer chez nous si des gens sont en train de mourir » assure un médecin travaillant dans un service de réanimation du sud-est de la France.
« Le risque, ajoute-t-il, c’est de se prendre pour des héros. La réalité sera tout autre. Il va falloir tenir mentalement pour continuer à aller de l’avant. »
(Édité par Henri-Pierre André)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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