Les Américains apprennent à vivre avec le coronavirus, dit Trump
par Steve Holland et Alexandra Alper
WASHINGTON (Reuters) – Les Américains apprennent à vivre avec le coronavirus, a affirmé mardi Donald Trump, au lendemain de sa sortie de l’hôpital où il avait été admis après l’avoir contracté.
Le président des Etats-Unis, qui briguera un nouveau mandat le 3 novembre, a passé près de quatre jours au Walter Reed Medical Center, à la périphérie de Washington, où il a été soigné à l’aide de l’antiviral remdesivir et de dexaméthasone, un stéroïde normalement utilisé dans les cas les plus graves.
Donald Trump minimise souvent la gravité du COVID-19, qui a fait plus d’un million de morts dans le monde et 209.000 aux Etats-Unis, pays le plus touché.
« Beaucoup de gens meurent chaque année de la grippe, parfois plus de 100.000, et ce, malgré le vaccin. Allons-nous mettre notre pays à l’arrêt ? Non, nous avons appris à vivre avec, tout comme nous apprenons à vivre avec le COVID (…) », a-t-il tweeté mardi. Twitter a par la suite attribué une « étiquette » à ce tweet pour signaler qu’il contient des informations contestées ou trompeuses.
Environ 22.000 personnes ont succombé à la grippe au cours de l’hiver 2019-2020, selon les statistiques du gouvernement américain.
A son retour lundi soir à la Maison blanche, où plusieurs membres du personnel sont positifs au coronavirus, Donald Trump avait invité les Américains à ne pas avoir peur du coronavirus et à « sortir ». Interrogé sur son état de santé, le président républicain a répondu: « Vraiment bon ».
Alors qu’il était muni d’un masque de protection au moment de quitter le centre médical militaire Walter Reed, à Bethesda dans le Maryland, Donald Trump l’a retiré en montant les marches du perron de la Maison blanche.
Il a alors pris la pose pour les photographes, avant de pénétrer dans la résidence présidentielle, masque de protection dans une poche, selon des images télévisées.
« N’EN AYEZ PAS PEUR »
« Ne le laissez pas vous dominer. N’en ayez pas peur », a-t-il lancé par la suite, évoquant le virus dans un message vidéo diffusé. « Nous retournons au travail. Nous retournons en première ligne (…) Ne le laissez pas dominer vos vies. Sortez, soyez prudents. »
Donald Trump, âgé de 74 ans, ne présentait plus de fièvre ni de troubles respiratoires, a indiqué l’équipe médicale chargée de ses soins. Son médecin personnel, Sean Conley, a indiqué plus tôt que Trump n’était pas encore tiré d’affaire mais en mesure de retourner à la Maison blanche, soulignant que tous les soins nécessaires pourraient lui être prodigués.
La gravité de l’état de santé du président américain a donné lieu à d’intenses spéculations, alors que certains experts ont noté qu’il présentait des facteurs de risque.
Selon une source informée, le locataire de la Maison blanche était réfractaire à l’idée d’être hospitalisé et voulait sortir rapidement.
Plusieurs membres du personnel de la Maison blanche ont eux aussi contracté le coronavirus, dont la porte-parole Kayleigh McEnany, et deux nouveaux cas y ont été diagnostiqués mardi, selon la presse. Il s’agit d’un des « valets » du président qui a voyagé avec lui la semaine dernière et d’un de ses assistants militaires, selon un journaliste de l’agence Bloomberg.
Les tests effectués lundi par le vice-président Mike Pence et son épouse ont été négatifs.
Selon le porte-parole de son équipe de campagne, Donald Trump a prévu de prendre part au deuxième débat présidentiel contre Joe Biden le 15 octobre à Miami en Floride.
Joe Biden s’est dit disposé à y participer si les experts sanitaires considèrent qu’il n’y a pas de risque. « Je ferai ce que les experts considéreront comme approprié », a-t-il dit à des journalistes depuis le Delaware, où il réside, avant un déplacement en Floride.
Les organisateurs du débat prévu mercredi entre le vice-président Mike Pence, de nouveau colistier de Donald Trump, et la sénatrice Kamala Harris, colistière de Joe Biden, ont annoncé qu’une vitre en plexiglas les séparerait.
(avec Joseph Ax, Trevor Hunnicutt, Doina Chiacu, Andy Sullivan, Andrea Shalal, Susan Heavey et Lisa Lambert; version française Jean Terzian, édité par Jean-Michel Bélot)
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