Le pape François est arrivé en Irak dans le cadre d’une visite à haut risque
par Philip Pullella et John Davison
BAGDAD (Reuters) – Le pape François a entamé vendredi une visite historique de quatre jours en Irak par un appel vibrant à la fin des violences politiques et religieuses qui déchirent le pays depuis des décennies.
Le voyage apostolique du chef de l’Eglise catholique en Irak est le premier d’un souverain pontife dans ce pays et sans doute son voyage à l’étranger le plus à risque depuis son élection en 2013.
« Puisse le fracas des armes être réduit au silence », a lancé François lors d’une discours prononcé au palais présidentiel de Bagdad devant le président Barham Salih, entouré de politiques et de diplomates.
« L’Irak a souffert des conséquences désastreuses de la guerre, du fléau du terrorisme et des conflits religieux souvent nourris par un fondamentalisme incapable d’accepter la coexistence pacifique des différents groupes ethniques et religieux », a-t-il ajouté.
Le pape a rencontré par la suite des membres du clergé dans une église de la capitale irakienne où des islamistes armés ont abattu plus de 50 fidèles en 2010.
Son avion, un vol de la compagnie Alitalia transportant son entourage, un agent de sécurité et environ 75 journalistes, a atterri à l’aéroport international de Bagdad peu avant 14h00, heure locale (11h00 GMT).
Pour assurer la sécurité du chef de l’Eglise catholique, âgé de 84 ans, l’Irak a déployé des milliers de forces supplémentaires. La visite du pape intervient après plusieurs attaques à la roquette et attentats suicide.
« Je suis heureux d’effectuer à nouveau des voyages », a déclaré le pape à la presse à bord de l’avion le transportant en Irak, faisant référence à la pandémie due au coronavirus qui l’a privé de déplacement officiel à l’étranger depuis novembre 2019.
« UN VOYAGE EMBLÉMATIQUE »
« C’est un voyage emblématique et c’est un devoir envers une terre martyrisée depuis tant d’années », a-t-il expliqué, avant de revêtir un masque et de saluer chaque journaliste individuellement, sans toutefois serrer des mains.
Dans le cadre de cette visite, qui s’effectuera en avion, en hélicoptère et peut-être à bord d’un véhicule blindé, le souverain pontife se rendra dans quatre villes, y compris dans des zones habituellement déconseillées à la plupart des dirigeants étrangers.
Le pape célébrera une messe dans une église de Bagdad, rencontrera le plus haut religieux musulman chiite d’Irak dans la ville méridionale de Nadjaf et se rendra à Mossoul, dans le nord, où les rues avaient été vidées l’an dernier par mesure de sécurité à l’occasion d’une visite du Premier ministre irakien.
A Mossoul, ancien bastion du groupe État islamique, les églises et les bâtiments portent encore les stigmates de la guerre.
Le souverain pontife se rendra aussi à Ur, lieu de naissance du prophète Abraham, vénéré à la fois par les chrétiens, les musulmans et les juifs. Il y rencontrera notamment le grand ayatollah Ali al Sistani, plus haut dignitaire chiite irakien, âgé de 90 ans. Ce sera la première visite d’un pape à son endroit.
Certains militants chiites sont opposés à cette visite, voyant en elle une ingérence occidentale dans les affaires de l’Irak, mais de nombreux Irakiens espèrent qu’elle contribuera à promouvoir un nouveau regard sur leur pays.
« Cela ne changera peut-être pas grand-chose sur le terrain, mais au moins avec la visite du pape, les gens verront notre pays sous un jour différent, pas seulement sous le regard des bombes et de la guerre », a déclaré Ali Hassan, un habitant de Bagdad, âgé de 30 ans.
(Philip Pullella à bord de l’avion papal, John Davison à Bagdad; Version française Bertrand Boucey et Claude Chendjou et Jean-Stéphane Brosse, édité par Jean-Michel Bélot)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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