La France restera en Irak même si les USA partent, dit Macron
BAGDAD (Reuters) – La France restera présente en Irak pour lutter contre le « terrorisme » même si les Etats-Unis décidaient de partir et elle en a les capacités, a déclaré samedi Emmanuel Macron.
Le président français s’exprimait à Bagdad, où il a participé à une conférence régionale sur la sécurité sur fond de retrait américain d’Afghanistan et d’évacuation chaotique des Occidentaux de Kaboul, où un attentat a fait jeudi des dizaines de morts – 170 selon des responsables des services de santé cités par des médias américains.
Cet attentat a été revendiqué par l’organisation Etat islamique, qui avait pris le contrôle d’une grande partie de l’Irak au milieu de la dernière décennie avant d’être refoulée par une coalition internationale à laquelle participe la France.
« Nous continuons de rester engagés car si nous avons défait le califat territorial, la bataille contre le terrorisme islamiste n’est pas terminée », a dit Emmanuel Macron à l’issue de cette conférence régionale à Bagdad, où il était le seul dirigeant occidental présent.
« Quels que soient les choix américains, nous maintiendrons notre présence pour lutter contre le terrorisme en Irak aussi longtemps que les groupes terroristes continueront à opérer et aussi longtemps que le gouvernement irakien nous demandera cet appui », a poursuivi le président français. « Nous avons les capacités opérationnelles pour assurer cette présence, quels que soient les choix américains. »
Le chef de l’Etat s’est entretenu samedi matin avec son homologue irakien Bahram Saleh et le Premier ministre Moustafa al Kazimi. Il doit se rendre dimanche à Mossoul, dernière grande ville irakienne reprise à l’organisation Etat islamique en 2017, puis à Erbil, capitale du Kurdistan irakien.
Même si aucune percée diplomatique n’était attendue pendant cette conférence régionale, les dirigeants irakiens se félicitent d’avoir réussi à réunir autour d’une même table des représentants de l’Iran et de leurs rivaux des pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite, pour entretenir le dialogue.
Aucun de ces pays n’a cependant envoyé à Bagdad ses plus hauts dirigeants. L’Iran, qui se dit plus préoccupé par l’issue des négociations nucléaires menées à Vienne, était représenté par son ministre des Affaires étrangères, Hossein Amirabdollahian.
« La réunion en Irak (…) concerne uniquement l’Irak et les moyens pour les pays de la région d’aider l’Irak », a déclaré à Reuters un responsable iranien en minimisant l’importance de la conférence.
Emmanuel Macron a tout de même déclaré que « le ton était à l’apaisement » au cours des discussions, soulignant que l’objectif était de « renforcer les capacités de l’Etat irakien (…) mais également (…) d’engager les principaux voisins à coopérer pour réduire les interférences ».
Outre Emmanuel Macron, les seuls chefs d’Etat présents à Bagdad étaient le président égyptien Abdel Fattah al Sissi, le roi Abdallah de Jordanie et l’émir du Qatar Cheikh Tamim ben Hamad al Thani.
Le Koweït et les Emirats arabes unis étaient représentés par leurs chefs de gouvernement.
(Avec Manuel Ausloos à Bagdad et John Davison à Genève, rédigé par Tangi Salaün et Bertrand Boucey)
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