France: Projet d’accord au « Ségur de la Santé »
PARIS (Reuters) – Un projet d’accord a été trouvé dans la nuit de mercredi à jeudi au « Ségur de la Santé » prévoyant à terme une augmentation mensuelle de 180 euros pour le personnel hospitalier non soignant et des engagements en matière d’embauches, que les organisations syndicales vont devoir à présent valider ou non.
« On arrive à la fin de ces discussions, aux décisions qui sont en cours », a déclaré sur France 2 le nouveau porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. « Les organisations consultent aussi leur base et leurs adhérents ».
« C’est une nouvelle priorité qui est issue de la crise du coronavirus qu’on a connue », a-t-il ajouté, précisant que l’enveloppe de 7,5 milliards d’euros mise sur la table par le gouvernement pour revaloriser les métiers du soin était « historique ».
« Je crois que ça correspond (…) à l’équivalent des augmentations qu’il y a eues ces trente dernières années », a dit Gabriel Attal.
Cette vaste concertation, lancée le 25 mai dans la foulée de la crise sanitaire du coronavirus, vise notamment à revaloriser les salaires du personnel hospitalier.
« C’est une négociation, nous savions que nous n’aurions pas tout. Nos syndicats se détermineront », a déclaré à Reuters Didier Birig, de FO Services publics et de Santé.
Il a précisé que le projet prévoyait que la revalorisation de 180 euros se fasse en deux temps: en septembre prochain puis en mars prochain. Il a également évoqué la création de 15.000 emplois.
Evelyne Rescanières, secrétaire générale de la CFDT Santé, a parlé pour sa part d' »avancées très positives » sur BFM TV.
« On se rapproche, on est sur un socle commun de 180 euros pour tous les personnels (…) Ce n’est pas suffisant pour rattraper les vingt ans de disette qu’on vient de subir au niveau salarial. Pour autant, c’est une somme considérable », a-t-elle dit.
Patrick Bourdillon, secrétaire fédéral de la CGT Santé, est sorti pour sa part sur « une forme de déception ».
« On n’est pas sur des mesures immédiates, on n’est pas non plus sur des mesures significatives puisque le total de 180 euros ne correspond pas du tout à la revendication qui était portée, a minima de 300 euros net », a-t-il commenté sur BFM TV.
Le nouveau Premier ministre, Jean Castex, avait annoncé mardi soir qu’il ajouterait un peu d’un milliard d’euros à l’enveloppe destinée au personnel hospitalier paramédicaux, c’est-à-dire le personnel administratif, les infirmiers et les aides-soignants, la faisant passer ainsi de 6,4 à 7,5 milliards d’euros.
(Henri-Pierre André et Caroline Pailliez, édité par Myriam Rivet)
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