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Deuxième vote sur l’indépendance en Nouvelle-Calédonie

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La Nouvelle-Calédonie se rendra aux urnes dimanche pour décider une nouvelle fois de son indépendance à l’occasion d’un référendum qui pourrait sortir de l’orbite de la France sa collectivité d’outre-mer la plus importante dans cette région du globe où la Chine étend son influence.

Un peu plus de 180.000 électeurs inscrits sont invités à répondre à la question suivante: « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? ».

La société néo-calédonienne est depuis des décennies aux prises avec la question de la décolonisation. En novembre 2018, lors d’un premier référendum prévu par l’accord de Nouméa, le « non » à l’indépendance l’avait emporté avec 56,7% des voix.

« La France ne veut pas perdre son point d’ancrage dans le Pacifique », déclare à Reuters Denise Fischer, une ancienne diplomate australienne en Nouvelle-Calédonie. « Seuls 18.000 votes séparaient les deux camps la dernière fois, et 33.000 personnes s’étaient abstenues. Maintenant, 6.000 personnes supplémentaires ont obtenu le droit de vote », ajoute-t-elle.

L’économie de la Nouvelle-Calédonie, soutenue par des subventions publiques de l’ordre de 1,3 milliard d’euros par an, s’appuie aussi sur le tourisme et l’extraction de nickel dont les gisements représentent, selon les estimations, jusqu’à 25% des réserves mondiales.

La Nouvelle-Calédonie, contrôlée par la France depuis 1853, jouit d’une certaine autonomie mais dépend aussi de l’Etat français pour des questions telles que la défense et l’éducation.

Les discussions sur l’avenir de l’île, située à 1.200 km à l’est de l’Australie et à quelque 17.000 km de Paris, ont commencé en 1988 après une décennie de conflits et de violences séparatistes qui ont culminé avec la prise d’otages d’Ouvéa, au cours duquel 19 Kanaks et deux soldats furent tués les 4-5 mai 1988, puis, un an plus tard, avec l’assassinat du leader indépendantiste Jean-Marie Tjibaou et de son bras droit au FLNKS Yéwéné Yéwéné lors de la commémoration du drame d’Ouvéa.

Une première étape est franchie en 1988 avec les Accords Matignon-Oudinot. Signés par les partis indépendantistes, les partis loyalistes et l’État français, ils créent trois provinces et marquent une reconnaissance officielle du peuple kanak.

Dix ans plus tard, l’accord de Nouméa fait de l’archipel une collectivité d’outre-mer à statut particulier et encadre les consultations à venir.

Si le « oui » l’emporte dimanche, il enclenchera « le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l’accès à un statut international de pleine responsabilité et l’organisation de la citoyenneté en nationalité ».

Si le « non » l’emporte, un troisième référendum pourrait être organisé, à la condition qu’un tiers des membres du congrès de Nouvelle-Calédonie le demande.

Pour assurer la réussite de la consultation de dimanche et garantir l’ordre public, l’Etat a envoyé plus de 350 gendarmes pour appuyer les unités sur place.

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