UBS: Les députés suisses envisagent une proposition moins stricte en matière de fonds propres
par Ariane Luthi
ZURICH, 9 juin (Reuters) – Les députés suisses envisagent une nouvelle proposition visant à assouplir les exigences en matière de fonds propres imposées à UBS, une mesure qui, si elle était adoptée, pourrait alléger de plusieurs milliards de dollars la charge qui pèse sur la banque helvétique en vertu d’un projet du gouvernement.
Un projet de loi présenté au Parlement suisse en avril vise à instaurer des règles plus strictes afin d’éviter qu’un cas tel que la faillite de Credit Suisse ne se reproduise, en exigeant qu’UBS couvre l’intégralité de la valeur comptable de ses filiales étrangères en Suisse en fonds propres de première catégorie (CET1).
UBS, seule grande banque d’envergure mondiale du pays depuis le rachat en urgence de sa compatriote Credit Suisse en 2023, a qualifié le projet de réglementation proposé d' »extrême ».
Quatre sources proches des négociations ont indiqué que, selon une nouvelle proposition à l’étude, UBS devrait couvrir ses filiales étrangères à hauteur d’environ 70% ou 80% de fonds propres CET1, au lieu des 100% exigés par le gouvernement.
Ces sources ont demandé à rester anonymes en raison du caractère confidentiel des discussions.
L’action UBS progresse de 1,98% à 38,59 francs suisses, son plus haut niveau depuis 2008.
Les tentatives du gouvernement d’imposer à la banque des exigences de fonds propres plus strictes ont récemment pesé sur le cours de l’action UBS et provoqué des tensions entre le groupe et la ministre des Finances, Karin Keller-Sutter.
Le gouvernement estime que son plan obligerait UBS à lever environ 20 milliards de dollars (17,33 milliards d’euros) de fonds propres CET1 supplémentaires, tandis qu’une exigence de couverture de 80% ramènerait ce montant à environ 15 milliards de dollars, ont indiqué des analystes à Reuters.
Afin de renforcer la compétitivité d’UBS, certains députés préconisent de recourir en partie à des fonds propres additionnels de catégorie 1 (AT1), moins coûteux, en complément des CET1.
Le gouvernement estime toutefois que les fonds AT1 comportent un risque plus élevé.
Le projet de loi sera soumis au vote du Parlement plus tard cette année.
(Ariane Luthi, version française Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)
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