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Stellantis-Un plan de croissance à €60 mds, la Bourse a des doutes

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par Nora Eckert

AUBURN HILLS, Michigan, 21 mai (Reuters) – Stellantis a dévoilé jeudi un nouveau plan stratégique de 60 milliards d’euros passant par le lancement de 60 nouveaux modèles d’ici 2030, de nouveaux investissements technologiques, de nombreux partenariats et une meilleure utilisation de ses usines.

Le groupe automobile franco-italo-américain, confronté à de grandes difficultés commerciales et qualité et à des charges massives sur sa stratégie d’électrification, a également annoncé un recentrage de son imposant portefeuille de 14 marques sur Jeep, Ram, Peugeot et Fiat, ainsi que sur sa division de véhicules utilitaires Pro One.

Celles-ci ​recevront 70% des investissements marques ‌et produits du nouveau plan nommé « FaSTLAne 2030 », tandis que la marque premium DS sera à nouveau ​attachée à Citroën, et Lancia à Fiat.

Ces ⁠premières annonces, faites par le directeur général Antonio Filosa devant les investisseurs, ont été accueillies avec prudence et l’action Stellantis ‌perdait plus de 6% en fin de ‌séance à la Bourse de Paris contre un recul de 0,5% pour l’indice européen regroupant les valeurs automobiles.

« Fixés pour 2030, les objectifs sont lointains comme on le craignait, et il faudra surtout qu’ils abordent aujourd’hui les étapes intermédiaires et la question de l’exécution », commente Philippe Houchois, analyste chez Jefferies.

Elles constituent aussi un coup de volant majeur ​dans la stratégie de Stellantis. Contrairement à son prédécesseur Carlos Tavares, emporté fin 2024 par les difficultés du groupe, Antonio Filosa est prêt à concentrer les efforts sur les marques les plus rentables et à externaliser le développement de technologies onéreuses auprès de partenaires comme la start-up de véhicule autonome Wayve..

UN PLAN ANCRÉ « DANS LA RÉALITÉ »

Ces mesures devraient permettre au constructeur automobile né de la fusion entre PSA et FCA d’atteindre en 2030 une marge opérationnelle ajustée de 7%, un free cash flow industriel de six milliards d’euros, contre une hémorragie de 4,5 milliards l’an dernier, et un chiffre ⁠d’affaires de 190 milliards d’euros.

Stellantis, confronté depuis la fin 2024 à des difficultés commerciales et qualité, puis à des charges massives sur sa stratégie d’électrification, avait enregistré des free cash flows ⁠négatifs à hauteur de six milliards en 2024, puis de 4,5 milliards en 2025, et vise cette année une marge dans le bas d’une fourchette à un chiffre.

Les objectifs d’Antonio Filosa sont nettement plus prudents que ceux du plan précédent porté par son prédécesseur Carlos Tavares, qui visait un doublement du chiffre d’affaires net à 300 milliards d’euros et plus de 20 milliards de free cash flow à l’horizon 2030, ainsi qu’une marge opérationnelle à deux chiffres sur la période du plan.

« Le plan est ancré dans la réalité (…) et est conçu pour ⁠créer les ‌conditions d’une croissance profitable et durable », a dit le directeur général de Stellantis.

« C’est plus qu’une stratégie produits, c’est une stratégie de profit », a ⁠ajouté Tim Kuniskis, directeur des marques nord-américaines du groupe.

LE RETOUR DE LA 2CV

Pour remédier aux fragilités structurelles apparues au sein du ​quatrième groupe automobile mondial ​par les ventes, le constructeur né en 2021 de la fusion entre PSA et FCA va également rationaliser ses plateformes de véhicules, avec une nouvelle architecture « STLA One » multi-énergie qui servira à ​l’avenir de base pour les voitures de petite, moyenne et grande taille du groupe.

Au total, 50% des volumes seront obtenus grâce à seulement trois plateformes mondiales – STLA One, e-Car et Vans – et le groupe prévoit d’investir 24 milliards d’euros dans ses ‌plateformes, ses groupes motopropulseurs et les nouvelles ​technologies.

Le groupe, qui a aussi perdu des parts de marché à cause d’un positionnement tarifaire trop élevé, entend améliorer à nouveau sa couverture de marché, avec des pick-ups et SUV plus ​abordables en Amérique du Nord, et le projet e-Car à moins de 15.000 euros, incarné dans la présentation par une photo de l’iconique 2CV qui pourrait faire son retour en électrique.

Pour faire face à la concurrence des nouveaux venus chinois, réputés pour des temps de développement ultra-rapides, Stellantis veut aussi réduire à 24 mois, contre 44 actuellement, son cycle de développement produit.

Afin de mieux utiliser ses usines, Stellantis entend aussi réduire de 17% ses capacités de production en Europe élargie – soit 800.000 unités de moins entre 2025 et 2030 – sans fermer d’usine mais en transformant certaines, comme Poissy, ou en partageant d’autres avec des constructeurs chinois, ⁠comme Rennes et deux sites en Espagne.

Le constructeur vise aussi six milliards d’euros de réductions de coûts annuelles d’ici 2028, par rapport à 2025, et entend reprendre l’avantage grâce à l’échelle que lui donne sa taille.

« La flexibilité pour les clients va de pair avec la discipline financière, conséquence de l’échelle et ​de l’efficacité », a dit Davide Mele, directeur du planning produit.

(Nora Eckert, avec Giulio Piovaccari à Milan et ​Gilles Guillaume à Paris, édité par Augustin Turpin et Blandine Hénault)

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