Iran: Téhéran dément toute exécution de manifestants, Trump « surveille »
par Parisa Hafezi et Steve Holland
DUBAI/WASHINGTON, 15 janvier (Reuters) – Donald Trump semble jouer la montre sur l’Iran après avoir brandi de nombreuses fois ces derniers jours la menace d’une intervention des Etats-Unis face à la répression du mouvement de contestation en cours dans la République islamique.
Citant des « sources très importantes dans l’autre camp », le président américain a déclaré mercredi à des journalistes que la répression paraissait s’atténuer et penser que Téhéran ne prévoyait pas de procéder à de premières exécutions de manifestants, contrairement à ce que laissait entendre initialement le département d’Etat.
Tout en répétant que Washington n’excluait pas une opération militaire contre l’Iran et « surveillait la situation », il a ajouté que son administration avait reçu un « excellent communiqué » de la part de Téhéran.
Des personnes se trouvant en Iran, contactées par Reuters mercredi et jeudi, ont déclaré que les rassemblements semblaient moins nombreux depuis lundi.
L’ampleur de la répression des manifestations qui secouent l’Iran depuis le 28 décembre est difficile à mesurer alors que les autorités ont coupé depuis sept jours le réseau internet dans le pays. Elle a coûté la vie à 2.500 personnes au moins, selon les organisations de défense des droits humains iraniennes basées à l’étranger.
D’après l’une d’elles, Hengaw, les autorités ont condamné à mort et prévoyaient d’exécuter mercredi un jeune homme de 26 ans arrêté lors d’un rassemblement de protestation près de Téhéran. Hengaw a précisé par la suite avoir appris de ses proches que l’exécution avait été suspendue.
L’agence de presse du pouvoir judiciaire a démenti qu’Erfan Soltani ait été condamné à mort, ses chefs d’accusation de « conspiration contre la sécurité intérieure du pays » et d' »activités de propagande contre le régime » n’étant selon elle pas passibles de la peine capitale.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi a quant à lui affirmé sur la chaîne américaine Fox News qu’il n’y avait « pas de projet de pendaison » dans les prochains jours.
« UNE PÉRIODE INTÉRESSANTE À SUIVRE »
Devant les journalistes, Donald Trump ne s’est pas prononcé sur les risques d’une chute du régime théocratique iranien. « Qu’il tombe ou non, c’est une période intéressante à suivre », a-t-il dit.
Dans une interview accordée à Reuters, le président américain a également mis en doute la capacité de l’opposant et fils du chah Reza Pahlavi, qui vit en exil aux Etats-Unis, à rassembler des soutiens dans son pays « même s’il semble très sympathique ».
Ses propos sont venus tempérer l’hypothèse d’une intervention militaire imminente des Etats-Unis qui a couru mardi. Les cours du pétrole se sont repliés de leurs plus hauts niveaux en plusieurs mois atteints précédemment et l’or, valeur-refuge par excellence, a également baissé.
Mardi, Donald Trump avait encouragé les Iraniens à continuer de manifester, assurant que « l’aide arrive ». Téhéran a en retour menacé de mener des frappes aériennes sur des bases militaires américaines situées au Moyen-Orient en cas d’intervention des Etats-Unis et multiplié les contacts diplomatiques avec ses voisins comme la Turquie et l’Arabie saoudite.
Lancé par les commerçants du Grand Bazar de Téhéran protestant contre une inflation galopante et la chute du rial, le mouvement de contestation a pris une tournure politique et s’est étendu à de nombreuses villes de province, devenant le mouvement de contestation le plus vaste depuis celui de « Femme, vie, liberté » déclenché par la mort en détention de Mahsa Amini en septembre 2022, après son arrestation par la police des moeurs pour un port de voile « non conforme ».
(Avec la contribution de Tala Ramadan, Nayera Abdallah à Dubaï, rédigé par Tom Perry ; Jean-Stéphane Brosse pour la version française, édité par Kate Entringer)
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