Donald Trump présente son plan pour le Proche-Orient, un « pas de géant » vers la paix
Donald Trump a présenté mardi un plan de paix pour le Proche-Orient qui entérine la souveraineté israélienne sur les colonies de Cisjordanie et propose quatre ans de négociations pour parvenir à la création d’un Etat palestinien morcelé avec Jérusalem-Est pour capitale.
Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a immédiatement annoncé qu’il s’opposerait aux propositions « agressives » du président américain.
En vertu de ce plan dont le président américain a présenté certains aspects à la Maison Blanche en compagnie du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, les Etats-Unis reconnaîtront les colonies israéliennes de Cisjordanie en échange de la promesse qu’aucune nouvelle implantation ne verra le jour pendant quatre ans, ce qui permettrait la relance des pourparlers israélo-palestiniens, au point mort depuis 2014.
« Israël a fait aujourd’hui un pas de géant vers la paix », a déclaré Donald Trump, avec Netanyahu à ses côtés. Une lettre a été adressée au président palestinien Mahmoud Abbas pour l’informer de ce plan, a-t-il précisé.
Parlant d’un « jour historique », Benjamin Netanyahu l’a comparé à la reconnaissance de l’Etat d’Israël par le président Harry Truman en 1948. « Aujourd’hui, vous êtes devenu le premier dirigeant mondial à reconnaître la souveraineté d’Israël sur les zones de Judée et de Samarie qui sont vitales pour notre sécurité et se trouvent au cœur de notre patrimoine », a-t-il ajouté, utilisant les noms bibliques de la Cisjordanie occupée.
Le président américain lui avait présenté ce plan lundi, tout comme à son adversaire centriste Benny Gantz, qui l’affrontera le 2 mars lors des troisièmes législatives israéliennes en moins d’un an.
L’Autorité palestinienne, qui n’était pas représentée à Washington, l’avait quant à elle récusé par avance en taxant l’administration Trump de partialité, mais Washington espère, qu’avec le temps, elle finira par accepter la reprise de négociations, dit-on de sources américaines.
Le texte dresse toutefois de nombreux obstacles sur la voie de la création de cet Etat palestinien. Il est le fruit de trois ans de réflexion sous la conduite de Jared Kushner, gendre du président, et de ses conseillers Avi Berkowitz et Jason Greenblatt.
« QUATRE ANS DE PLUS »
Donald Trump aurait donné son aval à une représentation cartographique des deux Etats. En terme de superficie, l’Etat palestinien ferait le double de celui qui est actuellement administré par Ramallah et des routes, des ponts et des tunnels permettraient d’en assurer la continuité, selon de hauts fonctionnaires américains.
« Pour tracer la carte, il est incroyablement difficile de créer une continuité pour un Etat palestinien en raison de ce qui s’est passé au cours des 25 dernières années. Si nous ne faisons pas ce gel maintenant, je pense donc que leur chance d’obtenir un Etat s’envolera », a déclaré l’un de ces responsables américains, évoquant la croissance des colonies juives.
« Nous leur avons donc globalement obtenu quatre ans de plus pour se rassembler et essayer de négocier un accord pour qu’ils deviennent un Etat, et je pense que c’est une énorme opportunité pour eux », a-t-il poursuivi, ajoutant sans plus de précisions que, s’ils acceptent de négocier, certains points pourraient faire l’objet de compromis par la suite.
Interrogés sur ce que les Etats-Unis sont prêts à faire pour ramener les deux parties à la table des négociations, les responsables américains informés de la teneur du plan ont estimé que les Palestiniens devaient au préalable accepter le principe de la reprise des négociations.
Benjamin Netanyahu et Benny Gantz se sont d’ores et déjà dits prêts à les reprendre sur la base du plan Trump-Kushner, ajoutent-ils, précisant que le feu vert de l’Etat hébreu à la création d’un Etat palestinien dépendra de futurs arrangements de sécurité pour protéger les Israéliens.
Israël prendra de son côté des mesures pour garantir l’accès des musulmans à la mosquée Al Aksa de Jérusalem et respectera le rôle de la Jordanie en tant que gardienne des lieux saints de l’islam.
Le plan conditionne par ailleurs la création de l’Etat palestinien à une série de mesures destinées à garantir le respect des droits de l’homme, la liberté de la presse, la transparence et la crédibilité des institutions.
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