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Cameroun/De l’islam au Christianisme: André M. Mbouya, l’illettré devenu Apôtre de Jésus-Christ

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Ancien antéchrist formé dans les mosquées de Yaoundé et prêt à mourir pour une espérance morte, l’apôtre Marius a vu sa destinée basculer en 2005 à la suite d’une rencontre bouleversante avec le Christ. Aujourd’hui à la tête des Assemblées Missionnaires La Voix du Saint-Esprit, implantées à Bafoussam, cet homme de Dieu atypique secoue le landerneau chrétien au Cameroun. Dans cet entretien exclusif accordé au Journal Chrétien, il revient sans langue de bois sur son parcours hors du commun, les persécutions de ses débuts, la genèse de son ministère axé sur la stricte vérité, et son regard prophétique sur un corps du Christ en quête de repères authentiques à travers tout le pays.

Le Journal Chrétien : Bonjour, apôtre Marius. Merci de nous recevoir. Pour commencer cet entretien, dites-nous : comment un ancien pratiquant de l’islam, engagé à l’époque contre le christianisme, en est-il venu à rencontrer le Seigneur et à porter aujourd’hui la vision de La Voix du Saint-Esprit au Cameroun ?

Apôtre Marius : Déjà, je tiens à remercier une fois de plus le Journal Chrétien pour cette opportunité, nous ne prenons rien pour acquis. Je remercie donc le Journal Chrétien et son visionnaire où qu’il se trouve ; que le Seigneur les bénisse et bénisse cette initiative qui encourage les mouvements chrétiens.
Parlant de ma rencontre avec le Seigneur, j’aimerais rappeler que d’ici un mois j’aurai 41 ans, et par la grâce de Dieu, cela fait pratiquement vingt et un ans que je marche avec le Christ. Je n’ai donc pas connu le temps de la jeunesse insouciante, car dès l’âge de 17 ans, j’ai eu un parcours dans l’islam. J’étais alors à Yaoundé, où je priais à la grande mosquée de Tsinga et celle qui est à Obili. Mon engagement dans l’islam m’avait conduit à un niveau où l’on souhaitait m’envoyer en Arabie saoudite pour étudier profondément l’islam pour rentrer au Cameroun en tant qu’imam. On m’avait d’ailleurs donné le surnom d’Abdel-Aziz.
Avant ma conversion et ma rencontre avec le Seigneur, j’étais un antéchrist. Pour employer une image actuelle, je faisais un peu partie de ces mouvements — comme ce qu’on observe aujourd’hui avec la DDRE en Côte d’Ivoire — qui essaient de semer la confusion dans le christianisme. Nous disions : « Chez nous, on dit *Ashhadu an la ilaha illa-llah, Muhammadan rasulu-llah* », c’est-à-dire qu’il n’existe qu’un seul Dieu, Allah, et que Mahomet est son messager. Nous reprochions aux chrétiens de croire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, en essayant de démontrer qu’il est impossible qu’il y ait un Dieu le Père, un Dieu le Fils et un Dieu le Saint-Esprit. Il faut bien le reconnaître, nous étions dans l’ignorance. Le concept de la Trinité, c’est simplement trois en un : il n’y a pas trois Dieux, mais un seul Dieu qui opère parfois sous des formes différentes.
J’étais donc de ceux qui utilisaient leurs acquis dans l’islam pour détourner les esprits faibles du christianisme et semer la zizanie. C’est alors qu’un soir, aux environs de 17 heures, j’ai fait une rencontre miraculeuse, celle qui change une destinée. J’avais l’impression de vivre ce que l’apôtre Paul a vécu sur le chemin de Damas. Personne ne m’avait jamais prêché l’évangile, personne ne m’avait jamais parlé de Jésus auparavant. C’était fin 2005, et le Seigneur m’a appelé par mon nom au diaconat, tout en m’indiquant où je devais aller.

L’apôtre André Maruis Mbouya  » ..Le Christianisme n’est pas une religion mais une relation avec Christ « (Crédit photo : Le Journal Chrétien/ ASAN)

Le Journal Chrétien : « Ça s’est passé en quelle année, homme de Dieu ? 

Nous étions en 2005. Lorsque le Seigneur m’a parlé et m’a envoyé, le révérend Claude Bernard — qui était le responsable régional de la Bible Church au Cameroun, une œuvre implantée aussi à l’extérieur — venait d’arriver à Mbouda pour implanter une cellule. L’Esprit de Dieu m’a dirigé vers lui. C’est avec lui que j’ai fait mes premiers pas dans le christianisme et que j’ai suivi l’école de discipolat pour être formé.
J’ai abordé le christianisme avec la même passion dévorante, la même intensité que celle que j’avais dans l’islam. Au début, j’ai même ressenti une certaine déception dans mes premiers pas. Moi qui sortais de l’islam et qui étais prêt à mourir pour une espérance morte — car c’est là toute la différence : l’islam repose sur une espérance morte, tandis que le christianisme repose sur une espérance vivante, ancrée en Celui qui a vaincu la mort et qui est vivant aujourd’hui —, j’ai vu combien le Christ demeure agissant à travers les hommes et les femmes qu’Il a appelés. Regardez dans le livre des Actes des Apôtres : ceux qui l’avaient crucifié avaient l’impression, après sa mort, qu’il était plus vivant que jamais à travers la vie de ses disciples. C’est d’ailleurs des païens d’Antioche, et non des croyants, qui ont pour la première fois qualifié les disciples de « chrétiens », voyant qu’ils étaient la partie visible du Dieu invisible, par leur caractère et leur manière de raisonner.
Je tiens à préciser une chose : le christianisme n’est pas une religion, car la religion repose sur la tradition, alors que le christianisme est une affaire de relation. Le salut est une démarche individuelle, et je suis devenu chrétien par une action individuelle, touché par un amour divin incommensurable qui m’a enveloppé en 2005 sans me demander de comptes sur mon passé ou mes péchés. Depuis lors, je suis pleinement dans sa mission.
Dès mes débuts, j’ai eu la grâce d’être encadré à une époque où la persécution était encore intense. La persécution a un grand bénéfice : elle nous unit, tandis que l’absence de persécution nous divise. À Bafoussam, à une époque où il n’était pas toléré d’être chrétien, cette persécution m’a forgé. J’ai été encadré par plusieurs pères et pasteurs dans les classes de discipulat. Je citerai, entre autres, le pasteur Claude, le révérend Josué , le révérend Jérémie de la CMCI, le feu révérend Rémom Kala de la Mission de Réveil, ainsi que le docteur Joël qui est toujours là aujourd’hui. Cela fait vingt et un ans que je marche avec le Christ, et si tout était à refaire, je le choisirais encore avec joie.

Journal Le Chrétien : Cela se ressent à travers la passion avec laquelle vous en parlez. Venons-en maintenant à l’appel. À quel moment le disciple est-il introduit dans la mission qui lui est confiée ? Comment cet appel s’est-il déployé et comment le manifestez-vous aujourd’hui, apôtre ?

Apôtre Marius : Je répondrai en disant que dès les premiers jours de ma conversion, un feu intense brûlait en moi, nourri par un besoin particulier : le salut de ma génération. J’avais ce désir ardent et une seule vision, celle que Dieu puisse m’utiliser un jour pour sauver les âmes de mon époque. C’est au cours d’un moment de prière intense que le Seigneur m’a parlé pour la première fois de *The Voice of the Holy Spirit* (La Voix du Saint-Esprit), en 2006. Il m’a tout révélé à cette date, mais la vision ne s’est concrétisée qu’en 2018. Vous comprenez qu’il m’a fallu près de douze ans d’attente, assis aux pieds des pères, pour être encadré et formé.

Le Journal Le Chrétien : On se doute bien qu’une telle vision divine a dû faire face à de nombreux défis. Pouvez-vous nous évoquer les obstacles auxquels La Voix du Saint-Esprit a été confrontée depuis le début ?

« j’ai grandi comme fils de Pasteur traversant plusieurs malaises »( Crédit photo : Le Journal Chrétien/ASAN)

Apôtre Marius : La devise de notre ministère étant « Vérité, Sainteté et Justice », je me dois de dire les choses telles qu’elles se sont passées. J’ai grandi comme fils de pasteur, traversant beaucoup de malaises. J’ai été au cœur de nombreux programmes de réveil et j’ai assisté à beaucoup de manipulations. La Voix du Saint-Esprit est aussi née de mon parcours scolaire : je n’ai pas fait de longues études. Dans mes soupirs, je pleurais chaque jour devant Dieu en disant : « Si seulement tu m’avais accordé la capacité de communiquer ! » Et le Seigneur m’a répondu : « C’est moi qui ai été ton blocage à l’école, afin que tu ne dépendes pas de ton savoir, mais que tu deviennes ma voix pour ta nation. » C’est ainsi qu’est née cette vision.

Le Journal Le Chrétien : De telles prises de position impliquent nécessairement de fortes persécutions et des rejets, d’autant plus que vous portez un regard critique sur certaines pratiques observées auprès de vos aînés. Comment vivez-vous cette singularité et les difficultés qui en découlent aujourd’hui ?

Apôtre Marius : De toute la douleur que j’ai connue — et j’en ai connu —, je dirais qu’au commencement, La Voix du Saint-Esprit a été totalement rejetée. J’assume mes propos. Étais-je surpris ? Non, car j’y étais préparé. Lorsque vous choisissez d’être une voix discordante face à l’établi, vous devez accepter d’être rejeté, à moins de vous aligner. Mais comme le dit le Seigneur dans Matthieu 10:22 : « Celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. » J’ai été rejeté, maudit par plusieurs pères de l’église, et j’ai même reçu du poison, car mon ministère venait bousculer un système bien établi.
Faisons un calcul mathématique simple. On nous présente la multiplication des églises comme le signe d’un réveil, au point d’en trouver une tous les 100 mètres. Pourtant, chaque année, nous multiplions les veillées de prière pour implorer le réveil. Si nous avons autant d’églises et que nous continuons à prier pour le réveil, qu’est-ce que cela signifie ? Cela prouve que l’esprit qui anime ces églises n’est pas celui de Dieu. Le véritable réveil ne vient pas flatter les égos, il vient convertir les âmes. Aujourd’hui, l’Église a perdu sa place parce que des milliers de personnes se rassemblent le dimanche uniquement pour courir après le pain, à l’image des foules de Luc 9 qui suivaient Jésus pour la nourriture, attirées par les promoteurs de miracles et de phénomènes magiques. Très peu portent le véritable fardeau du salut des âmes. Pourtant, le premier battement du cœur de Dieu, c’est le salut : la Bible dit qu’il y a de la joie au ciel lorsqu’une seule âme se repent, mais elle ne dit jamais cela lorsqu’un malade est guéri. La guérison est un phénomène naturel que Dieu accorde dans sa compassion, car il fait pleuvoir sur les bons et les méchants. Mais le salut, c’est autre chose.

Le Journal Le Chrétien : Pour avancer dans notre entretien, pourquoi avoir choisi d’implanter votre ministère précisément à Bafoussam ? Est-ce une direction divine ?

Apôtre Marius : Avant même le lancement officiel de La Voix du Saint-Esprit, j’exerçais déjà. Je n’avais pas de problème de puissance spirituelle, car en cherchant Dieu, je l’avais trouvée. Mon père spirituel, le révérend Claude Bernard, peut en témoigner, car il a vu de nombreux phénomènes miraculeux se produire à travers moi. Avant de fonder ce ministère, j’avais déjà influencé une grande partie de la jeunesse : plusieurs sont aujourd’hui pasteurs au  Plein Évangile , à Winner Chapel, ou visionnaires de leurs propres ministères.
J’ai été le dernier à implanter ma propre structure, car je crois qu’on ne se sert pas de Dieu ; ce qu’Il ne demande pas de faire, on le fait en vain. Quand le temps de Dieu est enfin arrivé en 2018, Il m’a dit : « Plante mon œuvre. » J’ai réalisé à quel point le Seigneur avait activé en moi des dimensions de compréhension. Moi-même, j’étais émerveillé. Ceux qui me connaissaient depuis l’enfance disaient : « On ne comprend pas comment cet illettré est devenu un grand formateur. » Et comme vous avez pu le constater la plupart de mes fils spirituels sont des intellectuels ! L’illettré est devenu, par la grâce du Saint-Esprit, l’encadreur des intellectuels. C’est ce que je peux dire.

Journal Le Chrétien : À combien s’élève aujourd’hui le nombre d’assemblées de La Voix du Saint-Esprit et pourquoi lancez- vous l’appel à la prière pour la Nation et les autorités ?

Apôtre Marius : La mission des Assemblées Missionnaires La Voix du Saint-Esprit poursuit son bonhomme de chemin, portée par la grâce de Dieu et par la ferme conviction de demeurer ancrée dans la vérité, malgré les soubresauts et les incompréhensions des hommes. Sans vouloir parler des chiffres, je vais plutôt dire que la véritable force d’une œuvre ne réside pas dans la quantité de ses bâtiments, mais dans la qualité des disciples qu’elle forme pour le Royaume des cieux.

Pour ce qui est de l’initiative de la prière pour la nation — qui suscite parfois des interrogations ou des regards sceptiques —, elle procède d’une obligation scripturaire incontournable. La Bible nous exhorte, dans le livre de Jérémie ainsi que dans les épitaphes pauliniennes, à prier pour les autorités et pour les pays où nous résidons, car c’est de leur paix que dépend notre paix. L’Église ne saurait se désintéresser de sa patrie. Lorsque nous intercédons pour le Cameroun, ses institutions et ses dirigeants, nous manifestons l’amour du Christ et notre responsabilité prophétique au cœur de la cité. C’est un acte de foi citoyen, et non un positionnement politique.
Voilà, cher journaliste, ce que l’on peut dire pour éclairer les lanternes des abonnés de votre site et de tous les lecteurs qui nous suivent à travers le monde. Que le Seigneur bénisse le Journal Chrétien pour ce travail d’information et d’édification -/-




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