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Appels à la démission de Keir Starmer après la victoire d’Andy Burnham

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par Andy Bruce et Andrew MacAskill

WIGAN, ANGLETERRE, 19 juin (Reuters) – Nombre de membres du gouvernement britannique vont demander ce vendredi au Premier ministre Keir Starmer d’établir un calendrier précisant la date de son départ, selon le Times, estimant que son « heure était venue » maintenant qu’Andy Burnham est de retour au Parlement.

Ce dernier, le populaire maire travailliste du Grand Manchester, Andy Burnham, a en effet facilement remporté l’élection législative partielle de la circonscription de Makerfield, dans le nord-ouest de l’Angleterre, ce qui lui ouvre ​la voie à une ‌éviction de l’actuel locataire du 10, Downing Street.

Surnommé le « Roi du Nord », Andy Burnham a ​été élu avec 54,8% des voix, ⁠tandis que le candidat du parti populiste Reform UK de Nigel Farage est arrivé en deuxième position avec ‌un score de 34,5%, selon les ‌résultats du scrutin annoncés vendredi, au lendemain du vote.

Il s’agit d’une première étape permettant à Andy Burnham, qui jouit d’une forte popularité au sein du Parti travailliste, de déloger Keir Starmer, au contraire confronté à une fronde ouverte au sein de sa propre formation depuis une déroute historique aux élections ​locales du 7 mai.

Aux termes du règlement du Parti travailliste, qui n’a jamais évincé un Premier ministre issu de ses rangs en 125 ans d’histoire, une motion de défiance à l’encontre du chef du gouvernement au profit d’un remplaçant doit recueillir les signatures de 20% du groupe parlementaire, soit 81 députés.

S’exprimant après son élection, Andy Burnham a déclaré que celle-ci pourrait constituer un « tournant ».

« Nous devons en tenir compte, nous devons agir en conséquence, et nous devons faire les bons choix », a-t-il dit. « Il n’y aura pas de seconde chance. »

Keir ⁠Starmer a répété qu’il se battrait pour conserver son poste en cas de motion de défiance après avoir auparavant félicité son rival, écrivant sur X : « Les électeurs ont ⁠préféré la campagne d’espoir et d’optimisme du Parti travailliste à celle de la division et de la haine. »

S’exprimant plus tôt dans la journée devant des journalistes, le Premier ministre, en poste depuis 2024, a estimé qu’une remise en cause de sa position n’était pas une bonne chose pour le pays, tout réaffirmant qu’il ne se déroberait pas.

« S’il y a une motion de défiance (…) alors oui, je me présenterai, je serai candidat », a-t-il dit.

UN MEILLEUR REMPART FACE À REFORM UK

Andy Burnham, qui rejette ⁠toute ‌polarisation de la vie politique, devrait maintenant s’efforcer de convaincre Keir Starmer de renoncer à son poste pour éviter ainsi une ⁠querelle des chefs au Parti travailliste.

L’ampleur de sa victoire à la législative partielle – les sondages avaient suggéré un ​scrutin plus serré – illustre, selon ​certains élus travaillistes, l’élan qui porte le maire du Grand Manchester, vu comme un meilleur rempart que Keir Starmer face à Reform UK.

Le parti de Nigel Farage ​est, depuis un an, en tête dans les sondages pour remporter les élections législatives de 2029.

La ministre de la Culture Lisa Nandy, alliée de premier plan d’Andy Burnham, a déclaré aux journalistes qu’elle s’attendait à ce ‌que celui-ci et Keir Starmer se parlent ​rapidement.

Autre preuve de l’affaiblissement du chef du gouvernement au sein de son parti, l’ancien ministre de la Santé Wes Streeting, qui a démissionné en mai pour s’opposer ​à Keir Starmer, a menacé d’accélérer la procédure de motion de défiance si celui-ci n’acceptait pas de céder la place.

La victoire d’Andy Burnham prouve que le Parti travailliste doit changer, a-t-il ajouté.

Si le maire du Grand Manchester parvenait à ses fins, il deviendrait le septième Premier ministre britannique en un peu plus de 10 ans, un rythme de succession jamais vu depuis près de deux siècles.

Andy Burnham, 56 ans, partisan de la nationalisation des services publics – à l’image de ce qu’il a fait à Manchester, la deuxième ville du pays – avait échoué dans ⁠ses tentatives passées pour prendre la tête du Parti travailliste, en 2010 et 2015.

En cas d’installation au 10 Downing Street, son premier défi sera de convaincre les investisseurs obligataires que ses projets sont susceptibles de renforcer les finances publiques à long terme et non pas, ​comme ils semblent actuellement le croire, de les détériorer davantage.

(Reportage Andy Bruce, Andrew MacAskill et ​Elizabeth Piper, version française Benjamin Mallet et Benoit Van Overstraeten)

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