Les priorités de l’Union européenne sur le Brexit inchangées malgré le coronavirus
PARIS/BERLIN (Reuters) – La crise liée à l’épidémie de coronavirus ne facilitera pas le Brexit mais ne modifie pas les priorités européennes sur les négociations en cours visant à parvenir à un accord sur les relations futures entre le Royaume-Uni et ses partenaires européens, estiment vendredi les gouvernements allemand et français.
La Grande-Bretagne est formellement sortie de l’UE le 31 janvier dernier mais sans conséquence dans l’immédiat, puisque le pays est entré dans une période de transition durant laquelle il demeure soumis aux règles et obligations communautaires, le temps de négocier les futurs arrangements et d’éviter une sortie « sèche ».
Cette période s’achève à la fin de l’année et les négociateurs britanniques et européens continuent à discuter, même si la crise liée au coronavirus mobilise les exécutifs sur d’autres sujets prioritaires et nourrit les doutes qui existaient déjà sur la capacité des deux parties à s’entendre dans le délai imparti.
Le négociateur européen en chef, Michel Barnier, qui rendait compte vendredi du deuxième « round » de discussions, a reconnu qu’il n’y avait guère eu d’avancée tangible et qu’il n’était pas question pour l’UE d’accepter des progrès sur un nombre limité seulement de dossiers liés à la négociation.
« Le Royaume-Uni ne peut pas imposer ce calendrier très serré de négociations et, dans le même temps, ne pas bouger, ne pas progresser sur certains sujets qui sont importants pour l’Union européenne », a-t-il dit.

Le négociateur en chef des Européens, Michel Barnier, qui rendait compte vendredi du deuxième round de discussions, a reconnu qu’il n’y avait guère eu de progrès tangible et qu’il n’était pas question pour l’UE d’accepter des progrès sur un nombre limité seulement de dossiers liés à la négociation. /Photo prise le 5 mars 2020/REUTERS/Johanna Geron
L’horloge tourne plus vite que jamais, a-t-il souligné.
Le gouvernement britannique a également reconnu que les avancées étaient pour le moment timides.
« Nous avons eu un cycle de négociations complet et constructif, mené à distance par visioconférence, avec beaucoup de discussions sur toutes les questions, sur la base des textes juridiques détaillés fournis par les deux parties ces dernières semaines », a commenté une porte-parole du gouvernement dans un communiqué. « Des progrès limités ont été accomplis pour combler nos divergences », a-t-elle ajouté.
« LES BRITANNIQUES ONT LA CLEF »
Le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, dont le pays assurera la présidence tournante de l’UE au second semestre, a convenu vendredi que la pandémie ne faciliterait pas les choses.
Pour autant, a-t-il ajouté, « dire si je pense qu’une extension des négociations du Brexit et des échéances fixées à la fin de l’année dernière serait ou non une bonne chose serait inutile puisque le gouvernement britannique rejette cette option et l’a clairement dit la semaine dernière ».
L’Allemagne, a-t-il poursuivi, tâchera de faire en sorte que sa présidence de l’UE garantisse un « bon résultat » pour les Européens comme pour le Royaume-Uni.
A Paris, la secrétaire d’Etat chargée des Affaires européennes, Amélie de Montchalin, a déclaré vendredi lors d’une audition au Sénat que les priorités de l’Europe dans ces négociations étaient « inchangées » et qu’une sortie sans accord serait un « choc » dont les Britanniques auraient le plus à redouter.
Les Européens, a-t-elle rappelé, réclament notamment des règles du jeu équitables entre le Royaume-Uni et le marché intérieur pour assurer une concurrence loyale et des dispositions précises sur la gouvernance, sur la pêche et sur les conditions commerciales.
« Nous sommes sur ces quatre points-là absolument d’accord à Vingt-Sept qu’il ne peut pas y avoir d’accord si nous ne trouvons pas les conditions pour avancer », a-t-elle dit au lendemain d’un conseil européen en visioconférence dont, signe des temps, le compte rendu ne mentionne pas un dossier qui a monopolisé les esprits pendant des mois et des mois.
« Il faut avoir en tête que la négociation est importante mais ce sont les Britanniques qui ont la clef de son déroulé (…) Nous pensons qu’il est important de donner ses chances aux négociations mais un choc supplémentaire lié au Brexit dans le contexte actuel de crise serait bien sûr observé, mais les Britanniques sont vraiment ceux qui en souffriraient le plus », a-t-elle ajouté.
(Michelle Martin à Berlin, Michel Rose à Paris et Philip Blenkinsop à Bruxelles; Version française Henri-Pierre André et Claude Chendjou)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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