Les secteurs du commerce et du tourisme sont gagnés par l’inquiétude
PARIS (Reuters) – Instruits du lourd précédent des « Gilets jaunes », les secteurs du commerce et de l’hôtellerie s’inquiètent en France des répercussions de la mobilisation contre la réforme des retraites et des grèves reconductibles, à une période cruciale de l’année.
Les syndicats ont annoncé vendredi une nouvelle journée de grèves et de manifestations dans le pays le 10 décembre.
« Si ça dure, c’est un drame. Ça fera deux fois que les fêtes de fin d’année sont ‘flinguées’ à un an d’intervalle », déclarait dès jeudi sur Europe 1 Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France.
Jeudi, premier acte des grèves et manifestations organisées par les syndicats dans un bras de fer qu’ils souhaitent décisif avec le gouvernement, la préfecture de police de Paris avait ordonné la fermeture des boutiques, banques, cafés, restaurants sur le parcours du cortège parisien pour éviter des saccages.
« Pour le commerce, ça représente 30% au minimum de perte de chiffre d’affaires sur une journée », précise Francis Palombi. « Il y a un manque à gagner sur tout Paris. On arrive après les ‘Gilets jaunes' », ajoute-t-il, évoquant des indemnisations.
Au sein du groupe Casino, les commerçants avaient paré aux perturbations. « Comme la date de la grève était connue, on a anticipé pour les stocks et on s’est organisé, donc pas de craintes« , a dit une porte-parole à Reuters.
Au plus fort du mouvement des « Gilets jaunes« , qui a débuté à l’automne 2018, le gouvernement a mis en oeuvre des aides en faveur des entreprises du commerce et de l’artisanat confrontées à une perte de chiffre d’affaires, des difficultés de trésorerie et des dégradations matérielles.
Selon le gouvernement, plus de 10.000 entreprises ont ainsi bénéficié de délais de paiement et de reports de charges sociales.
« Fragilisées par un semestre de dégradations, de désertions des centres-villes et au total de pertes d’activité, les entreprises concernées commencent à peine à retrouver le chemin de la croissance », relève l’U2P, l’Union des entreprises de proximité.
« L’ENCÉPHALOGRAMME EST PLAT »
Leurs trésoreries demeurent très faibles et une rechute de l’activité en fin d’année serait fatale pour une partie d’entre elles. Par ricochet, un nouveau blocage de l’économie aurait des effets négatifs sur l’emploi », ajoute-t-elle dans un communiqué.
La fin de l’année, avec les fêtes de Noël, est une période essentielle pour les commerces.
Et les premières inquiétudes pointent dans le secteur du tourisme, affecté par les grèves dans les transports.
« Depuis dix jours, on n’a plus de réservations pour les 5,6 et 7 décembre. L’encéphalogramme est plat. Il y a 25% de plus d’annulations que l’an dernier à la même époque », souligne Laurent Duc, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih).
« Quand vous faites 8.000 kilomètres pour venir à Paris et que vous arrivez devant la tour Eiffel, qu’elle est fermée, et que Le Louvre ferme à 18 h 00, vous vous dites qu’il y a un petit souci », explique-t-il.
La tour Eiffel, monument emblématique de Paris, a rouvert vendredi après une journée de fermeture la veille en raison des grèves.
« Les étrangers qui viennent faire leurs courses à Paris pour le côté féerique, s’il y a des grèves, ils ne vont pas venir. C’est un manque à gagner qui ne peut pas se récupérer », estime Laurent Duc, qui s’attend à « 10% à 15% de baisse de chiffre d’affaires » dans le secteur en décembre.
Selon le Groupement national des indépendants hôtellerie et restauration (GNI) pour l’Ile-de-France, l’impact était déjà « important » jeudi et les jours à venir pour les hôtels, cafés et restaurants.
« A Paris, nous enregistrons une baisse des réservations comprise entre 30 et 40%, les Hauts-de-France enregistrent 40 à 50% de baisse, d’autres destinations sont très touchées comme Strasbourg, Colmar, Toulouse », précisait jeudi à Reuters Frank Trouet, délégué général du GNI-Ile-de-France.
« L’annonce de la poursuite du mouvement de grève est en cela une très mauvaise nouvelle. Les perspectives ne sont pas bonnes pour les prochains jours », dit-il.
par Dominique Vidalon
(Edité par Sophie Louet et Jean-Michel Bélot)
POURQUOI SOUTENIR LE JOURNAL CHRÉTIEN ?
Le Journal Chrétien est le premier pure-player chrétien francophone, c’est-à-dire un média d'information et d'opinion d'inspiration chrétienne qui diffuse ses contenus exclusivement sur Internet. Il offre au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.Face à l'hégémonie de grands groupes de médias détenus par des milliardaires ou à des multinationales très puissantes, la montée en puissance du Journal Chrétien depuis sa création en 2003 permet aux citoyens d’avoir accès à une information libre de tout conflit d’intérêt.
Le Journal Chrétien est un média :
- Indépendant. Nous ne recevons aucune aide de l’Etat, nous n’appartenons pas un grand groupe ni à une église. De ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons est exempt d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.- Gratuit. Le Journal Chrétien produit chaque jour des articles, enquêtes et reportages sur les enjeux religieux, économiques, politiques, environnementaux et sociaux qui intéressent un large public. Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde. Nous considérons que s’informer est un droit essentiel, nécessaire à la compréhension du monde et de ses enjeux. Ce droit ne doit pas être conditionné par les ressources financières de chacun.
- Sans publicité. Nous estimons que la publicité a tendance à distraire le lecteur et à favoriser la surconsommation. Le journal n’affiche donc strictement aucune publicité. Cela garantit l’absence de lien financier avec des entreprises, et renforce d’autant plus l’indépendance de la rédaction.
- Diffusé à la télévision sur le réseau de l'opérateur Free (canal 483) par sa chaîne Chrétiens TV, qui est née avec l'idée de proposer une programmation protestante de référence, en permettant aux chrétiens d'être édifiés dans leur foi par des enseignements émanant des églises enracinées dans la saine doctrine.


