L’Europe retombe dans le rouge sous la pression des rendements obligataires
par Claude Chendjou
PARIS, 7 octobre (Reuters) – Après trois séances d’affilée dans le vert, les Bourses européennes ont terminé en baisse mercredi et Wall Street était également dans le rouge à mi-parcours, dans un contexte de rebond des rendements obligataires et des cours pétroliers, qui ont poussé à la prudence avant la publication des « minutes » de la Fed.
À Paris, le CAC 40 a fini sur une perte de 1,22% à 7.769,21 points. Le Footsie britannique a reculé de 0,79% et le Dax allemand a reflué de 1,41%.
L’indice EuroStoxx 50 a perdu 1,55%, le FTSEurofirst 300 1,02% et le Stoxx 600 1,05%.
Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones recule de 0,88%, le Standard & Poor’s 500 de 0,33% et le Nasdaq de 0,37% au lendemain des records de ces deux derniers indices. Huit des 11 principaux secteurs du S&P 500 sont dans le rouge, notamment celui des matériaux (-1,51%) et celui de l’industrie (-2,26%).
Le reflux de l’appétit pour le risque s’inscrit dans le sillage de la hausse du baril de Brent repassé au-dessus du seuil psychologique des 100 dollars, ce qui provoque des tensions dans l’obligataire, en raison des perspectives d’une accélération de l’inflation et d’un durcissement de la politique monétaire des banques centrales.
Les « minutes », le compte rendu de la dernière réunion de la Réserve fédérale américaine, prévues à 18h00 GMT devraient apporter un éclairage sur l’ampleur des débats en la matière au sein de l’institution.
Sur le plan géopolitique, les Houthis du Yémen ont attaqué mercredi l’aéroport international d’Aden à l’aide de missiles balistiques et de drones chargés d’explosifs, a annoncé le ministère yéménite des Transports, alors que les combats entre le groupe aligné sur l’Iran et les forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite s’intensifient.
Signe que les investisseurs sont désormais sur la défensive, les indices de la volatilité à Wall Street et sur l’EuroStoxx 50 ont pris respectivement près de 4% et 8%. Parallèlement, le marché s’est détourné des secteurs économiquement sensibles, comme la banque et la finance.
« Le marché subit des pressions sur les taux, un écartement des spreads et un contexte général plus morose, notamment en raison de la reprise de la hausse des prix du pétrole », a commenté Carlo Franchini, responsable de la clientèle institutionnelle chez Banca Ifigest. « On craint qu’en cas de nouvelle perturbation des exportations, les stocks ne soient pas suffisants. La perspective d’une flambée inflationniste ne fait qu’aggraver la situation », a-t-il ajouté.
VALEURS EN EUROPE
Les actions des banques en Europe comme Société Générale (-5,0%), Deutsche Bank (-4,86%), UniCredit (-4,36%) et Intesa Sanpaolo (-3,77%) ont figuré parmi les plus fortes baisses sur le Stoxx 600.
Forvia, qui a annoncé la création d’une coentreprise avec Anand Group en Inde, a pris 2,19%.
Renault et Stellantis sont montés respectivement de 3,72% et 1,13% alors que l’agence Bloomberg a rapporté que l’Union européenne (UE) préparait un plafond d’importation pour les véhicules hybrides chinois.
Porsche a gagné 3,71% à la faveur de la présentation de ses perspectives à long terme.
Rémy Cointreau a pris 2,99%, le fabricant de spiritueux ayant souligné l’amélioration de la tendance de ses ventes et la poursuite de la bonne tenue du marché américain, lors d’une conférence téléphonique.
BE Semiconductor Industries a chuté de 9,45%. UBS ayant abaissé sa recommandation sur le fabricant néerlandais d’équipements pour semi-conducteurs en raison de la lenteur de la demande sur l »hybrid bonding », une technique d’encapsulation de puces.
TAUX
A la clôture des Bourses en Europe, le rendement des bons du Trésor américain à dix ans monte de 3,6 points de base, à 5,307%, après avoir touché en séance un pic depuis 2002, à 5,3645%.
Le rendement des Treasuries à 30 ans a, lui, grimpé à un nouveau sommet de 24 ans, à 5,7041%.
Outre la Fed, les investisseurs surveillent deux adjudications du Trésor américain qui devraient permettre de mesurer l’intensité de la demande pour la dette américaine.
Le rendement du Bund allemand à dix ans a fini stable, à 3,48%, tandis que son équivalent français a pris 12,1 points de base, à 4,86%.
L’écart de rendement entre le Bund et l’OAT à dix ans est remonté à près de 140 points de base après la brève accalmie de mardi.
Les rendements des pays de la zone euro fortement endettés ont augmenté plus rapidement que leurs équivalents allemands, considérés comme plus sûrs.
CHANGES
L’euro a chuté mercredi en séance de 0,65% à 1,1185 dollar, se rapprochant de son plus bas niveau en 17 mois atteint lundi. La dépréciation de la monnaie européenne intervient alors que les obligations françaises subissent une nouvelle pression liée aux inquiétudes budgétaires.
Le dollar s’affermit de 0,47% face à un panier de devises de référence, les investisseurs attendant les « minutes » de la Fed pour obtenir des indices sur la trajectoire des taux de la banque centrale.
La livre sterling recule de 0,49%, à 1,3209 dollar, mais face à l’euro, la devise britannique a atteint son plus haut niveau depuis juin 2025.
PÉTROLE
Les inquiétudes concernant l’approvisionnement après les attaques des Houthis du Yémen contre l’aéroport d’Aden pèsent sur le marché pétrolier dans une séance volatile.
Le Brent s’affermit de 0,59% à 101,18 dollars le baril, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) décline de 0,23% à 89,2 dollars.
LES INDICATEURS DU JOUR
La production industrielle allemande a augmenté plus que prévu en août, affichant une hausse de 2,0% par rapport au mois précédent, après un repli de 1,1% en juillet, a annoncé l’Office fédéral de la statistique.
Le déficit commercial de la France s’est établi à 6,122 milliards d’euros à fin août, contre 6,597 milliards d’euros le mois précédent, montrent les données publiées par le bureau des Douanes françaises.
A SUIVRE JEUDI:
(Rédigé par Claude Chendjou, avec la contribution de Stefano Rebaudo, Scott Murdoch et Gregor Stuart Hunter; édité par Benoit Van Overstraeten)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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