Wall Street vue en baisse, l’Europe recule, le pétrole continue de monter
par Claude Chendjou
PARIS, 15 septembre (Reuters) – Wall Street est attendue en baisse mardi à l’ouverture et les Bourses européennes sont également dans le rouge à la mi-séance, dans un contexte de reflux de l’appétit pour le risque alors que les rendements obligataires continuent de progresser sur fond de flambée des cours pétroliers. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en baisse de 0,29% pour le Dow Jones, de 0,21% pour le Standard & Poor’s 500 et de 0,17% pour le Nasdaq.
Ce repli attendu intervient au lendemain d’une séance déjà dans le rouge, marquée par une baisse de Nvidia et des autres fabricants de semi-conducteurs, après que des dirigeants du secteur américain de l’IA ont appelé à un ralentissement de son développement.
À Paris, le CAC 40 perd 0,22% à 8.100,29 points vers 11h10 GMT, après une baisse de 0,76% lundi. À Francfort, le Dax recule de 0,05% et à Londres, le FTSE fléchit de 0,17%.
L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 régresse de 0,12% et l’EuroStoxx 50 de la zone euro de 0,11%. Le Stoxx 600 reflue de 0,12%, essentiellement pénalisé par les secteurs bancaire (-0,32%) et financier (-1,42%). La plupart des autres grands secteurs sont également à la baisse, à l’exception de celui du transport et des loisirs (+0,17%).
L’envolée des cours du pétrole, alimentée par l’aggravation des tensions au Moyen-Orient, renforce les anticipations selon lesquelles les banques centrales du monde entier pourraient devoir accélérer le relèvement de leurs taux directeurs cette année.
Une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies est par ailleurs prévue dans l’après-midi pour faire le point sur la situation dans le détroit de Bab el-Mandeb et les opérations menées par les Houthis yéménites dans la région, selon des diplomates.
Les craintes sur l’inflation font remonter les indices de la volatilité sur l’EuroStoxx 50 et à Wall Street, témoins de la grande prudence des investisseurs.
« C’est le secteur de l’énergie qui pèse le plus lourdement sur l’inflation à l’heure actuelle », note Anthony Saglimbene, chef stratège marchés chez Ameriprise Financial.
La Réserve fédérale américaine (Fed) entame ce mardi une réunion de politique monétaire de deux jours, tandis qu’une décision de la Banque d’Angleterre (BoE) est attendue jeudi et celle de la Banque du Japon (BoJ) vendredi, après le choix, la semaine dernière, de la Banque centrale européenne (BCE) de renchérir de 25 points de base le coût du crédit en zone euro.
TAUX
Les rendements de la dette souveraine poursuivent mardi leur flambée à l’échelle mondiale alors que celui des bons du Trésor américain à dix ans a atteint lundi, pour la première fois depuis octobre 2023, le seuil psychologique des 5%. Il s’affiche mardi à 5,0204%, en hausse de près de six points de base, après avoir touché la veille en séance son plus haut niveau depuis 2007, à 5,0286%.
Les traders tablent désormais avec une probabilité de 92% sur un relèvement des taux de la Fed mercredi.
En zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans est stable, à 3,5364%, après avoir grimpé en matinée à 3,56%, son plus haut niveau depuis 17 ans.
Les traders anticipent un taux de dépôt de la BCE à 3,45% d’ici fin 2027, contre 2,50% actuellement.
En France, le rendement de l’OAT à dix ans s’établit à 4,496% sur fond d’impasse budgétaire et à mesure que se rapproche l’élection présidentielle d’avril. L’écart de rendement entre le Bund et l’OAT à dix ans reste proche des 100 points de base.
La hausse actuelle des rendements des obligations à long terme est due à une offre accrue de dette de la part des Etats et des entreprises, ainsi qu’à des anticipations d’inflation plus élevée, a souligné mardi Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France (BdF), lors d’une conférence de presse organisée à Paris. Il a toutefois ajouté que le Trésor français n’avait eu aucune difficulté à lever des fonds lors de ses dernières émissions de titres de dette.
Les tensions sont plus vives sur les obligations à long terme, qui reflètent les anticipations d’inflation, de croissance économique et d’endettement public: le rendement de l’OAT à 30 ans a atteint son plus haut niveau depuis 2002, frôlant les 5,2%, tandis que son équivalent allemand a culminé à un sommet en 15 ans, dépassant les 3,9%.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
Les géants des nouvelles technologies, qui avaient chuté lundi avec les tensions dans l’obligataire et les mises en garde sur l’intelligence artificielle, sont attendus en ordre dispersé. Alphabet et Microsoft devraient reculer chacun de plus de 1%, tandis que le fabricant de puces Nvidia est vu en légère progression.
La hausse des taux d’intérêt pèse généralement sur les valeurs à forte croissance, car une grande partie de leur attrait réside dans les anticipations de bénéfices futurs, dont la valeur diminue à mesure que les taux actualisés augmentent.
VALEURS EN EUROPE
Bank of America a déclaré lundi s’attendre à ce que ses commissions de banque d’investissement baissent d’au moins 10% au troisième trimestre, ce qui pèse sur le secteur bancaire, y compris en Europe, où Société générale, BNP Paribas et Crédit agricole cèdent de 0,30% à 0,60%.
UBS chute de 4,3% et s’apprête à enregistrer sa pire séance depuis février.
Deutsche Bank reflue de 1,96%, UniCredit de 1,35% et Standard Chartered de 1,04%.
Dans le reste de l’actualité des entreprises, l’assureur Axa, qui a présenté mardi ses objectifs à moyen-terme, est globalement stable.
Deutz fléchit de 2,85%, la société ayant proposé jusqu’à 10% de ses actions dans le cadre d’une augmentation de capital.
CHANGES
Le dollar progresse, de 0,21%, face à un panier de devises internationales, proche d’un pic de deux semaines environ, profitant de la montée des rendements obligataires.
L’euro recule de 0,70%, à 1,1539 dollar, oscillant près de son creux du 14 août.
Côté indicateurs, le moral des investisseurs en Allemagne s’est amélioré moins que prévu depuis le début du mois selon l’indice ZEW, tandis qu’en France, l’inflation aux normes européennes est ressortie à 2,6% sur un an en août, contre +2,7% en première estimation selon les données définitives publiées par l’Insee.
La livre sterling s’échange à 1,3478 dollar, en repli de 0,13%, alors que le consensus penche largement en faveur d’un maintien des taux de la BoE jeudi, selon les données compilées par LSEG.
La statistique du jour en Grande-Bretagne montre par ailleurs que les salaires, hors primes, ont progressé de 3,5% au cours des trois mois à fin juillet, comme prévu.
Le bitcoin cède 2,71%, à 76.949,19 dollars, avant un vote crucial au Sénat américain sur le « Clarity Act », qui vise à créer un cadre réglementaire pour les cryptoactifs.
PÉTROLE
Le marché pétrolier continue de monter, les inquiétudes concernant l’approvisionnement en brut s’étant intensifiées après que les forces houthies au Yémen, soutenues par l’Iran, ont lancé de nouvelles attaques contre l’Arabie saoudite, tandis que les Etats arabes du Golfe ont reporté les discussions prévues avec l’Iran.
Le Brent progresse de 1,24% à 106,97 dollars le baril, après avoir pris lundi 1%, et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) avance de 1,91% à 103,33 dollars, après un gain de 1,3% la veille.
PRINCIPAL INDICATEUR ÉCONOMIQUES RESTANT À L’AGENDA DU 15 SEPTEMBRE:
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 12h30 Indice Empire State septembre 15,00 20,60
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Benoit Van Overstraeten)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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