Les services serbes déconseillent au président Vucic de se rendre au sommet UE-Balkans au Monténégro
BELGRADE, 4 juin (Reuters) – Les services de sécurité serbes ont conseillé au président Aleksandar Vucic de ne pas se rendre au Monténégro vendredi pour le sommet entre l’Union européenne et les pays des Balkans en raison de menaces contre sa sécurité sur fond de tensions latentes entre les deux pays.
Le président français Emmanuel Macron, qui effectue au préalable une visite au Monténégro à partir de ce jeudi, le chancelier allemand, Friedrich Merz, ou encore la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, doivent se retrouver vendredi à Tivat, ville côtière du Monténégro, pour y rencontrer les dirigeants des six pays des Balkans et évoquer ensemble les progrès vers leur adhésion à l’UE.
L’Agence de sécurité et d’information (BIA) de la Serbie a déclaré mercredi soir dans un communiqué qu’un déplacement au Monténégro comportait un risque élevé en termes de sécurité pour le président Aleksandar Vucic en raison des « activités hostiles de services secrets étrangers et de la présence sur place d’un clan de crime organisé ».
La présidente de l’Assemblée nationale serbe, Ana Brnabic, a toutefois déclaré que le chef de l’Etat se rendrait bien au Monténégro malgré cette mise en garde et qu’il y aurait des entretiens importants.
Avant cet avertissement des services de sécurité serbes, des médias au Monténégro ont rapporté que les autorités locales avaient refoulé un avion ayant atterri à Tivat en provenance de Serbie avec 87 hommes à bord, au motif que ces derniers constituaient une menace en termes de sécurité avant le sommet UE-Balkans.
Le site Vijesti a rapporté que la police monténégrine avait saisi deux autocars destinés à transporter ce groupe d’hommes.
Le Monténégro a acquis son indépendance en 2006 après la dissolution de son union avec la Serbie. Il est devenu membre de l’Otan.
Parmi les facteurs de tensions entre les deux pays, le Monténégro a noué des relations avec le Kosovo, dont la Serbie ne reconnaît pas l’indépendance, tandis que Belgrade continue d’exercer une influence sur les affaires intérieures de son voisin via l’Eglise orthodoxe et des formations politiques liées au Parti progressiste serbe (SNS) d’Aleksandar Vucic.
Contrairement à la Serbie, le Monténégro a aussi adopté des sanctions contre la Russie, alignant ainsi sa politique étrangère sur celle de l’UE.
La Serbie a renforcé mercredi soir les contrôles à sa frontière avec le Monténégro, créant de longues files d’attente aux postes de douane, a rapporté la chaîne de télévision serbe N1 TV.
(Ivana Sekularac, version française Bertrand Boucey, édité par Benoit Van Overstraeten)
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