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Commerzbank fait front face à l’offre publique d’achat d’UniCredit

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par Tom Sims et Philipp Krach

WIESBADEN, ALLEMAGNE, 20 mai (Reuters) – Les employés et les dirigeants de Commerzbank, ainsi que certains investisseurs, ont critiqué mercredi la tentative de rachat lancée par UniCredit, dès l’ouverture de l’assemblée générale de la banque allemande, dressant ainsi un mur de résistance face à cette opération transalpine. 

Ce déferlement de soutien en faveur d’une Commerzbank ​indépendante intervient au ‌moment critique d’une bataille qui dure depuis des mois, ​après que le lancement le ⁠mois dernier par son rival italien UniCredit d’une offre qui a été officiellement ‌rejetée cette semaine par ‌la deuxième banque allemande. 

Andreas Thomae, de Deka Investment, a qualifié l’offre d’UniCredit de « peu attrayante » et a averti que ses projets pourraient paralyser la Commerzbank pendant des années, « au risque de lui faire perdre son orientation client ».

« L’offre d’échange ​volontaire n’est actuellement pas une option », a-t-il déclaré lors de l’assemblée générale annuelle de la Commerzbank.

Il s’agit de la deuxième assemblée générale de Commerzbank depuis qu’UniCredit, sous la direction de son directeur général Andrea Orcel, a commencé à acheter des actions de la Commerzbank, accumulant une participation de près de 30% depuis 2024.

Commerzbank a officiellement rejeté lundi l’offre d’UniCredit, la jugeant ⁠risquée et trop faible, une position qui a été soulignée par la présidente du directoire Bettina Orlopp dans ⁠son discours aux actionnaires.

« Les pertes de revenus sont largement sous-estimées, le potentiel d’économies est considéré avec trop d’optimisme et les frais de restructuration seraient nettement plus élevés », a-t-elle déclaré.

Des dizaines d’employés, soufflant dans des sifflets et dont beaucoup étaient vêtus du jaune de l’entreprise, se sont rassemblés avant l’assemblée générale avec des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « UniCredit, ⁠va-t’en ! » et « #NOMerger #NOrcel ».

Andrea ‌Orcel a fait valoir que la Commerzbank n’exploitait pas pleinement son potentiel et que l’Europe ⁠tirerait profit de banques plus grandes dans un contexte géopolitique incertain.

« Nous sommes profondément ​inquiets à l’idée ​que, si ses plans aboutissent, ils ne seront pas stratégiquement judicieux, entraîneront des suppressions d’emplois et menaceront également les ​petites et moyennes entreprises allemandes », a déclaré à Reuters Frederik Werning, responsable syndical et membre du conseil de surveillance de Commerzbank.

Commerzbank estime qu’un rachat pourrait entraîner ‌la suppression de 11.000 ​emplois à temps plein, soit près d’un tiers des effectifs.

« Notre recommandation est claire : n’acceptez pas l’offre d’UniCredit », a déclaré, sous ​les applaudissements, le président Jens Weidmann lors de l’assemblée générale annuelle.

Avant la réunion, Bettina Orlopp a déclaré que les exigences de la Commerzbank devaient être prises en compte dans toute future discussion concernant un rapprochement avec UniCredit. Celles-ci comprennent notamment une prime pour les actionnaires et la reconnaissance des atouts de son modèle économique.

UniCredit n’a pas pris part à la réunion, préférant rester en retrait ⁠alors que la bataille s’intensifie.

« Une chose est claire pour nous : UniCredit n’abandonnera pas. Elle dispose des ressources et du temps nécessaires », a déclaré Hendrik Schmidt, de la société DWS, investisseur de ​la Commerzbank.

(Reportage Tom Sims; avec la contribution de Timm Reichert; Version ​française Rihab Latrache, édité par Augustin Turpin)

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