La BoJ réunit à Tokyo des banquiers centraux du monde entier sur fond de craintes concernant les droits de douane
par Leika Kihara
TOKYO (Reuters) – La conférence annuelle organisée par la Banque du Japon (BoJ) et son groupe de réflexion IMES, sorte de version japonaise du symposium de Jackson Hole de la Réserve fédérale (Fed)américaine, réunira cette semaine à Tokyo des banquiers centraux du monde entier pour discuter de deux réalités inconfortables : une croissance économique en perte de vitesse et une inflation stagnante.
Des éminents universitaires et banquiers centraux des États-Unis, d’Europe et d’Asie participeront à l’événement, qui s’ouvrira mardi, bien que la plupart des discours soient académiques et fermés aux médias.
La conférence de cette année a pour thème « Les nouveaux défis de la politique monétaire » et se concentre sur la manière dont les banques centrales doivent gérer l’inflation persistante, les risques à la baisse sur l’économie, la volatilité des marchés et l’impact des droits de douane américains.
Ces vents contraires, qui résultent en grande partie des politiques du président américain Donald Trump, créent des incertitudes pour de nombreuses banques centrales, qu’elles augmentent ou réduisent les taux d’intérêt.
La BoJ, par exemple, reste sur la bonne voie pour continuer à augmenter ses taux d’intérêt et à réduire progressivement ses achats d’obligations, ce qui contraste fortement avec ses homologues qui réduisent les coûts d’emprunt, mais les récents développements mondiaux ont soulevé des questions sur le rythme de ces mesures.
« Bien que la BOJ puisse être forcée de rester immobile pendant un certain temps, elle n’a pas besoin d’abandonner complètement les hausses de taux », a déclaré Nobuyasu Atago, ancien responsable de la banque centrale japonaise. « Elle doit simplement communiquer de manière à ce que, lorsque l’environnement semble favorable, elle puisse reprendre les hausses de taux », a-t-il ajouté.
DILEMMES
Si les inquiétudes portent cette année sur le ralentissement économique induit par la guerre commerciale américaine, les thèmes des sessions de la conférence indiquent que les responsables de politique monétaire restent sensibles au risque d’une inflation persistante, sujet très présent à l’ordre du jour de la réunion de 2024.
L’une des sessions portera notamment sur un document publié par le Fonds monétaire international (FMI) en décembre qui explique comment des chocs d’offre importants, tels que ceux provoqués par la pandémie de COVID-19, peuvent conduire à une inflation persistante, et met en garde contre les dangers auxquels sont confrontées les banques centrales en supposant qu’elles peuvent ignorer les pressions exercées par les coûts sur les prix.
Cela pourrait être un message convaincant pour les principales banques centrales, confrontées à un dilemme similaire, désormais exacerbé par la politique commerciale erratique du locataire de la Maison blanche.
Alors que les opérateurs pensaient que la Fed allait bientôt reprendre ses réductions de taux, les responsables de la banque centrale américaine ont mis en garde la semaine dernière contre les risques de voir les droits de douane relancer l’inflation.
La Banque centrale européenne (BCE) devrait à nouveau réduire ses taux en juin, mais les arguments en faveur d’une pause au-delà de cette date se multiplient alors que les défis sur les prix se profilent à l’horizon, d’après les conversations de Reuters avec des responsables de politique monétaire.
Isabel Schnabel, membre du directoire de Francfort et perçue comme partisane d’une politique restrictive, a lancé plus tôt ce mois-ci un appel explicite en faveur d’une pause.
La BOJ est quant à elle aussi confrontée au défi de trouver un équilibre entre les pressions inflationnistes et les risques sur la croissance liés aux surtaxes américaines.
Les surtaxes prévues par Donald Trump ont déjà contraint la banque centrale japonaise à réduire fortement ses prévisions de croissance et a annoncer une pause dans son cycle de hausse des taux.
L’indice des prix à la consommation a atteint 3,5% en avril au Japon, son plus haut niveau depuis plus de deux ans, les prix des denrées alimentaires ayant bondi de 7%, ce qui témoigne de l’impact de la hausse du coût de la vie sur les ménages.
(Leika Kihara ; version française Diana Mandia ; édité par Augustin Turpin)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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