Yaël Braun-Pivet réélue à la présidence de l’Assemblée nationale
par Elizabeth Pineau
PARIS (Reuters) – La présidente sortante de l’Assemblée nationale, la macroniste Yaël Braun-Pivet, a été réélue jeudi au « perchoir », à l’issue d’un vote serré immédiatement dénoncé par le Nouveau Front populaire (NFP) comme le Rassemblement national (RN).
Yaël Braun-Pivet, 53 ans, a obtenu 220 voix, après 210 voix au deuxième tour, un nombre suffisant pour lui assurer une majorité relative et lui permettre de remporter la victoire lors d’un troisième et dernier tour.
« Nous avons aujourd’hui une immense responsabilité », a-t-elle déclaré immédiatement après son élection depuis le « perchoir ».
« Nous n’avons pas le choix, nous devons nous entendre, nous devons coopérer, nous devons être capable de rechercher des compromis », a-t-elle ajouté avant de saluer les autres candidats à la présidence de l’Assemblée.
Le candidat du Nouveau Front populaire (NFP) André Chassaigne, élu du Puy-de-Dôme depuis 2002, a recueilli 207 voix, cinq de plus qu’au deuxième tour. Sébastien Chenu, candidat du Rassemblement National (RN), est quant à lui arrivé troisième avec 141 voix, deux de moins qu’au tour précédent.
La réélection de Yaël Braun-Pivet a immédiatement été dénoncée dans les rangs du NFP comme ceux du RN.
André Chassaigne s’est insurgé contre un vote « volé par une alliance contre nature » alors que Yaël Braun-Pivet a probablement reçu le soutien des élus de La Droite Républicaine (LDR) dont le candidat Philippe Juvin s’est désisté à l’issue du premier tour.
« Que certains, après avoir participé à cette combinaison qui a permis de ne rien changer alors que le peuple attendait que ça change, que certains se déclarent aujourd’hui dans l’opposition de l’Assemblée nationale, non seulement c’est malsain mais je dirais que c’est nauséabond », a déclaré André Chassaigne à la presse, évoquant les élus LDR.
« On a aujourd’hui finalement une drôle de vision des choses, où ceux qui ont perdu dans les urnes sont ceux qui gagnent la présidence de l’Assemblée nationale », a réagi pour sa part Sébastien Chenu au micro de LCI, dénonçant de la même façon des « alliances contre nature ».
« Les magouilles d’aujourd’hui ont non seulement volé le résultat des urnes du 7 juillet, mais ont primé sur le résultat de ces urnes qui donnaient le Nouveau Front populaire comme première force politique », a de son côté estimé Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a pour sa part dénoncé un « summum du déni démocratique » après un « accord secret » entre LDR et Yaël Braun-Pivet et un « contournement de la constitution en faisant voter 17 ministres ».
Yaël Braun-Pivet a probablement aussi bénéficié des voix du centriste Charles de Courson, qui avait récolté 12 suffrages au deuxième tour avant de se désister et celles de la députée Horizons Naïma Moutchou, qui s’est retirée après le premier tour.
Le camp présidentiel ne possède pas de majorité absolue à l’Assemblée nationale, où il ne compte que 163 députés sur 577. Le NFP est le premier groupe d’opposition, avec 180 députés sur 577, devant le RN (143 députés).
UN RÔLE D’ARBITRE DÉTERMINANT
La présidente de l’Assemblée nationale, quatrième personnage de l’Etat aura, au-delà de ses prérogatives habituelles, un rôle d’arbitre déterminant dans la recomposition politique en cours.
A l’issue du second tour des élections législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet, Emmanuel Macron avait fait savoir qu’il attendrait la « structuration » de la chambre basse pour « prendre les décisions nécessaires ».
Sur X, le chef de l’Etat a adressé ses félicitations à Yaël Braun-Pivet. « Tous ceux qui vous connaissent savent que vous veillerez au respect de la pluralité des opinions et à l’expression de la diversité des sensibilités », écrit-il.
Cette élection est le premier acte de la composition du bureau de l’Assemblée nationale qui devra dès vendredi s’atteler à la désignation de six vice-présidents, trois questeurs (gestion de l’Assemblée et exécution de son budget) et 12 secrétaires.
De nouvelles manoeuvres sont attendues au Palais Bourbon alors que le NFP a appelé à écarter le RN des postes à responsabilité.
« Demain il y aura une élection. Vous connaissez la position de mon groupe: pas de vote ni pour le Rassemblement national ni pour La France insoumise », a déclaré Yaël Braun-Pivet aux journalistes alors qu’elle quittait l’hémicycle.
« Après si le Rassemblement national est présent au bureau vous savez que moi j’ai toujours eu la même position. Il est sain que chaque groupe politique quel qu’il soit puisse être représenté au bureau qui est l’instance la plus importante de l’Assemblée nationale. »
(Rédigé par Nicolas Delame, Jean-Stéphane Brosse et Camille Raynaud, avec la contribution d’Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet et Blandine Hénault)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.


