France: Fin des discussions entre Macron et les chefs de partis, l’opposition déçue
PARIS (Reuters) – Le président Emmanuel Macron a longuement rencontré mercredi les chefs des partis représentés au Parlement pour une conversation « apaisée et franche », a-t-on appris tôt jeudi auprès de l’entourage du chef de l’Etat, tandis que l’opposition a dénoncé un coup de communication.
Emmanuel Macron s’est rendu sans collaborateur, accompagné de la seule Première ministre Elisabeth Borne, à cette rencontre à huis clos organisée à la Maison d’éducation de la Légion d’honneur de Saint-Denis.
« (Le président) a tendu la main loyalement aux oppositions et tout mis en oeuvre pour dépasser les clivages et trouver un consensus. On peut dire qu’à l’issue de ces douze heures d’échanges, cette main tendue a été fructueuse », a déclaré l’entourage du locataire de l’Elysée.
L’opposition a été moins convaincue, à l’image de Manuel Bompard, coordinateur de la France insoumise, qui a qualifié cette réunion de « grotesque » et de « coup de communication ».
Sur la question internationale, premier point à l’ordre du jour, de nombreux thèmes ont été abordés, notamment le nouveau partenariat avec l’Afrique, la relation avec l’Allemagne ou l’Ukraine.
« Il faut toutefois retenir un point de convergence majeur de tous les partis sur notre politique de soutien à l’Ukraine. C’est inédit », a indiqué l’entourage du président.
Les participants à la réunion sont convenus d’engager un travail sur le champ du référendum, une question qui a fait l’objet « de nombreux débats et a occupé une très grande partie des douze heures de réunion ».
Ils ont également accepté de se revoir dans les mêmes conditions pour une prochaine session de travail, a précisé l’entourage d’Emmanuel Macron, sans toutefois donner de calendrier pour cette rencontre.
Le chef de l’Etat a également validé le principe d’une conférence sociale sur les carrières et sur les branches situées sous les salaires minimums, a dit l’entourage du président.
« GROTESQUE COUP DE COMMUNICATION »
Jeudi matin, sur Franceinfo, Olivier Véran, porte-parole du gouvernement, a rappelé la satisfaction de la majorité.
« Quelque chose s’est passé qui pourrait marquer l’histoire politique de notre pays », a-t-il affirmé.
Parmi l’opposition, le leader de LFI, Manuel Bompard, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, et la secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Marine Tondelier, ont tenu à nuancer les conclusions de cette réunion.
« On est venus, on a vu et on a été déçus », a déclaré à la presse Marine Tondelier, estimant qu’il n’y avait « rien de nouveau sous le soleil ni sur le plan social, ni sur le plan environnemental ».
« J’ai eu le sentiment de vivre un peu pendant douze heures sur la planète Mars, j’ai eu en face de moi un président de la République que j’ai trouvé hors-sol, complètement déconnecté des priorités concrètes auxquelles sont confrontés les Français », a dit Manuel Bompard jeudi matin au micro de Franceinfo.
« Ça n’aboutit à ce stade sur rien. En ce qui concerne les formations politiques de la Nupes, l’ensemble des propositions que nous avons mis sur la table pour l’augmentation du SMIC, le blocage des prix, l’indexation des salaires sur l’inflation (…) sur ces propositions, le président de la République les a simplement balayées de la main », a poursuivi Manuel Bompard, qualifiant l’exercice de « coup de communication » et de « grotesque ».
Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, était moins critique au micro de RTL.
« Je ne peux pas dire que ça a servi à rien, déjà parce qu’on s’est parlé et se parler c’est déjà une bonne chose. Pendant six mois, j’ai eu le sentiment qu’on ne se parlait plus et c’était même violent la vie politique. Là, il y a du dialogue, le dialogue j’ai toujours été favorable », a déclaré Fabien Roussel.
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a de son côté fait savoir dans un communiqué qu’il avait défendu les mesures proposées par son parti « sans se faire d’illusion sur l’issue de cette nouvelle initiative présidentielle ».
Même son de cloche chez les Républicains.
« Je ne récuse pas la méthode, je pense qu’elle est utile, opportune. Pour l’heure, je ne suis pas convaincu sur les résultats », a déclaré jeudi Eric Ciotti, président LR, sur France 2.
(Reportage Elizabeth Pineau, rédigé par Camille Raynaud et Zhifan Liu, édité par Kate Entringer)
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