Baisse en vue en Europe pour la dernière séance du trimestre (actualisé)
par Laetitia Volga
PARIS (Reuters) – Les principales Bourses européennes sont attendues en baisse jeudi, les investisseurs redoutant que les mesures prises par les banques centrales pour juguler l’inflation entraînent l’économie mondiale en récession.
D’après les contrats à terme, le CAC 40 parisien pourrait céder 1,43% à l’ouverture, le Dax à Francfort perdrait 1,27%, le FTSE à Londres reculerait de 1,27% et l’EuroStoxx 50 de 1,43%.
Le Stoxx 600, l’indice européen de référence, affiche pour le moment une baisse de 9,3% sur la période avril-juin, ce qui marquerait sa pire performance trimestrielle depuis le premier trimestre 2020.
Sur le mois, il perd pour l’instant 6,75% et ce repli devrait s’accentuer à l’ouverture alors qu’une nouvelle séance difficile se profile pour les actions face à la nervosité des acteurs du marché sur les perspectives d’évolution de l’économie, et par ricochet sur les bénéfices des entreprises, sous l’action des banques centrales.
Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a reconnu qu’il y avait un risque que la banque centrale en fasse trop en termes de politique monétaire mais que le plus grand danger pour l’économie serait de ne pas parvenir à stabiliser les prix.
« Un ralentissement ou une légère récession fait presque consensus à ce stade », a déclaré Matt Stucky, gérant de portefeuille chez Northwestern Mutual Wealth Management Company. « La question est de savoir jusqu’où la Fed doit aller pour maîtriser l’inflation ».
Les investisseurs seront attentifs à la publication à 12h30 GMT de l’indice PCE d’inflation et des dépenses de consommation des ménages pour le mois de juin aux Etats-Unis.
Avant cela, ils auront pris connaissance dans la matinée de la première estimation de l’inflation en France en juin.
A WALL STREET
La Bourse de New York a fini en ordre dispersé mais sur de faibles écarts mercredi, à l’issue d’une séance en dents de scie, alors que les investisseurs ont privilégié la prudence à l’approche d’une fin de mois et de trimestre compliquée, le S&P-500 se dirigeant vers son pire premier semestre depuis plus de cinquante ans.
L’indice Dow Jones a gagné 0,27% à 31.029,31 points, le S&P-500 a perdu 0,07% à 3.818,83 points et le Nasdaq Composite a reculé de 0,03% à 11.177,89 points.
Des représentants de la Fed ont rappelé ces derniers jours la détermination de la banque centrale américaine à enrayer la flambée de l’inflation, laissant entrevoir une nouvelle hausse des taux d’intérêt de 75 points de base en juillet. Ils estiment que ce resserrement ne plongera pas l’économie en récession.
Dans l’actualité économique, le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis s’est contracté un peu plus qu’annoncé précédemment au cours des trois premiers mois de l’année (-1,6%), les dépenses de consommation ayant été révisées à la baisse, de 3,1% à 1,8%.
Les contrats à terme signalent une baisse à l’ouverture de 0,66% à 1,17% pour le moment.
EN ASIE
Le Nikkei à la Bourse de Tokyo a reculé de 1,54%, la production industrielle japonaise ayant enregistré en mai sa plus forte baisse mensuelle en deux ans en raison des restrictions sanitaires en Chine et des pénuries de composants.
Les données officielles montrent une baisse de la production industrielle de 7,2% alors que les économistes attendaient en moyenne un recul de seulement 0,3%.
« Ce plongeon suggère que la reprise du Japon n’est pas encore à la hauteur (…) le fait que les stocks soient restés globalement stables malgré la chute de la production suggère que la faiblesse de la demande joue un rôle », a déclaré Marcel Thieliant, économiste en chef chez Capital Economics.
Le constructeur automobile Toyota a perdu 1,32% après avoir annoncé mercredi qu’il n’avait pas atteint en mai son objectif de production mondiale, déjà revu à la baisse, et ce pour le troisième mois consécutif.
La tendance est tout autre en Chine où les marchés profitent du retour en zone de croissance des indices PMI dans les secteurs manufacturier et des services pour la première fois depuis février, après la levée des mesures de confinements à Shanghaï.
Le SSE Composite de Shanghai avance de 1,56% et le CSI 300 de 2,02%.
CHANGES/TAUX
Le dollar cède 0,2% face à un panier de devises internationales après avoir gagné 0,57% grâce à son statut de valeur refuge.
L’euro, à 1,0462 dollar, remonte légèrement.
Sur le marché des emprunts d’Etat, le rendement des Treasuries à dix ans s’affiche à 3,0817%, en baisse d’un point de base. Son équivalent allemand est également peu changé dans les premiers échanges, à 1,493%.
PÉTROLE
Les prix du pétrole évoluent dans le désordre, entre les préoccupations concernant l’offre mondiale et l’annonce par l’Agence américaine d’information sur l’énergie d’une augmentation des stocks d’essence et de produits distillés aux Etats-Unis la semaine dernière.
Le Brent perd 0,15% à 116,09 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 0,11% à 109,9 dollars.
(Rédigé par Laetitia Volga, édité par Myriam Rivet)
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