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La Nouvelle-Calédonie dit « non » à l’indépendance mais l’écart se resserre

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par Mathieu Rosemain et Tangi Salaün

PARIS (Reuters) – Les électeurs de la Nouvelle-Calédonie ont une nouvelle dit « non » à l’indépendance dimanche, deux ans après l’échec d’un précédent référendum d’autodétermination dans le territoire français du Pacifique Sud, mais avec une marge réduite de moitié, montrent les résultats provisoires publiés dimanche.

Le vote loyaliste a recueilli 53,26% des voix, contre 46,74% pour le vote indépendantiste, selon les chiffres publiés par le ministère des Outre-Mer après le dépouillement de l’ensemble des bureaux de vote.

Lors du référendum en 2018, le « non » l’avait emporté avec 56,7% des voix.

L’écart cette année n’est que de 9.965 voix, près de deux fois moins qu’il y a deux ans, précise-t-on au ministère des Outre-Mer.

Le taux de participation s’est élevé à 85,64%, en hausse de cinq points par rapport à 2018. Aucun incident majeur n’a été signalé pendant les opérations de vote.

Saluant un « deuxième rendez-vous démocratique réussi », le président Emmanuel Macron a invité les Néo-Calédoniens à se tourner ensemble vers l’avenir.

« Les électeurs (…) ont majoritairement confirmé leur souhait de maintenir la Nouvelle-Calédonie dans la France. En tant que Chef de l’Etat, j’accueille cette marque de confiance dans la République avec un profond sentiment de reconnaissance », a déclaré Emmanuel Macron lors d’une brève allocution depuis l’Elysée.

« J’accueille également ces résultats avec humilité : j’entends la voix de celles et ceux qu’anime la volonté de l’indépendance et je veux leur dire : c’est avec vous, ce n’est qu’ensemble que nous construirons la Nouvelle-Calédonie de demain. »

Un peu plus de 180.000 électeurs inscrits étaient invités à répondre à la question suivante: « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? ».

PROBABLE TROISIÈME RÉFÉRENDUM

La réponse a une nouvelle fois fait ressortir l’image d’un territoire très divisé, entre le Nord et les îles de l’archipel à majorité kanak favorables à près de 80% à l’indépendance, et le Sud, dont la capitale Nouméa, qui reste fidèle à la France dans des proportions presque similaires.

Etape majeure du processus de décolonisation de cet archipel de 240.000 habitants situé à 1.200 km à l’est de l’Australie et à 17.000 km de Paris, la tenue de ce référendum s’inscrit dans le cadre de l’accord de Nouméa conclu en 1998.

Après l’échec des deux premiers scrutins, l’accord permet la tenue d’un troisième référendum d’ici à 2022, à condition qu’un tiers des 54 membres du Congrès local se prononce en ce sens.

« Un troisième référendum est possible (…) L’État, fidèle à sa parole, se tient prêt à l’organiser », a déclaré Emmanuel Macron.

« Il faudra que les forces politiques calédoniennes s’engagent, que les partisans du ‘oui’ acceptent d’envisager l’hypothèse et les conséquences du ‘non’ ; et que les partisans du ‘non’ acceptent d’envisager l’hypothèse et les conséquences d’un ‘oui' », a-t-il ajouté en rappelant que quoi qu’il arrive, la sortie de l’accord de Nouméa interviendrait d’ici 2022.

Les discussions sur l’avenir de l’île ont commencé en 1988 après une décennie de conflits et de violences séparatistes qui ont culminé avec la prise d’otages d’Ouvéa, au cours duquel 19 Kanaks et deux soldats furent tués les 4-5 mai 1988, puis, un an plus tard, avec l’assassinat du leader indépendantiste Jean-Marie Tjibaou et de son bras droit au FLNKS Yéwéné Yéwéné lors de la commémoration du drame d’Ouvéa.

Une première étape a été franchie en 1988 avec les Accords Matignon-Oudinot. Signés par les partis indépendantistes, les partis loyalistes et l’État français, ils ont créé trois provinces et marqué une reconnaissance officielle du peuple kanak.

Dix ans plus tard, l’accord de Nouméa a fait de l’archipel une collectivité d’outre-mer à statut particulier et encadré les consultations à venir.

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