Transitions de genre: l’invité surprise du débat sur les «thérapies de conversion» en Suisse
Alors que l’objectif de ce projet de loi est d’interdire tout ce qui s’apparenterait à des «thérapies de conversion», une autre question délicate s’est imposée dans le débat: «les traitements médicaux et les chirurgies d’affirmation du genre». En effet, il fallait s’assurer que les professionnels de la santé prodiguant de tels soins ne puissent tomber sous le coup de cette nouvelle loi.
Après les cantons de Neuchâtel et du Valais, Vaud s’apprête à inscrire dans sa loi ce qui est communément appelé «thérapies de conversion». Mais qu’entend-on précisément par ce terme?
Ce mardi 3 septembre, le Grand Conseil vaudois sera appelé à se prononcer en deuxième lecture sur le projet de modification de la Loi sur la santé publique, dans le but d’y inscrire «l’interdiction des pratiques visant à modifier l’orientation affective et sexuelle ou l’identité de genre d’autrui». Le canton de Vaud rejoindrait ainsi les cantons de Neuchâtel et du Valais, qui ont adopté une loi similaire.
Certes, «le droit pénal permet d’ores et déjà de sanctionner certaines pratiques à l’instar de l’abus de faiblesse, des faits de violences ou encore des atteintes à l’intégrité physique, psychique ou sexuelle», rappelait la conseillère d’Etat en charge de la Santé Rebecca Ruiz, lors de la première lecture mardi dernier. «A travers ce projet, le Conseil d’Etat souhaite faire passer un message fort aux auteurs et aux victimes de ces soi-disant thérapies.»
Le député socialiste Julien Eggenberger, auteur de la motion à laquelle donne précisément suite ce projet de loi, affirmait pour sa part «avoir été alerté, il y a quelques semaines encore, d’un nouvel épisode de pratiques problématiques, cette fois dans une structure sise en ville de Lausanne». En préambule aux débats, le rapporteur de la majorité le PLR Gérard Mojon estimait toutefois «utile de rappeler que les thérapies de conversion ont été portées, parfois à l’excès, par certains milieux évangéliques étrangers. Or les mouvements évangéliques de Suisse romande, beaucoup plus modérés, s’en distancient clairement.»
Mais que revêt exactement ce terme pour le moins vague, que nombre de députés jugent d’ailleurs inadéquat, voire problématique? Le député Verts Blaise Vionnet a d’ailleurs interpellé, mardi dernier, la conseillère d’Etat, afin de s’assurer que le travail d’écoute, de prière et de soutien des pasteurs, curés et autres intervenants spirituels ne seraient pas entravés par cette loi, à l’instar «des prestataires d’aide et de soutien de nature psychosociale ou psychothérapeutique», comme le précise le texte. Il demandait un engagement oral de la représentante de l’Exécutif, en échange du retrait de son amendement. La confirmation faite en plénum par Rebecca Ruiz nécessite cependant quelques précisions. Interview.
Suite à la demande de M. Blaise Vionnet, vous avez confirmé que «toute aide spirituelle ou accompagnement religieux sera toujours possible si on n’entre pas dans le périmètre d’une thérapie de conversion». Quels sont les critères permettant de définir ce qui peut être considéré comme une «thérapie de conversion»?
Le critère essentiel pour reconnaître une pratique assimilable à une «thérapie de conversion» est le but visé, à savoir modifier ou réprimer l’orientation affective et sexuelle ou l’identité de genre d’autrui. Le texte qui accompagne le projet de loi détaille le type d’activités qui sont concernées, à savoir les consultations et les services de conseils individuels, les activités de groupe dans le cadre de programmes organisés, proposés à titre professionnel ou non, onéreux ou gratuits et de façon régulière ou non. Sont également visées toutes formes de contraintes physiques et/ou psychologiques visant une personne ou un groupe de personnes en particulier, ainsi que la promotion de telles pratiques.
Un accompagnement spirituel ou une prière peut-il être considéré comme relevant d’une «thérapie de conversion»?
Un accompagnement spirituel, accompagné ou non de prières, ne doit pas exercer une pression sur la personne dans le but de modifier ou réprimer son orientation sexuelle et affective ou son identité de genre. Plusieurs témoignages de personnes ayant subi des «thérapies de conversion» en Suisse ont mentionné le recours à la prière comme un moyen mobilisé dans ce but.
Si l’accompagnement spirituel, accompagné de prières ou non, ne poursuit pas un but de conversion de la personne concernée, l’accompagnement sera bien évidemment toujours possible.
Qu’en est-il si la personne en questionnements sur ces sujets, ou homosensible, est demandeuse d’un accompagnement spirituel ou de prières sur ce sujet?
Toute personne qui le souhaite, quelle que soit son orientation affective et sexuelle ou son identité de genre, doit pouvoir bénéficier d’un accompagnement spirituel respectueux de sa personne. Il est de la responsabilité de celles et ceux qui font ces accompagnements de respecter les principes d’intégrité et d’autonomie. En d’autres termes, ils ne doivent pas abuser de la confiance qui leur est accordée, ni exploiter une situation de détresse à des fins contraires à l’intérêt de la personne concernée tel qu’il est compris dans notre législation.
Transitions de genre: l’invité surprise du débat
Alors que l’objectif de ce projet de loi est d’interdire tout ce qui s’apparenterait à des «thérapies de conversion», une autre question délicate s’est imposée dans le débat: «les traitements médicaux et les chirurgies d’affirmation du genre». En effet, il fallait s’assurer que les professionnels de la santé prodiguant de tels soins ne puissent tomber sous le coup de cette nouvelle loi.
Un état de fait qui n’a d’ailleurs pas réjoui le motionnaire Julien Eggenberger: «Je trouverais regrettable que le débat sur cette loi devienne le lieu où l’on ouvre ce grand débat sur cette question des transitions. J’aimerais bien qu’on ne mélange pas les deux sujets.» Un vœu resté pieux, puisque différentes opinions sur le sujet ont été exprimées en séance, entre crainte concernant les bloqueurs de puberté ou autres actes médicaux sur mineurs et volonté de s’en remettre au jugement «libre et éclairé» de la personne concernée. Au risque que ces désaccords interfèrent avec l’actuel projet de loi.
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
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Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

