Le constructeur chinois BYD veut doubler ses ventes à l’étranger d’ici 2025, selon son président
SHANGHAI (Reuters) – Le géant chinois des véhicules électriques BYD veut doubler ses ventes hors de Chine pour atteindre plus de 800.000 voitures en 2025 et cherchera à surmonter les droits de douane en assemblant les voitures localement, a déclaré mardi son président lors d’une conférence téléphonique avec des analystes.
BYD, qui a vendu plus de 400.000 unités à l’étranger en 2024, s’attend à une « augmentation substantielle » de sa part de marché en Grande-Bretagne, un pays décrit comme « très ouvert » aux produits chinois compétitifs. Ces propos sont issus d’une transcription, que Reuters a pu consulter, des déclarations du président Wang Chuanfu lors de cet appel.
Alors que les gouvernements étrangers envisagent d’imposer des droits de douane sur les voitures fabriquées en Chine, BYD prévoit de conserver son avantage en termes de coûts en achetant des composants clés en Chine et en assemblant les véhicules sur les marchés locaux, a ajouté Wang Chuanfu lors de la conférence, dédiée à la présentation des résultats du groupe. Le président n’a pas précisé à quels pays il faisait référence.
BYD n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire mercredi.
Les constructeurs automobiles chinois, au premier rang desquels BYD, mènent une offensive sur les marchés étrangers.
Cherchant à contrebalancer la guerre des prix qui fait rage en Chine, le premier marché automobile au monde, BYD a ouvert des « showrooms » dans plusieurs pays, de l’Australie à l’Allemagne.
Lors de l’appel de mardi, le président du groupe a déclaré aux analystes que la majorité de ses bénéfices proviendraient des marchés étrangers « à un certain stade ». Il n’a pas précisé le calendrier prévu pour y parvenir.
L’entreprise continuera à construire des usines à l’étranger sans partenaires car elle dispose d’un financement abondant, a ajouté Wang Chuanfu.
Fin février, le directeur des ventes réseau de BYD en France, Romain Brandela, avait annoncé le lancement d’un nouveau SUV compact électrique à un prix de départ de 28.990 euros dans l’Hexagone. D’abord importée de Chine, la voiture sera toutefois assemblée en Hongrie à partir de fin 2025, avait affirmé Romain Brandela.
Wang Chuanfu a par ailleurs déclaré que BYD n’avait pas l’intention de vendre au Canada et aux États-Unis à court terme du fait des développements géopolitiques. L’administration Trump a maintenu des droits de douane de 100% sur les véhicules électriques fabriqués en Chine, tout comme le Canada.
Wang Chuanfu a déclaré aux analystes qu’il était convaincu que la rentabilité par véhicule de BYD dépasserait celle du premier constructeur automobile mondial en termes de vente, le champion japonais Toyota, lorsqu’il atteindrait son échelle.
Toyota a vendu 10,8 millions de véhicules en 2024, contre 4,27 millions pour BYD.
(Reportage par Zhang Yan, Qiaoyi Li, Brenda Goh; version française Florence Loève, édité par Blandine Hénault)
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