La guerre des talents dans l’IA s’intensifie en Europe
par Martin Coulter
LONDRES (Reuters) – Le développement du secteur de l’intelligence artificielle (IA)encourage la guerre des talents en Europe et force les entreprises à dépenser plus pour conserver et attirer les compétences techniques.
Le succès fulgurant de ChatGPT a stimulé les injections de capitaux dans les startups d’IA, et certaines, comme la société canadienne Cohere ou les entreprises américaines Anthropic et OpenAI, en ont profité pour ouvrir des bureaux en Europe l’année dernière – ajoutant à la pression sur les entreprises du continent déjà confrontées à des problèmes de rétention des talents.
Fondée en 2010 et rachetée par Google en 2014, la société DeepMind, basée à Londres, s’est fait un nom en appliquant l’IA à tous les domaines, des jeux de société à la biologie structurelle.
Pourtant, la compétition s’est notablement accrue, tandis que de plus en plus d’employés de DeepMind ont quitté l’entreprise pour lancer leur propre projet.
Le cofondateur Mustafa Suleyman est ainsi parti créer la société Inflection AI aux côtés de l’un des fondateurs de LinkedIn, Reid Hoffman, tandis que le chercheur Arthur Mensch a quitté la filiale de Google pour devenir PDG de Mistral AI. Inflection AI comme Mistral AI sont déjà valorisées plusieurs milliards de dollars.
Dans un effort qui semble destiné à retenir ses employés, DeepMind a distribué en début d’année des actions d’une valeur de plusieurs millions de dollars à quelques chercheurs de haut niveau, selon une source proche du dossier.
« Il est certain qu’il s’agit d’un secteur concurrentiel », a déclaré un porte-parole de DeepMind à Reuters, ajoutant que l’entreprise « continue à attirer et à cultiver les talents ».
COMBLER L’ÉCART
Le cabinet de recrutement Avery Fairbank évoque une « augmentation exponentielle » des salaires des cadres dirigeants des entreprises d’IA en Grande-Bretagne en 2023.
« L’arrivée sur le marché londonien de géants étrangers comme Anthropic et Cohere va encore intensifier la concurrence pour les talents dans l’IA », constate Charlie Fairbank, directeur général du cabinet.
Les cadres qui touchent un salaire de base d’environ 350.000 livres (environ 410.000 euros) ont vu leur enveloppe salariale augmenter de 50.000 à 100.000 livres, a-t-il ajouté.
Cohere, qui conçoit des agents conversationnels et d’autres outils pour ses clients, a embauché Phil Blunsom, chercheur principal chez DeepMind pendant sept ans, comme chef scientifique en 2022.
Sebastian Ruder, également employé chez DeepMind, a rejoint Cohere en janvier.
« Une telle entreprise, qui développe une activité massive en partant de rien et qui rassemble certains des plus brillants esprits du secteur, est rare », a-t-il déclaré à Reuters. « Lorsque ce genre de chance se présente, il faut la saisir ».
Interrogé sur son salaire, Sebastian Ruder a refusé de commenter.
DeepMind n’est plus le « lointain leader dans le secteur », estime Ekaterina Almasque, responsable de la gestion des actifs de société de capital-risque OpenOcean.
« Toutes ces entreprises sont en concurrence pour le même réservoir de talents – avec la pénurie de compétences en IA, il s’agit plutôt d’un étang que d’un océan ».
Mustafa Suleyman a récemment commencé à recruter du personnel technique basé à Londres pour Inflection AI, tandis que Mistral est rapidement devenue l’une des startups les plus en vue en Europe, levant 415 millions de dollars (379 millions d’euros) en capital-risque en décembre.
Mistral a refusé de commenter et Inflection n’a pas répondu à une demande de commentaire.
INFLUENCE
OpenAI a ouvert son premier bureau international à Londres l’année dernière, suivi rapidement d’un deuxième à Dublin, et il ne s’agit, selon Diane Yoon, vice-présidente des ressources humaines de la société, « que des premiers pas ».
Cohere a ouvert un bureau au Royaume-Uni l’année dernière et son PDG Aidan Gomez a déclaré à Reuters qu’il partageait désormais son temps entre sa ville natale, Toronto, et Londres, où l’entreprise prévoit de doubler ses effectifs pour atteindre 50 personnes.
« Nous allons là où se trouvent les talents, et il y en a beaucoup à Londres et dans toute l’Europe », a déclaré Aidan Gomez.
La guerre des talents signifie que les travailleurs sont de mieux en mieux placés pour poser des exigences à leurs employeurs potentiels.
La société londonienne ElevenLabs, spécialisée dans l’application de l’IA à l’audio, offre à ses nouveaux employés des options d’achat d’actions, des salaires généreux et un travail entièrement à distance, bien que la plupart des postes ouverts stipulent que les employés doivent être basés en Europe.
Ayant récemment levé 80 millions de dollars de financement, l’entreprise a déclaré à Reuters qu’elle doublerait bientôt son effectif total pour atteindre 100 personnes.
La startup parisienne Bioptimus, également fondée par d’anciens employés de DeepMind, a levé 35 millions de dollars en février.
Thomas Clozel, un investisseur de la première heure dans la société, a déclaré que les startups cherchaient à recruter des talents issus des « Big Tech », comme Google, en leur offrant plus d’influence sur la direction de l’entreprise.
« Google est l’une des meilleures entreprises dans son domaine et produit certains des meilleurs talents », a-t-il déclaré. « Au sein d’une startup, vous avez une occasion unique de poursuivre le travail qui vous passionne et de participer à la réussite de l’entreprise ».
(Reportage Martin Coulter, version française Corentin Chappron, édité par Kate Entringer)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
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