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Après des débuts réussis, Stellantis au double défi de Tesla et de la Chine

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par Giulio Piovaccari

MILAN (Reuters) – Si la comparaison avec Tesla est devenue l’obsession du secteur automobile, Stellantis peut se targuer d’une année 2021 réussie puisque son cours de Bourse affiche une hausse supérieure à celle du titre du constructeur américain.

Mais le plus dur reste à faire pour le groupe issu de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler: le plan stratégique que son directeur général, Carlos Tavares, dévoilera le 1er mars devra entre autres redresser le cap en Chine et s’attaquer à ses problèmes de surcapacités en Europe s’il veut satisfaire les analystes financiers.

Car si la valeur boursière de Stellantis a bondi de plus de 60% depuis sa première cotation le 18 janvier 2021 (contre +27% « seulement » pour Tesla), elle n’atteint que 59 milliards d’euros, soit 6% de la capitalisation du groupe d’Elon Musk.

Sa première année réussie n’en reste pas moins de bon augure et les analystes de Jefferies ont récemment salué la vision et l’ambition de Carlos Tavares en évoquant « un flux nourri d’initiatives stratégiques ».

Depuis la création du numéro quatre mondial du secteur par la production, Carlos Tavares a lancé une stratégie d’électrification de la gamme pour 30 milliards d’euros et conclu des alliances très remarquées avec Amazon et Foxconn, l’assembleur de l’iPhone d’Apple, dans le but d’accélérer le développement de logiciels et de semi-conducteurs pour les futurs modèles connectés du groupe.

Il a aussi présenté des projets de construction de cinq usines de batteries et conclu des accords avec les syndicats pour poursuivre la restructuration des activités européennes, écartant ainsi le risque de conflits sociaux de grande ampleur, tout en portant la marge d’exploitation à près de 10%.

Les effectifs du groupe (hors Faurecia) sont restés pratiquement stables depuis un an à environ 300.000 personnes, conformément à la promesse du directeur général de ne pas supprimer d’emplois ni fermer de sites juste après la fusion. Et ce malgré les pénuries de semi-conducteurs et les tensions sur les chaînes d’approvisionnement qui ont fait chuter la production dans l’ensemble du secteur.

Pour Marco Santino, associé et consultant du cabinet Oliver Wyman, Carlos Tavares est fidèle à sa réputation de pragmatisme en évitant une approche « musclée » vis-à-vis des syndicats et les grandes lignes de sa stratégie sont désormais en place.

« Le chemin est déjà tracé, il doit être consolidé », résume-t-il. « Je ne m’attends pas à ce que son plan stratégique soit un feu d’artifice. »

DÉFIS

Mais d’autres observateurs du dossier espèrent des décisions plus audacieuses.

Les analystes de Jefferies, par exemple, estiment que les 14 marques de Stellantis, qui incluent Jeep, Ram, Peugeot, Citroën, Opel et Maserati – évoluent pour l’instant sur « une ligne de crête entre différentiation et concurrence interne ».

Carlos Tavares a assuré que toutes les questions étaient à l’étude, y compris celle des marques, dont certains analystes jugent que le nombre pourrait être réduit pour réduire les coûts.

« Pour l’instant, nous les aimons toutes et on ne peut pas tuer ce qu’on aime », a dit l’an dernier le directeur général. « Quand on les aime, on leur donne une chance. »

Il a ainsi promis que chaque marque du portefeuille aurait dix ans pour faire ses preuves en matière de rentabilité.

L’autre défi de l’an II de Stellantis sera la relance de sa stratégie en Chine, premier marché automobile du monde, où Fiat Chrysler comme PSA ne détenaient avant la fusion que des parts de marché négligeables.

« Nous sommes en train de négocier et de modifier beaucoup de choses en profondeur », a assuré Carlos Tavares à propos de ses projets pour le marché chinois, sans plus de précision.

Pour Jefferies, le groupe doit miser en Chine sur les marques Jeep et Maserati mais il pourrait aussi utiliser la République populaire comme base régionale pour exporter vers le reste de l’Asie, tout en approfondissant ses liens avec Foxconn au-delà de leur coentreprise.

« Heureusement pour Tavares, il a du temps devant lui », estime Marco Santino. « Pour l’instant, le redressement en Europe est la priorité des investisseurs. Et sur ce dossier-là, il a des résultats. »

(Avec Danilo Masoni à Milan, Brenda Goh à Shanghai et Gilles Guillaume à Paris; version française Marc Angrand, édité par Sophie Louet)

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