Dassault Aviation-Le Scaf menacé de « mort », vise environ €8,5 mds de CA en 2026
par ELENA SMIRNOVA
4 mars (Reuters) – Dassault Aviation a prévenu mercredi à l’occasion de la publication de ses résultats annuels que le projet d’avion de combat du Scaf (Système de combat aérien du futur) était menacé par des désaccords avec Airbus, le fabricant du Rafale ayant par ailleurs annoncé prévoir une hausse de son chiffre d’affaires en 2026.
Le constructeur aéronautique a fait état dans un communiqué d’un chiffre d’affaires ajusté de 7,42 milliards d’euros en 2025, au-dessus de son objectif fixé à 7 milliards, et prévoit qu’il atteigne environ 8,5 milliards d’euros cette année.
A la Bourse de Paris, l’action grimpait de 3,8% à 343 euros vers 12h40 GMT, alors que les marchés entamaient un rebond après deux séances dans le rouge, sur fond de conflit au Moyen-Orient, les tensions géopolitiques bénéficiant par ailleurs aux valeurs de la défense et donc à Dassault Aviation.
Les analystes de Jefferies soulignent dans une note que le groupe a enregistré un deuxième semestre meilleur que prévu, les ventes dépassant de 9% les attentes du courtier, qui souligne par ailleurs des perspectives « encourageantes ».
SCAF: L’IMPASSE
Le président‑directeur général de Dassault Aviation Éric Trappier a cependant signalé mercredi, dans le communiqué et lors d’une conférence de presse, la persistance d’incertitudes autour du Scaf en raison de désaccords avec Airbus.
« Depuis le début de ce programme, la France a été désignée comme nation leader et (…) le pilier 1, avion de combat, devait être sous maîtrise d’œuvre Dassault Aviation », a-t-il rappelé aux journalistes.
« C’était l’objet des accords dès 2018. On a tenu nos engagements. »
Estimant qu’Airbus « ne veut pas travailler avec Dassault », Éric Trappier a averti que le Scaf serait « mort » si cette position ne changeait pas. Selon lui, Airbus veut ramener Dassault Aviation « dans un exercice de co-co-co » et « ne respecte pas l’équation du début ».
VISE 28 RAFALE LIVRÉS EN 2026
Pour son exercice 2026, Dassault Aviation prévoit de livrer 28 Rafale et 40 Falcon, selon le communiqué. L’année dernière, il a livré 26 Rafale, au-dessus de son objectif de 25, mais seulement 37 Falcon, en-deçà des 40 prévus.
Selon Éric Trappier, les Falcon ont été pénalisés par des difficultés dans la chaîne d’approvisionnement, aggravées par les opérations de complétion réalisées « à l’autre bout du monde ». À l’inverse, le Rafale est intégralement fabriqué en France, ce qui rend sa production plus simple à stabiliser.
Le carnet de commandes à fin-décembre s’établit à 46,6 milliards d’euros, avec 220 Rafale et 73 Falcon.
Dassault Aviation proposera un dividende de 4,78 euros par action au titre de l’exercice écoulé.
ACCÉLÉRER LE « MAKE IN INDIA »
Éric Trappier a souligné que l’accord avec l’Inde, incluant la mise en vigueur du contrat portant sur 26 Rafale Marine et l’ouverture de négociations exclusives pour 114 appareils supplémentaires, rend nécessaire d’ »accélérer » le « Make in India ».
Il a précisé que Dassault Aviation, ses partenaires Thales et Safran devront apporter un soutien local pour fabriquer en Inde certains éléments.
Le Conseil indien des acquisitions de défense avait approuvé en février l’achat de 114 Rafale, ouvrant la voie aux négociations commerciales et techniques entre Paris et New Delhi.
(Rédigé par Elena Smirnova, édité par Augustin Turpin)
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